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LA LÈVRE DANS L’ANCIENNE BELGIQUE

le vocable de Saint-Nicolas ou maison des Ladres de Saint- Nicolas, existait à Bourbourg, arrondissement de Dunkerque, à un kilomètre de la ville. Elle fut fondée au commencement du xii® siècle.

Le pape Eugène III approuva, par une bulle datée de 1 1 45, la faveur d’y célébrer le service divin et d’ensevelir dans le cimetière y attenant.

Les bulles des papes Adrien, Luce et d’Urbain III, vinrent plus tard confirmer celle d’Eugène. Les premiers religieux furent de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Cet établissement «ut, successivement, plusieurs donations. Le revenu de la léproserie atteint la somme de 1 ig3 livres. Dans cet établissement on accueillait aussi des non-bourgeois et des étrangers ; mais exceptionnellement et temporairement. En principe, il fallait jouir du droit de bourgeoisie. Celui qui était déclaré lépreux devait entrer à la léproserie ; il était privé de ses biens que ses parents se partageaient.

Lorsque la lèpre commença à diminuer, les revenus de la maison furent consacrés à soulager d’autres infirmités et même à distribuer comme secours aux malades extérieurs.

Les choses allaient ainsi, lorsque le roi Louis XIY, par édit de décembre 1672, donna l’administration générale de toutes les maladreries, léproseries, hôpitaux, hôtels-Dieu, etc., aux chevaliers de N.-D. du Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem. Plus tard, sur les plaintes et réclamations des habitants de Bourbourg la possession et jouissance de l’établissement furent rendues à la ville (arrêt du conseil de Roy en septembre 1693). Le service sanitaire était rempli par un médecin et un chirurgien, tant lorsque c’était une léproserie que quand l’établissement fut transformé en hôpital ordinaire.

La lèpre dans l’ancienne Belgique. — Presque tous les auteurs, simples historiens ou médecins, se plaisent à se copier et à répéter que la lèpre fut introduite en Italie par les armées de Pompéi, revenant de Syrie ou par les croisés. Erreur profonde que nous avons toujours combattue. La lèpre a sévi dans tout l’univers, dès la plus haute antiquité, tant en Europe qu’en Asie, en Afrique et probablement en Amérique. Sans remonter à l’histoire antique des Indes, des Pharaons, de l’exode, à la sœur lépreuse de Moïse, à Jacob, au Christ qui fit des miracles en guérissant ipso facto des lépreux, au

concile d’Orléans tenu en 549, au vne siècle, Rotharis, roi des Lombards, fit reléguer les lépreux dans des établissements particuliers et leur enleva leurs droits civils pour les empêcher de conclure des transactions avec les autres hommes. Ils étaient déjà censés morts et ne pouvaient disposer de leurs biens. Or il fallait bien que la lèpre fût très commune alors pour provoquer de telles mesures. Ce que les croisés ont surtout propagé c’est certes la syphilis dont leurs corps étaient minés d’où la grande contagiosité de cette soidisant lèpre qui se propageait par les ustensiles de table, le baiser, le coït, etc., ce qui n’a pas lieu pour la lèpre. Nous ne cessons d’insister sur cette confusion qui est longuement traitée dans un chapitre spécial de cet ouvrage.

Encore une fois, il se peut qu’une recrudescence de la maladie, à cause de l’ignorance de toute hygiène et de la saleté sordide dans laquelle vivait toute la société, en commençant par les dits nobles qui ne se lavaient même jamais sous leurs armures, qu’une recrudescence ait eu lieu vers le xie siècle, lorsque la maladie faisait des ravages terribles jusqu’au xv.ie, époque à laquelle en la différenciant d’avec la grosse vérole , on ferma les léproseries et l’on ouvrit des hôpitaux pour les syphilitiques. D’un côté on fuyait les lépreux et on les persécutait comme des gens maudits que l’on tenait à l’écart de la société et d’autre part on en faisait des êtres respectables à cause de leur piété, des élus que Dieu éprouvait parce qu’il les aimait, à tel point que des personnes pieuses demandaient à Dieu avec ferveur, de devenir lépreuses pour avoir les récompenses promises dans l’autre monde; inconséquences flagrantes !

