INTRODUCTION
Cent ans se sont écoulés depuis le jour où Louis XVI signait l'ordonnance qui rendait « à ceux de la religion prétendue réformée» le droit de naître sans être considérés comme bâtards, la faculté de se marier sans voir leur union assimilée à un vulgaire concubinage, et l'Église protestante de France ne possède pas encore une organisation conforme à ses vœux et à sa tradition.
Depuis la révocation de l'Édit de Nantes, les protestants, dépouillés de toute existence légale, furent dans la cruelle alternative de profaner les sacrements par des conversions simulées, ou de compromettre l'état civil de leurs enfants en contractant des mariages frappés de nullité par la législation du royaume.
La foi des huguenots ne fut point ébranlée par les plus cruelles persécutions ; ni les dragonnades, ni les condamnalions aux galères, ni les exécutions capitales ne purent refroidir le zèle de ces persécutés et, écoutant enfin la voix de la raison, entrant dans une ère de tolérance, le gouvernement mit un terme à ces injustices.
Les esprits indépendants et éclairés prennent en main la cause des protestants: Ripertde Monclar (l), Elie de Beaumont (2), Loyseau de Mauléon (3) plaident en leur faveur;
(1) Mémoire théologique et politique au sujet des mariages clandestins des Protestants de France. — l75o, in-8°. Ce mémoire, sans nom d'auteur, est de Ripert de Monclar, procureur général au Parlement de Provence; la partie tlièologique est attribuée à l'abbé Quesnel, précepteur du duc de Penthièvre.
(2) Consultez: Choix de plaidoyers et de mémoires publiés avec une notice, par Dupin jeune — Paris 1824, in-8°.
(3) Mémoire, pour Dorât Pierre et Louis Calas, 17G3, in-8°.