X. — Des congés
D'ordinaire, l’époque, en même temps que la durée de ces congés, dont nous venons incidemment de parler, se trouvent fixées par le contrat d'engagement.
Souvent aussi le directeur se réserve la faculté de décider selon les nécessités de son entreprise, en s’obligeant toutefois à avertir l'artiste un certain temps à l’avance.
Quelquefois, enfin, ce délai qui serait de rigueur n’est pas déterminé. Peut-on admettre, dans ce cas, que le directeur puisse ex abruptlo, quelques heures, où même quelques jours seulement à l'avance, prévenir son pensionnaire que son congé commence? Cela nous semble difficile. Nous avons vu que l'artiste, sauf stipulation contraire, est libre d'utiliser son talent où bon lui semble pendant le temps de ses congés, et c'est là presque toujours la raison pour
1 Voy. Lacan et PAULMIER, opus cit, t. T, p. 423.
laquelle il s’en est réservé la jouissance, en vue de bénéfices peut-être considérables. Le directeur pourra-t-il donc, en interprétant dans un but vexatoire et dans une pensée maligne l'absence de toute clause à cet égard, faire perdre à l'artiste les profits qu'il était en droit d'espérer, en le privant de la possibilité d'entreprendre les démarches et les pourparlers nécessaires? Nous estimons qu'il y a là plus qu'une question de convenance, il y a une question de bonne foi.