Cependant Philippe le Bel en fît brûler des lépreux en Flandre, en i3i2 ; et son fils Philippe le Long les persécuta aussi et dans le Hainaut ces pauvres malheureux furent exposés aux fureurs populaires. Car le fléau sévissait aussi en Belgique comme d’ailleurs dans toute l’Europe.

Des léproseries étaient constituées de tout côté par les gouvernements, par les communautés religieuses et même par les coupables d’un crime énorme que leur évêque condamnait, pour leur expiation et leur pardon, à créer une léproserie et à la doter richement pour la mettre à l’abri de toute éventualité.

Au Congrès international, tenu à Berlin en septembre 1904»

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le Dr Dubois-Havenith de Bruxelles, de même que le Dr Bayet l’avait signalé déjà à la conférence de Berlin en 1897, a affirmé que la lèpre n’existe pas en Belgique, en tant que maladie autochtone. Les quelques cas rares qui y ont été observés étaient de provenance étrangère. Aussi il n’y a en Belgique ni statistique officielle, ni mesures prophylactiques concernant cette maladie.

Mais il n'en fut pas ainsi dans l’antiquité. Les Annales du cercle archéologique de Mons (Belgique), t. I, première livraison, rapportent que des léproseries ont existé jadis à Ath, Baudour, Binche, Blicquy, Boursu, Carnières, Chièvres, Cuesmes, Enghien, Estinnes, Lens, Lessines, Levai sous Beaumont, Neufville, Quiévrain, Soignies, Stambruges, etc.

La législation concernant les lépreux différait en général de celle qui leur était appliquée en France. Tout en prononçant leur séquestration, s’ils n’étaient pas natifs du pays, les échevins les expulsaient. Les lépreux continuaient à jouir de leurs biens ; ils pouvaient recueillir des successions. Toutefois, lors de la séquestration, ils devaient payer le droit de mortemain comme s’ils fussent décédés. S’ils guérissaient, on les leur restituait, sauf à les récupérer à leur mort. A part les défenses d’entrer dans les cabarets et de se mêler au peuple, ils ne devaient uriner sinon arrière des gens et hors rues publiques. A sa mort, le haut justicier devait faire brûler l’habitation du lépreux et ce qui avait servi à son corps, excepté l’étain, le plomb, le fer et le cuivre. Le lépreux 11e devait plus voir de femme ; pas même la sienne. A Mons, il y eut une léproserie connue sous le nom d’hôpital Saint-Ladre ; un fossé rempli d’eau l’entourait ; on y entrait au moyen d’un pont. Il y avait une chapelle, un jardin et une prairie. Un bâtiment unique avait remplacé les. petits cabanons de bois. Cet hôpital eut une existence de cinq siècles ; il datait du commencement du xme siècle. L’air et le jour n’y pénétraient que par d’étroites lucarnes, fermées par des verrières fixes. Au xvie siècle, les lépreux se firent rares. On pratiqua de grandes fenêtres et l’on y reçut des malades atteints de maladies de peau, de syphilis et de scrofules. L’air circulant dans les appartements, l’humidité et la moisissure disparurent. Il y eut alors affluence de faux lépreux. C’étaient des vagabonds, des déserteurs, des repris de justice qui, déguisés et portant le manteau gris, le large chapeau et la cliquette, s’y installaient.

Un édit du 21 août i537 permit au doyen des lépreux de poursuivre ces aventuriers après les avoir visités et reconnu la fraude. Cependant l’hôpital de Saint-Ladre existait encore au commencement du xvne siècle. Puis, faute de lépreux, les revenus de cet établissement furent employés à secourir les indigents ou les personnes atteintes de maladies analogues à la lèpre (?) Puis l’hôpital fut réservé aux prébendés (ecclésiastiques) jusqu’à leur mort, et les militaires malades ou blessés. Le seul souvenir qui subsiste actuellement de la léproserie de Mons, c’est la dénomination de faubourg de Saint-Ladre ; c’est la banlieue de la porte de Nimy.

