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timé, des mêmes droits que s’il était né dans le mariage.
Avantageuse pour l’enfant et pour ses parents, la légitimation ne l'est pas moins au point de vue général et supérieur de la société. La loi doit être telle qu’elle satisfasse avant tout les besoins de la collectivité. Elle ne doit pas avoir seulement en vue les intérêts des personnes ; elle doit aussi, et surtout, assurer l’ordre social. Or, on ne peut méconnaître l'influence moralisatrice de la légitimation. Elle incite les faux ménages à se transformer en familles légitimes en leur offrant, comme présent de noces, la légitimité de leurs enfants. L’utilité sociale de la légitimation est donc incontestable.
Aussi toutes les législations modernes ont-elles, dans une mesure plus ou moins large, admis et réglementé cette institution.
Toutefois la législation anglaise ne l’accepte que dans des limites si étroites qu’elles équivalent presque à un refus. En Angleterre, le mariage subséquent des père et mère ne légitime pas leurs enfants. La légitimation n’est possible, dans le Royaume-Uni, qu’en vertu d’un «act » du Parlement. Ce système repose sur la conception inverse de celle que j'ai exposée. On craint, en donnant aux concubins l'espoir d’une réhabilitation par la légitimation possible, d'encourager les unions illégitimes.
Cette idée apparaît comme fausse et elle aboutit à un régime inefficace, car la passion, suivant l'expression de Laurent, ne calcule pas. On n'empêche pas de commettre une faute en la rendant irréparable. Il est plus habile et