LA LÈPRE CHEZ LES PHÉNICIENS
peuples de la Grande-Bretagne. Ils abordèrent même trois fois l’Amérique (Histoire universelle, Amsterdam et Leipsick, 1752 )t.
Ainsi, les Phéniciens sillonnèrent la Méditerranée dans tous les sens et les mers du Nord, en semant partout la lèpre. Voyageant sans femmes, ils en prenaient partout où ils fondaient des colonies et transmettaient ainsi largement partout leur mal national, par leurs descendances. Ils touchaient même à l’Atlantide, continent plus grand que l’Asie-Mineure et la Lybie réunies, qui, selon Platon, était située dans l’Atlantique, en face des colonnes d’Hercule ( Dict . aniv. d’Hist. et de Géogr. Bouillet ). Les Atlantes ont du avoir la lèpre.
Vu leur petit nombre, les Phéniciens prenaient des auxiliaires des montagnes de l’Arménie, la mer Caspienne, le fleuve Oxus, les monts Imaüs, le cours de l’Indus et le bassin du Tigré (Abyssinie). Disons en passant que tous ces pays étaient ravagés par la lèpre et le sont encore. Ezéchiel a dit des Phéniciens : « Tous les matelots étaient engagés dans votre commerce; les habitants d’Arad ont été vos rameurs; les Perses, les Lydiens, les Libyens étaient soldats dans vos armées; les Arabiens étaient autour de vos murailles. »
Les Phéniciens allaient à leurs conquêtes colonisatrices vêtus somptueusement avec de brillantes armures. Isaï disait qu’ils étaient des princes et les personnes les plus éclatantes de la terre; mais qu’ils se sont prostitués à tous les peuples pour l’argent. Ils fondèrent nombre de colonies sur le littoral de l’Afrique, de la Grèce, de l’Italie, de la Gaule méridionale, à l’Est et au Sud de l’Espagne, etc.
L’inscription phénicienne trouvée à Marseille en i845, que nous avons vue au Musée Borelli, prouve la fondation par eux de cette ville avant les Phocéens (Abbé Bargès, Un Temple de Baal). Nous en parlerons longuement plus loin. Carthage
1. Hjalmar Rued Holand, de l’Université de Wisconsin (États-Unis), montra au Congrès de Rouen, lors du Millénaire Normand, en juin ign, une pierre de granit sur laquelle existent des caractères gravés qui témoignent que les Scandinaves, partis jadis à la découverte de terres nouvelles sur leurs fragiles drakars, ont touché en Amérique : « Huit Goths, 22 Norvégiens partis de Yisseland, nous avons campé à deux sknies (une journée de marche) au Nord de cette pierre. Nous avons pêché un jour et sommes rentrés au camp. Nous avons trouvé dix hommes rouges de sang et morts. A. V. M. (Ave Yirgo Maria), préservez-nous du mal. Nous avons 10 hommes à la mer gardant notre navire, à 4i jours de cette île, an i362. » Christophe Colomh ne devait naître que 75 ans plus tard et découvrir de nouveau l’Amérique en 1492. Or l’Amérique fut découverte trois fois : par les Phéniciens, les Scandinaves et par Christophe Colomb. Notons que les Scandinaves ont toujours eu la lèpre.
a été une colonie célèbre qui avait la même langue, les mêmes dieux, les mêmes fêtes, les mêmes blasons que les Phéniciens (Gébelin). Carthage, en phénicien Kartha-Hadalh, signifie ville neuve.