Emmanuel Neeffs a présenté à l’Académie de Belgique un parchemin qui est un certificat émanant des autorités ou des proviseurs jurés de la chapelle de Saint-Jacques, hors des murs de Harlem, bien conservé ; fait rarissime, car on mettait grand soin à anéantir par les flammes tous les objets ayant appartenu aux lépreux. Ce certificat est daté de 1576, époque à laquelle la lèpre semblait sur le point de disparaître de ces provinces. Ce document était imprimé et concernait la léproserie de Harlem ; il est écrit en caractères gothiques. On y voit des notes manuscrites avec annotation du sexe et bien des détails. C’est un bulletin à terme valable pour un an. Le sceau de la léproserie avait disparu ( Bulletin de l’Académie royale de Belgique , 1878).

La lèpre dans l’ancienne Lorraine. — Le Dr Hecht, professeur à la Faculté de Médecine de Nancy, fit paraître dans les Mémoires de B Académie de Stanislas, en 1881 (CXXXIP année, 4e série, tome XIV), un travail très intéressant.

Il y eut en Lorraine, pendant les ravages du fléau, au moyen âge, cinquante -neuf léproseries dont 8 dans le département de la Meurthe, 32 dans celui de la Meuse, 11 dans celui de la Moselle et 8 dans celui des Vosges. Le souvenir de cette époque de désolation survit encore dans les dénominations de certaines localités, notamment dans le département de la Meurthe; telles que sentier de la Borde (les léproseries étaient le plus souvent situées au bord des grands chemins), ruelle de la Maladrerie, places de Mazelles, Pâquis de la Borde ou tout simplement les Bordes. La lèpre étant, en général, considérée comme un châtiment de Dieu, les malheureux lépreux étaient comme entourés d’une auréole sinistre. La charité et la commisération ne leur manquaient pas, mais

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associées toujours à la répulsion et à l’horreur. On les désignait sous les qualificatifs de Mazels, Muzels, Mezels, Mezieu, frères lépreux, bons malades. Leurs maisons de refuge étaient dénommées mezeleries, ladreries ou maladières. En outre des congrégations, les corps ecclésiastiques et des particuliers leur accordaient des rentes, sous la condition de recevoir ceux de leurs membres qui viendraient à être entachés de lèpre.

Metz comptait cinq maladreries; Toul et Verdun, deux. A Metz la léproserie des Bordes était destinée aux indigents et celle des grands malades ou de Saint-Jean aux gens de fortune qui acquittaient une large prébende pour être reçus. Et chose curieuse, dans cet établissement logeaient aussi des locataires sains, au xive siècle. C’étaient des saints Atitoi (Buvignier, Maladrerie de Verdun, p. 12, 16). Il est à remarquer aussi qu’aucune léproserie n’était visitée par un médecin qui soignât ces infortunés frappés par la main de Dieu, déclarés incurables et qu’un miracle seul pouvait guérir. Les lépreux recevaient leurs parents. Une fois par an les personnes bienfaisantes visitaient la Madelaine et donnaient des pains aux lépreux qu’on leur tendait au bout d’un bâton. Naguère encore à certain jour, les enfants enfouie portent des pains au bout d’une baguette, et se rendent à la Madelaine pour les distribuer aux pauvres de la ville de Remiremont, transformée en asile. Le terme de mezel était considéré comme une injure grave. En i458, le prévôt de Longuyon rendit un jugement contre un individu pour avoir dit à un autre : « mauvais mezel, ne t’es-tu pas fait visiter par maître Jean qui fa reconnu Mezel ». En 1278, à Metz, un atour ou règlement de police, rendu parles treize, instituait des commissaires spéciaux pour rechercher dans chaque paroisse les lépreux, et condamnait à la perte d’une oreille tout individu qui sans titre se livrerait à ces investigations ; il défend aussi à tout mezel d’entrer à Metz, condamne à dix sols d’amende tout habitant qui leur donnerait quelque chose et ordonne aux ribauds (sergents de ville) de séquestrer les lépreux, menaçant leur négligence du supplice de la xippe qui consistait à placer le condamné dans une case à osier, que l’on suspendait par une poulie à une potence au-dessus d'un égout. On laissait tomber le condamné dans l’égout ou il restait plongé aussi longtemps que le jugeait bon le magistrat qui présidait à l’exécution.

