‹ La lèpre à travers les siècles et les contréesChapitre 24 sur 124 · DESSINS DES PHÉNICIENS OU GRAVURES LAPIDAIRES · texte numérisé non relu

DESSINS DES PHÉNICIENS OU GRAVURES LAPIDAIRES

sur le revers de la page destinée aux habitants sains ( homi nibiis sanis ), avec les bâtards. Ils ne pouvaient vendre les produits des terres à eux concédées au voisinage de leurs habitations, à la population saine, ni communiquer avec Icelle, ni circuler sans leur drap rouge cousu sur leurs habits.

Le D1 de Glosmadeuc écrivit : Les premières communications du Dr Zambaco à l’Académie de médecine m’avaient frappé. Dans la description qu’il a faite des différentes formes de lèpre, je retrouvais les traits qu’il m’était arrivé d’observer sur quelques malades ou infirmes qui, à diverses reprises, s’étaient présentés à moi, dans le cours d’une pratique médicale de plus de 36 ans. Ces cas, je les rangeais dans la catégorie des scrofuleux ou des syphiliques. Aujourd’hui après avoir suivi les discussions qui ont eu lieu sur le sujet, à l’Académie, et avoir longuement conversé avec le Dr Zambaco luimème qui a fait exprès le voyage de Vannes pour élucider la question de la survivance de la lèpre, je reste convaincu que la vérité est de son côté, et que j’ai eu, plus d’une fois sous les yeux, en Bretagne, des cas de lèpre plus ou moins atténués, mais parfaitement reconnaissables.

Le Dr de Closmadeuc m’a donné la liste des léproseries qui ont existé dans le Morbihan. Elles étaient au nombre de vingtneuf! Combien de lépreux devaient-elles contenir?

Dessins des Phéniciens ou gravures lapidaires Scandinaves et bretonnes. — Les inscriptions lapidaires tracées sur des rochers ou des blocs de pierre uniformes, éparpillés le long des côtes bretonnes et Scandinaves sont restées mystérieuses. Ce ne sont pas des gravures fortuites d’une décoration enfantine ; mais des pictographies primitives qui fixaient les pensées des peuples qui les tracèrent. Nous les avons comparées avec les dessins que l’on rencontre sur certains monuments archaïques des nécropoles pharaoniennes et nous avons conclu à leur identité : on y voit des lignes concentrées sous forme de cercles qui s’emboîtent ou bien en zigzags ou serpentantes, etc., ou bien des cercles simples ou avec points au centre, dessin idéologue du Dieu soleil, et des haches de formes variées (La hache était un symbole de puissance chez les anciens Egyptiens. M. Morgan en a signalé d’identiques sur des vases de la nécropole de Nadeh, en Egypte). Il est inadmissible que ces similitudes de dessins, bien que se rencontrant à de grandes distances, d’une

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part sur les rives du Nil et d’autre part sur le littoral de la Scandinavie et de la Bretagne, soient fortuites. Il ne peut y avoir qu’une interprétation logique qui s’appuie d’ailleurs sur d’autres arguments palpables, comme on le verra plus tard : la découverte de matières de provenances très lointaines (ambre, turquoises, pierres de Chine, etc.), que seuls des navigateurs eurent pu transporter des diverses contrées de l’Asie et de l’Europe. Or, dans ces temps préhistoriques, un seul peuple entreprenait de tels voyages périlleux pour établir des factoreries, des comptoirs commerciaux, des colonies. Ce sont les Phéniciens. En outre, il y a des mots phéniciens conservés en Armorique jusqu’à présent, parmi ceux que nous avons déjà signalés, on doit placer celui de Betyle (maison de Dieu) dont on se sert encore en Bretagne pour désigner les grands blocs de pierre autrefois objets d’adoration, que l’on christianisa plus tard, au vie siècle, lorsque le christianisme y pénétra, en y plaçant des croix {Origine phénicienne de la lèpre dans l'Europe occidentale , par A. Bagalski, Constantinople, 1900).

L’historien Dom Lobineau rapporte qu’en 1 4y5 la loi imposait aux kacous d’avoir sur leur robe une pièce de drap rouge, comme signe distinctif et qu’ils ne pouvaient être que cor^ diers et labourer leur jardin. Néanmoins une ordonnance de François II permit aux caqueux de Saint-Malo de louer par baux de 3 ans seulement les terrains proches de leurs habitations, toutes autres prescriptions étant maintenues. Quant à l’étymologie du mot Cacous ou Kakous, il proviendrait du mot grec xaxoç, selon Lobineau (Journ. EncycL, mars 1779), et, selon Rosenz Weig, archiviste de la Société polymathique du Morbihan ( Bulletin du 2e semestre 1871), de caque, caquus, petit tonneau; parce que les lépreux avaient toujours un barillet pour leur usage d’abord, puis ils en fabriquaient aussi parce qu’ils pouvaient être tonneliers , mot synonyme de lépreux; tout comme les cagots aussi du Midi de la France, où ils étaient désignés sous le nom de capots, capotus, parce que leurs têtes étaient couvertes d’un capuchon capa , et gabet, gabetus, parce qu’ils tenaient une écuelle, gabata. Il en était absolument comme des lépreux du moyen âge. Ces traditions ont duré bien longtemps. Ainsi dans un aveu rendu au roi par l’évêque de Saint-Brieuc, en 1690, que l’on trouve aux archives de la Chambre des Comptes de Bretagne, il est ques-

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