Étienne de Byzance parle de leurs colonies à Cadix, à Gibraltar, Tripoli, Sabart et Hébéda, Gadès, Calpé, Sabatra- Heptis. Sur la côte orientale de la Gaule, ils fondèrent la colonie d’Illibéris; sur le détroit d’Ffercule, celle de Carteïa, Thebès en Béotie. Selon Tacite, les Elisii, qui de son temps existaient sur le rivage occidental de la Gaule, en tiraient leur origine. C’est plus tard qu’ils doublèrent Gibraltar. Ils ne sortirent de la Méditerranée pour naviguer dans l’Océan qu’en i2Ôo avant le Christ. Guidés dans leurs voyages par la grande et la petite Ours, ils s’avancèrent sur les côtes de France, de l’Irlande, de la Suède, pour opérer leurs échanges. Les établissements qu’on a attribués aux premiers Basques étaient phéniciens. D’ailleurs, les ancêtres des Basques étaient lesSémiti- Phéniciens, selon le savant suédois Nilson qui établit le fait à propos du monument de Kivik , près de la ville de Cimbrishamm.
Des colonies phéniciennes florissaient en nombre sur les côtes de la Sardaigne, de la Gaule, de lTbérie. Aux Phéniciens succédèrent les Carthaginois, et à ceux-ci les Rhodiens qui continuèrent les échanges avec l’Inde et la Chine. Est-il donc étonnant qu’ils aient infecté l’univers entier de leur mal national ?
Les Phéniciens dirigeaient toutes les marchandises vers Babylone, par le golfe Persique, et dë Babylone par l’Euphrate au port de Thapsacus où ils les chargeaient sur les chameaux ou des voitures, et, sous forme de caravanes dont Alexandre suivit la voie pour battre Darius près d’Arbelles. Les marchandises arrivaient ainsi à Tyr, d’où on les réexpédiait par mer sur les entrepôts de la Méditerranée et de l’Atlantique. Ils transportaient partout des marchandises de toutes ces provenances qu’ils échangeaient, ainsi que des objets de culte, des statuettes d’Astarté, des images de leurs divinités et des reliques égyptiennes. Ils propageaient ainsi leur propre religion dont on trouva partout des spécimens en France, en Espagne, en Grèce (Cadix, Rhodes, Nîmes, etc.). Mayer- Lambert découvrit à Avignon le tombeau de Zaybequat, prêtresse, fille d’Abdechemoun. Plus tard, le commerce passa
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des Phéniciens aux Carthaginois, de ceux-ci aux Rhodiens et aux Phocéens de Massilia (et la lèpre continua les mêmes itinéraires).
Ainsi, il est prouvé que les trois peuples qui ont contribué à propager dans l’univers la lèpre, dont ils étaient ravagés, furent les Hébreux, les Phéniciens et les Grecs, grâce à leurs translations, leurs émigrations, leurs voyages, leurs colonisations. Plus tard, la même accusation fut portée contre les Sarrazins. En effet, pendant quelque temps, à la suite de leur invasion dans le Midi de la France, on désigna la lèpre sous le nom de mal arabe. Ainsi, la lèpre, maladie d’origine indienne, fut transmise d’abord par terre, puis par mer partout, et les Phéniciens furent les grands colporteurs de leur maladie nationale, le morbus phénicicus , qui n’est pas autre chose que la lèpre.
Nous avons vu que les Hébreux, chassés d’Egypte, en tant que lépreux et confinés à la ville d’Avaris, située dans le Delta, partirent pour le désert, infectés de la lèpre qu’ils ont transmise, à leur tour, aux divers peuples habitant alors l’Asie, et plus tard aux peuples de la Palestine, avec lesquels ils se trouvaient en relations ou en guerre, mais toujours en immixtion continuelle. Car qu’il fussent vainqueurs ou vaincus, il y avait saisie d’esclaves de part et d’autre, enlèvement des enfants et des femmes, prise de possession de celles-ci, lors même qu’ils traitaient le pays à la façon de l’interdit ; ce qui leur était habituel; les uns et les autres étaient agrégés à la tribu victorieuse qui s’accroissait ainsi. Plus tard, le transport en masse de toute une population vaincue en dehors de ses foyers, au milieu du peuple conquérant, tantôt par les Juifs, tantôt par les Babyloniens ou les Assyriens, amenait forcément un amalgame de ces divers peuples, un mélange de sang, une fusion des races qui, certes, se communiquaient et se passaient leurs vices héréditaires, leurs tares réciproques dont la lèpre qui se renforçait ainsi de plus en plus.