Aux xiy® et XVe siècles les médecins de Metz prêtaient serment entre les mains du maître échevin de lui déclarer tous les cas de lèpre (Règlement renouvelé par la conférence de Berlin en l’an de grâce de 1896). Les léproseries étaient placées en général sous l’invocation de Madeleine ou de Lazare. Entretenues parles villes et dotées par des bourgeois riches et par les corporations de métiers, elles s’enrichirent, et leurs pensionnaires ne manquaient de rien en Lorraine. A Nancy le mariage du lépreux était dûment rompu. Sa femme pouvait se remarier; il lui était défendu d’embrasser ses enfants qu’il ne voyait que dans la rue. Ses biens étaient livrés aux héritiers. Et s'il guérissait, il ne pouvait revendiquer ni sa femme, ni ses biens. Un tel fait est cité par Ruvignier: J. Blin sortit guéri de la maladrerie de Nancy au bout de 8 mois, il eut beau réclamer ses biens et sa femme ; les tribunaux l’ont débouté (Cayon, Histoire de Nancy , i846, p. 37). Soit dit en passant qu’il ne s’agissait certes pas de lèpre. Par contre, le pape Urbain III (xne siècle) faisait un devoir aux époux de suivre leur conjoint atteint de lèpre et de cohabiter avec lui. Chose à noter, les bouchers de Troyes amenaient, chaque année, comme redevance aux lépreux vingt-cinq pourceaux sur un char, en grande pompe, jusqu'en 1428, ce qui fut remplacé plus tard par un don annuel de douze marcs d’argent ( Léproseries de la Meuse , par le Dr Baillot). En plus, devant les églises il y avait des troncs spéciaux pour les lépreux. L’un d’entre eux faisait aussi la quête, en se tenant dans une loge d’où il invoquait la charité publique. Le soir de la Toussaint, la ville de Nancy faisait don de trois francs aux malades de la Madeleine pour faire leur bon soir.

Il serait trop long d’énumérer tous les dons et privilèges pécuniaires accordés par les bons Lorrains aux malheureux lépreux qui trouvaient ainsi, grâce à ces largesses, une consolation et le confort ; ils étaient exempts aussi de tout impôt pour leurs nombreuses propriétés. Tout individu soupçonné d’être entaché de lèpre était examiné par plusieurs chirurgiens devant l’officialité épiscopale; on y adjoignait souvent un ou deux lépreux qui étaient plus experts vraiment que tout le monde pour reconnaître en l’accusé un consort. On examinait le sang, avec les réactifs suivants: grains de sel, vinaigre et urine d’un jeune garçon. Si le prévenu était déclaré sain, il était muni de lettres d’absolution dont le pasteur de la pa-

