LA LÈPRE CHEZ LES PHÉNICIENS
l’histoire est intimement liée à leurs voyages, à leurs pérégrinations, à la fondation de leurs nombreuses colonies. Les Phéniciens étaient décimés parla lèpre qu’ils ont dû prendre à l’Inde. Les médecins de l’antiquité ont reconnu le fait, aussi désignaient-ils la lèpre sous le nom de maladie phénicienne. Hippocrate l’appelle <E>o:vt>ay^ vouœoç ; cette dénomination continua à être employée par les auteurs postérieurs. Elle fut admise par Galien et par Aétius, bien qu’on confondit sous ce vocable de nombreuses affections cutanées qui n’avaient rien de commun avec la lèpre. D’ailleurs cette confusion a eu lieu de tout temps et continue encore.
Les Phéniciens, contemporains d’Abraham et de Nemrod, arrière-petits-fils de Noë qui créa l’empire des Assyriens et de Sémiramis reine de Babylone, quatre siècles avant l’ère héroïque où Minos donna les lois à la Crète, six siècles avant la guerre de Troie, huit siècles avant David et Salomon, dix siècles avant la fondation de Rome, 2000 avant le Christ, les Phéniciens s’étaient révélés par leur génie initiateur. Ils battaient monnaie, teignaient la pourpre et en faisaient des tissus, construisaient des horloges de bois, -fabriquaient des émaux sur métal, le verre, la terre cuite avec couleurs, inventaient l’alphabet ; et Cadmus le Phénicien était élevé par les Grecs au rang des Dieux. Ce furent les premiers navigateurs.
Sous le roi égyptien Néchao, ils firent le tour de l’Afrique, découvrirent les rivages Nord-Ouest de l’Europe et opéraient des échanges à Gibraltar, la Scandinavie, l’île d’Albion et les voisines, où ils trouvaient de l’étain et une sorte de murex pour la teinture noire. Mille ans avant eux, il n’était question que de l’Egypte et la Chaldée (André Lefèvre, Sarzec, Heuzey). Le bronze fut fabriqué en premier lieu par les Phéniciens. Les bronzes étaient de plusieurs compositions ; il y en avait de constitué avec du cuivre, de l’étain et une petite quantité de plomb ou de zinc ; parfois aussi on y ajoutait un peu d’argent. Avant cette fabrication des bronzes, due aux Phéniciens, les instruments tranchants étaient en silex sous forme de couteaux imitant le tranchant dont se servent aujourd’hui les bottiers pour couper le cuir1. Or l’humanité doit
1. Les médecins Aztèques de l’époque pré-colombienne pratiquaient les incisions chirurgicales même avec des couteaux d’obsidienne (itztli). Bertillon, La pathologie précolombienne, d’après les ex-voto Aztèques; Bulletin de la Société de Médecine de Paris, 9 juin igi i .
Zambaco. Anthologie.
être reconnaissante envers cette nation et lui pardonner de l’avoir léprosée. Notons en passant que cette invention du bronze si utile des Phéniciens qui, faisant abandonner le silex, facilita l’industrie, a de beaucoup précédé la découverte du fer qui, à son tour, détrôna plus tard le bronze. Les Égyptiens ont connu le fer 4 ooo et les Grecs i 45o ans avant le Christ. Au temps d’Homère les armes étaient en bronze. Les Phéniciens allaient chercher partout l’étain pour fabriquer ce dernier et en cachaient la provenance.
Poursuivons les explorations des Phéniciens, grands colporteurs de marchandises variées, dans les pays les plus éloignés, et en même temps de la lèpre. Le roi Hiram prêta ses flottes et ses marins à Salomon pour aller à Ophir chercher l’or qui décora le temple de Jérusalem. Hercule le Phénicien, dit Amédée Thierry dans son histoire des Gaules, né à Tyr, où il eut sa statue de Dieu voyageur, intrépide fondateur des villes tyriennes, est le génie tyrien personnifié, déifié.
Plus tard la race indo-européenne poursuivit la race sémitique. Les Grecs et les Ioniens furent contre les Phéniciens auxquels pourtant ils étaient redevables de la civilisation et aussi de la lèpre, YEléphantiasis. Tyr, ville des richesses, fut anéantie. Les Phéniciens furent poursuivis, comme les Israélites. Nabuchodonosor détruit Tyr, Plus tard, attaqués par l’armée et la flotte d’Alexandre le Macédonien, roi aryen, les Phéniciens envoyèrent à Carthage leurs femmes et leurs enfants. Ils résistèrent pendant sept mois (Plutarque). Enfin Tyr prise d’assaut fut détruite, ses habitants égorgés et 2000 ont été crucifiés le long du rivage. Alexandre a été plus cruel que jamais contre les descendants de Sem. La lèpre régnait dans son armée. Était ce une vengeance que ce don phénicien ?
Les Phéniciens furent les promoteurs de l’émigration qui fonda la nationalité des Cantabres et des Basques, selon Garat ( Origine des Basques de France et d'Espagne, Paris, Hachette, 1869). Les Cantabres, sur le rivage de Y Atlantique, formaient une étape, une escale pour les navigateurs phéniciens. Nous en parlerons plus loin.
Ce petit peuple, le Phénicien, cerné par l’Empire Babylonien, la Palestine, l’Asie-Mineure et l’Arabie, se donna donc aux voyages. Les Phéniciens créèrent aussi des rapports avec les