Le premier foyer de la lèpre — autant qu’on puisse remonter dans l’histoire — ayant été l’Inde, il est plus que probable que la maladie a dû être transmise tout d’abord par terre dans toutes les contrées asiatiques voisines. Nous avons dit que dans les plus anciens ouvrages indiens on trouve décrite sous le nom de C baraka la lèpre tubéreuse, et sous le vocable Kushta, l’anesthésique. Ainsi la lèpre a pu se propager parmi
tous les anciens peuples d’Asie en guerres périodiques entre eux.
La captivité de Babylone a dû, à son tour, être une cause principale de l’extension de la lèpre parmi les ancêtres des Persans et des Kurdes, chez lesquels la maladie sévissait déjà, d’ailleurs, avec violence et, chose intéressante, elle continue à le faire même de nos jours. Les invasions des Assyriens et plus tard des Perses en Egypte, et, réciproquement, des Égyptiens dans les grands empires asiatiques du centre, ont encore favorisé l’extension de la lèpre, peut-être par la contagion, probablement bien plus active alors qu’elle ne l’est aujourd’hui et dans tous les cas par les alliances matrimoniales et la procréation, c’est-à-dire par hérédité.
Les anciens Hébreux, peu voyageurs dans le principe, ne se trouvaient pas en fréquentes relations avec les peuples vivant loin d’eux, jusqu’à la prise de Jérusalem par les Romains. Ce n’est qu’à cette époque surtout qu’ils se sont éparpillés dans la Méditerranée et un peu partout. Cependant nous verrons plus loin que déjà après la captivité de Babylone ils ont dû infecter l’Ibérie.
Néanmoins on ne peut pas les accuser, avec quelque apparence de raison, d’avoir été, comme les Phéniciens, parmi les tout premiers propagateurs de la lèpre — bien qu’ils furent dûment lépreux — aux peuples éloignés des localités qu’ils occupaient et que l’on ne pouvait atteindre que par de longs voyages par mer; ce qui fut l’œuvre des Phéniciens, peuple navigateur et colonisateur par excellence. De fait, le seul peuple marin, pendant l’époque hébraïque, qui pût entrer en relations avec les insulaires de la Méditerranée et les habitants du littoral fut alors le Phénicien. Cependant, on ne doit pas oublier le miracle que l’Éternel enseigna à Moïse, dans un de ces familiers tête-à-tête, fréquents, afin que son prophète le répétât, devant Pharaon — pour le persuader que les Hébreux étaient son peuple bien-aimé — lorsque son favori alla solliciter l’autorisation de sortir de l’Égypte pour aller sacrifier dans le désert. Dans ce miracle il s’agissait de lèpre blanche. Il est certain que la lèpre blanche , bien que vaguement décrite, existait tant chez les Hébreux que chez les Phéniciens et les Grecs, et continue encore à se montrer, bien que rarement, sous forme de placards plus blancs que la peau normale, entourés par un cercle sinueux hyperchromique brun, pigmen-
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taire, légèrement saillant. Ces îlots de la peau qui a perdu sa coloration normale sont en même temps insensibles. Plus tard la Leucèe des Grecs était souvent aussi la vraie lèpre blanche. Nous en avons vu des spécimens dont quelques-uns ont été reproduits dans notre travail Les lépreux ambulants de Constantinople , par le pinceau d’un habile peintre, feu Aquarone. Chez les nègres, ces placards achromiques tranchent d’une manière bien plus remarquable sur les téguments noirs normaux. Nous en avons vu des exemples aussi. Nous avons rencontré cette variété blanche de la lèpre chez quelques Juifs espagnols établis en Turquie, qui sont, ainsi que nous l’avons prouvé ailleurs, les descendants directs des anciens Hébreux de l’exode. Nous l’avons vue aussi, cette lèpre blanche, chez quelques Grecs des îles de l’Archipel, descendants sans aucun doute des anciennes colonies phéniciennes. Dans la traduction de la Bible des septantes faite par 72 savants juifs de l’hébreu au grec, 3oo ans avant le Christ, sous le