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roisse donnait lecture au prône. Dans le cas contraire, l’incriminé était soumis, le lendemain, à de nouvelles investigations au nombre de 22 selon Guy de Chauliac. S’il y avait encore présomption il était déclaré cassot ou capot , c’est-à-dire suspect de ladrerie et renvoyé dans sa demeure où il restait interné et soumis aux visites des médecins. Les signes décisifs étaient : la voix rauque, les bulbes des cheveux et des poils entourés d’une sécrétion rougeâtre, la peau onctueuse ou bien couverte de taches ou d’ulcères, les urines cendreuses, la peau de la jambe et du talon insensible aux piqûres. Une fois déclaré lépreux cum multis verbis bonis et consolatoriis sequestrandum a populo. La haine et la cupidité d’héritiers avides insinuaient souvent que tel individu était atteint de lèpre, pour qu’il fût déclaré mort civilement. On se livrait alors à toutes les cérémonies de ce mort vivant, presque identiques dans toute la France: messe funéraire, trois pelletées de terre provenant d’un cimetière jetées sur sa tête, investiture de housses munies de marques pour le signaler aux passants (à Nancy, celles-ci étaient en laiton aux armes de la ville), remise d’une cliquette, de gants, d’un baril et d’une panetière ; un bandeau couvrait la bouche, et la partie inférieure du nez. Les recommandations lui étaient faites d’éviter tout contact avec le public, etc. « Que Dieu demeure avec vous leur disait en Finissant le curé, courage et patience; vous aurez votre part à toutes les prières de notre sainte église. » Les parents et amis restaient avec les lépreux pendant 3o heures, afin de les fortifier dans le nouveau genre de vie qu’ils allaient mener. Jusqu’au xme siècle les lépreux pouvaient hériter, vendre, acquérir, comparaître devant les notaires, et leur situation était enviée par des goujats qui, simulant des plaies hideuses, se faisaient recevoir dans les léproseries. Si ces faux ladres étaient pris, ils étaient condamnés, pour avoir simulé la lèpre, à faire amende honorable devant le bar , et son baril et ses cliquettes étaient brûlés par les mains du bourreau. En i5o2, à Tout, un jeudi saint, les lépreux des bords de Saint-Mansuy, excités par d’ignobles jalousies, assassinent l’un d’entre eux; consécutivement cinq sont exécutés à Foug, trois sont brûlés vifs, et deux traités avec plus d’indulgence sont pendus (Dumont, Justice criminelle en Lorraine, I, p. 256). Quia cui non communicamus vivo , non communicamus morto. Les lépreux n’avaient pas droit d’être enterrés dans les cimetières communs ; mais dans Zambaco. Anthologie. 18

des endroits à eux exclusivement réservés, aucunement bénits. Si les lépreux fuyaient des léproseries, ils en étaient cruellement punis. En i32i, deux lépreuses se sont échappées de la maladrerie de la Schenalle, dans le val de Saint-Dié. Arrêtées, elles furent jugées par Gérardin, prévôt du duc de Lorraine, Ferry IV, qui, s’appuyant sur une bulle du Pape, vouait aux flammes les lépreux évadés. Le prévôt, autorisé par son souverain, infligea à ces malheureuses la peine du fouet, puis il les fit jeter vivantes sur le bûcher. Mais le chapitre de Saint- Dié, offensé de cet empiétement sur ses droits, excommunia le prévôt Gérardin. Le duc Ferry IV fit droit aux plaintes du chapitre et ordonna à son prévôt de livrer les lépreuses à la justice ecclésiastique (déjà brûlées). On s’ingénia alors à envoyer au chapitre deux mannequins représentant les lépreuses ; celui-ci les condamna à mort et les livra au bras séculier qui les fit brûler; ainsi ses droits furent préservés (Archives de Saint-Dié : Gravier, Histoire de Saint-Dié , p. i63).

La prospérité de bien des léproseries excita l’envie des chevaliers besogneux qui spolièrent la maladrerie de Veroun, malgré la bulle d’excommunication que le pape Benoît XII fulmina contre eux (xive siècle). Au xve siècle, pour s’emparer des biens des léproseries on imputa contre ces pauvres parias des forfaits imaginaires : on les accusa d’enlever des enfants, d’entretenir commerce avec l'esprit malin, d’empoisonner les sources et les puits..., d’oû des bûchers pour les lépreux et les Juifs, malgré le concile d’Auch tenu en i3oo. En i32i on en brûla un grand nombre à Metz. Enfin, au xvie siècle, la lèpre ayant diminué, on ferma peu à peu les léproseries et leurs revenus furent donnés aux hôpitaux généraux, tant en Lorraine que par toute la France. 11 faut ajouter que la syphilis, reconnue et différenciée, prit alors à son compte un grand nombre de ces censés lépreux. En 1 6 1 6 la maladrerie de Nancy ne renfermait plus que quatre lépreux. Et à Verdun, le dernier lépreux fut conduit aux petits malades en février 1627. Cette léproserie fut fermée en i63o. Cependant ilyeut, par-ci par-là, encore quelques lépreux en Lorraine jusqu’à la première moitié du xvne siècle. En i636 on parqua les pestiférés dans les léproseries désaffectées.

Dans le Midi de la France (le Languedoc, la Guyenne et la Provence) oû selon A. Paré la ladrerie était plus fréquente que dans le reste de la France, les lépreux ont laissé des des-

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