STADE
cette idée est le véritable fondement de la défaveur qui s'attache partout, dans l’époque moderne, à la naissance hors mariage. Eu réalité, c’est le Christianisme qui a créé la bâtardise. Antérieurement, il y avait des enfants nés hors mariage, il n’y avait pas de bâtards.
Il faut remarquer que le législateur n'a commencé à s’oceuper des enfants naturels que pour les frapper de déchéance, proclamer leur indignité et supprimer ou restreindre leurs droits successoraux. On ne doit donc trouver, dans les sociétés antiques, où ce caractère d’infériorité de l’enfant naturel n'existe pas, aucun texte déterminant leur condition légale.
En outre, la naissance hors mariage ou dans le mariage perd son intérêt lorsque la famille est uniquement fondée sur des liens artificiels. Qu’on suppose une société où la volonté de l’homme confère seule la parenté, il est très évident que le fait de la naissance ne saurait être pris en considération, puisqu'il ne produit pas de relation légale entre deux personnes, et que la volonté seule de l'homme a ce pouvoir. Mais, en réalité, il n’y a pas d'exemple d’une société pareille. Toutes ont accordé une place plus ou moins large, “ans la constitution de la famille, au fait de la génération. Ainsi à Rome, où l'autorité du paterfamilias est toute puissante pour incorporer dans la famiile ou en exclure qui lui plaît, les Justae nuptiae créent, indépendamment de sa volonté, une parenté légitime. De plus, à côté de l’agnation qu’engendrent, seules, les justes noces et cette volonté, la loi reconnaît la cognation, c’est-à-dire