règne de Ptolémée Philadelphe, le mot Zaraath est traduit par celui de lèpre. Selon le Pr Caposi, de Vienne, d’origine israélite, les mots Nega et Zaraath signifient lèpre et gale, deux maladies alors confondues ensemble, comme toutes les maladies malignes de la peau. Le fait est que la lèpre tuberculeuse même existait chez les Hébreux de l’exode. Dans le 3e livre de Moïse, chapitre i3, il est question d’une maladie cutanée phymatode et ulcéreuse, et ailleurs de la chute des doigts et des membres entiers (lèpre mutilante). On y voit aussi le tableau de la lèpre, dans le livre de Job, à moins qu’il ne s’agisse de syphilis. En effet dans le livre de Job, chapitre 11, il est dit: Ainsi Satan sortit de devant l’Eternel et frappa Job d’un ulcère malin, depuis la plante des pieds jusqu’au sommet de la tête. Bien des auteurs voient sur la maladie de Job l’éléphantiase, à commencer par Origène. Mais les observateurs sévères de nos jours se trouvent dans l’embarras et ne sauraient se prononcer entre la lèpre et la syphilis.
Certains savants Israélites soutiennent que les Hébreux de Moïse n’avaient point la lèpre et qu’on les a injustement accusés d’avoir été les propagateurs de cette maladie (Janselme et Marc Sée) ; comme si la lèpre était une tare qui déprécierait le mérite de la nation juive. Les Grecs aussi avaient la lèpre, Yéléphantiasis. Est-ce que cela les a empêchés d’avoir des pages glorieuses dans l’histoire de l’humanité ? Selon Mas-
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péro aussi le prêtre Osersyph ou Moïse fit l’exode placé à la tête du peuple qui habitait Avaris plein d’impurs et de lépreux. J’ajouterai en passant que souvent, à Constantinople, des rabbins m’ont envoyé comme lépreux des israélites atteints de toutes sortes de maladies cutanées invétérées. Je ne pense pas que les Lévites du temps de Moïse aient été, en fait de diagnostic, plus savants que les Hahams de nos jours. Et pourtant j’ai vu parfois prononcer le divorce sur un faux diagnostic de lèpre.
Dernièrement Clermont-Ganneau donna lecture à l’Acadérnïe des inscriptions et belles-lettres de France d’un travail sur un israélite adorateur du dieu égyptien Horus. Il s’agit d’un texte araméen d’Égypte mal compris jusqu’à ce jour. C’est un acte de dévotion. Azariah, fils de Jehoash, roi d’Israël, fut lépreux vers la fin de son règne (Maspéro, p. 372). Or, chez les Israélites, plusieurs siècles avant l’ère chrétienne, l’emploi de la langue araméenne et l’existence d’un culte rendu publiquement à une divinité égyptienne est à signaler pour établir le mélange, la fusion des Juifs et des Phéniciens, leurs cousins.
Pour puiser des renseignements authentiques, j’ai lu moimême attentivement la Bible, l’édition admise par les Juifs, texte hébreu, avec traduction française. Tout ce que la Bible décrit sous le nom de lèpre du cuir chevelu n’en est point. Voyons maintenant qu’est-ce que le Bohak ? selon le septante c’est l’Alphos. On lit aux versets 38 et 39 : « Si un individu présente plusieurs Béharoth (c’est le pluriel de Behareth) blanches, et si le prêtre voit sur la peau les Béharoth d’un blanc obscur, c’est un bohak (Alphos) ; l’individu est pur. » Je ferai remarquer qu’il y a pourtant une vraie lèpre blanche, la Morphea Alba, et que cette fois-ci encore la manière de faire du prêtre n’est point dans le vrai. Aux versets 4o-44, il est dit: si sur une tête atteinte de calvitie, il survient une éruption d’un blanc rougeâtre, c’est la lèpre. L’individu est impur. En résumé les signes de diagnostic fournis par la Bible conduisent à l’erreur. Aussi la plus profonde confusion se fit pendant des siècles, entre toutes sortes de maladies cutanées et la lèpre, grâce à la Bible qui déclarait souvent la maladie curable dans l’espace d’une ou de deux semaines ; Le Cohen désinfectait alors la maison avec le sang d’un oiseau égorgé ou l’eau du bois de cèdre !
Le général syrien Nahaman désola la Palestine. Devenu lé-
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preux, il est mandé au Nabi Elisée (prophète) qui le fait laver sept fois au Jourdain et le guérit. Les paroles de Jacob sont ici applicables : taisez-vous Roper Elilim, médecin du néant, tristes consolateurs (Dr Corbeau-Beugnies).
Voyons maintenant les idées des Docteurs du Thalmud sur la lèpre. Nous ferons encore des emprunts au livre du Dr Babbinowicz. D’abord ils n’admettent pas la contagion. Les vêtements et les maisons des lépreux ne sont pas impurs. A. Si le fiancé paraît, le jour de son mariage, atteint de la lèpre, on lui permet de ne se faire examiner qu’à la fin du septième jour de la noce. B. Il en est de même d’un individu participant à la fête de Pâques ou des tabernacles. S’il y a doute sur l’existence de la lèpre, le malade doit être considéré comme pur. G. Les poils blancs sur une partie affectée ne constituent pas une impureté. La tradition talmudique admettait quatre nuances principales de la couleur blanche pour la lèpre : comme la neige, la chaux, le blanc d’œuf, la laine blanche. En se basant sur telle ou telle nuance on pouvait poser le diagnostic de lèpre ! La Bible divise la lèpre en blanche et en ulcéreuse; tandis que la Mischah n’admet pas cette division, mais celle en lèpre généralisée et en lèpre limitée. On ne considérait la lèpre comme généralisée que si elle envahissait le visage, et, lorsque l’individu était chauve et sans poils, le cuir chevelu. Bien que commettant moins d’erreurs que la Bible, le Talmud ne fournissait pas encore les signes précis de diagnostic; loin de là. A chaque instant on parle soit dans la Bible, soit dans le Talmud, de la lèpre du cuir chevelu. Or la vraie lèpre, notre lèpre, n’atteint le cuir chevelu que très rarement et lorsqu’il y a calvitie. Les lépreux conservent toujours leur chevelure. La véritable lèpre fait tomber les sourcils, la barbe, la moustache, mais non les cheveux. Elle ne les blanchit pas non plus; et les squames ne se rencontrent pas très souvent sur la peau des lépreux. Bien des lépreux de la Bible étaient teigneux ou syphilitiques. Enfin la lèpre n’est pas habituellement douloureuse. La syphilis, au contraire, produit la chute des cheveux et détermine des douleurs violentes (ostéocopes) à sa troisième période. Moïse qualifiait de lèpre toute maladie cutanée qui inspirait du dégoût et l’horreur. Cependant Moïse avait constaté l’altération de la voix chez les lépreux. Aussi les faisait-il parler lorsqu’il les examinait.
La confusion de la lèpre avec les dermatoses vulgaires a eontinué jusqu’à nos jours. Gibert, médecin de l’hôpital Saint-Louis et membre de l’Académie, confondit aussi la lèpre avec le psoriasis qu’il appelle lèpre nostras dans son livre paru en i864. Dans l’immense majorité des cas les soi-disant lépreux de la Bible ne l’étaient point. La lecture attentive de la Bible et du Talmud m’en a convaincu. De plus le mot impur ne veut point dire contagieux. On se sert de ce mot dans le sens de malpropre, sale. La propreté individuelle était imposée aux Hébreux. Ainsi une femme à son époque cataméniale est Zab : impure ; il en est de même d’un individu atteint de spermatorrhée. Les Musulmans agissent de même; un homme qui a coïté ou bien qui eut une pollution nocturne est impur et doit prendre un bain pour se purifier; si un chien touche un bon musulman après ses ablutions, celui-là devient impur, et il doit recommencer avant la prière ; les rigoristes en font autant s’ils sont touchés par une femme ou par un eunuque.
La lèpre était une cause de divorce chez les Hébreux et cela continue encore de nos jours chez les Juifs, au même titre qu’un polype putride des fosses nasales ; je pense que l’on voulait parler de YOzène. Si le mari a une profession qui l’imprégne d’infectes odeurs (vidangeur), la femme a le droit de divorcer, selon Rabbi Meyer. Les autres docteurs restent dans la réserve dans le cas où la femme aurait eu connaissance de ces défauts avant le mariage, sauf pour la lèpre. Car le commerce conjugal est nuisible à la santé de l’autre conjoint (Rabbinoviz, article Ghëmara, p. 161).
On lit dans le Deutéronome , XXVIII : Dieu le frappera d’ulcères d’Égypte. Or les uns y ont vu la lèpre, les autres la syphilis. La syphilis, certes, a dû exister chez les Hébreux et fut confondue avec la lèpre; il est vrai qu’on n’en trouve pas indiqués nettement dans la Bible les symptômes qui la caractérisent. Cependant comme la syphilis existait en Égypte du temps des Pharaons, de même que la lèpre, les Hébreux devaient aussi la posséder. (Voir l’antiquité de la syphilis, communication faite par le Dr Zambaco au XIIe congrès international de médecine, tenu à Moscou en 1896 ; la syphilis, chez les Pharaons, communication à l’Académie de Médecine de Paris en juillet 1900, et la communication confirmative faite par le Dr Lartet, doyen de la Faculté de Lyon, à l’Institut de
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France en 1907.) Disons, en passant, que l’écriture parle de la blennorrhagie chez l’homme mûr; mais pas de celle de la femme. Cependant l’une ne peut exister sans l’autre et, si l’on voulait, absolument, lui assigner une origine sexuelle, on devrait en placer la source chez la femme.
Un savant allemand, Offele de Newenbar, a étudié plusieurs papyrus de l’antique Égypte, qui parlent d’une maladie que l’on reconnaît facilement être la blennorrhagie. Les hiéroglyphes déchiffrés indiquent déjà de nombreuses injections pour la combattre. Dans le papyrus d’Erbers, on mentionne le pus qui ronge la chair de l’homme et de la femme. L’entête d’une prescription est interprété comme il suit : un autre remède pour chasser la purulence de la voie urinaire. 11 y est aussi question des moyens à employer contre l’érection douloureuse, inflammatoire du pénis. Tous ces passages prouvent que les Égyptiens de l’antiquité ont connu la chaudepisse tout comme la syphilis, ainsi que nous le verrons derechef plus loin, et qu’ils ont confondu cette dernière avec la lèpre, comme tout le monde, du reste. Il est dit dans la Bible que Moïse ayant su que les filles moabites avaient infecté le camp des Hébreux (?) fit exécuter vingt-quatre mille juifs, pour arrêter la propagation de la maladie des organes génitaux. (Laquelle?). Et après avoir défait les Médianistes dont on égorgea tous les hommes, Moïse fit étrangler toutes les femmes, n’épargnant que les vierges qui ne pouvaient avoir été infectées. La maladie de Baaltéore, qui sévit dans le camp de Moïse, était d’une contagiosité excessive et se transmettait selon l’historien juif Josephe, à tous les membres d’une famille1.
Selon d’Hamonic cette affection devait être la syphilis ( Des maladies vénériennes chez les Hébreux à l’époque biblique). L’alopécie dont parle Isaïe et l’ulcère dit d’Égypte avec lésions à la partie du corps d’où sortent les matières stercorales, les ulcères de mauvaise nature que l’on aura transmises à la progéniture se rapportent bien à la syphilis (Proverbes de Salomon, § 5g).
Nous avons déjà dit que David et Salomon, Job et Lazare étaient probablement syphilitiques, et qu’une de sept plaies des Pharaons était la syphilis que Sara avait communiquée à