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LA LEPROSERIE DE DÉSIRADE ( GUADELOUPE

phtisiques, tuberculisables. Nous avons insisté sur ces questions ailleurs et même dans ce travail. Nous pouvons donc passer.

Le Dr Noël craint aussi qu’une nourrice saine n’attrape la lèpre en allaitant l’enfant d’une lépreuse ; bien que sain, celui-ci

pourra ainsi donner ce qu’il n’a pas lui-même. Le Dr N nie

tellement l’hérédité qu’il ne proteste pas contre le fait que les pensionnaires de sa léproserie enfantent. Ainsi la lépreuse qui fait le sujet de sa première observation devint trois fois enceinte, bien que soi-disant isolée. Mais il éloigne les enfants de leur mère qui les nourrit pendant quelques mois avec des précautions illusoires. La seconde lépreuse aussi accoucha dans la léproserie. On ne s’oppose nullement à ces conceptions, à Désirade !

La jeune lépreuse qui fait le sujet de la troisième observation devint aussi enceinte, mais cette fois-ci le galant est un lépreux de l’asile même! (les deux autres pères clandestins étaient indemnes). L’enfant ne fut allaité par la mère que pendant six mois ; après quoi, il fut élevé au biberon. La quatrième lépreuse devint aussi enceinte, quelques années après son admission, bien que sa lèpre fût très avancée. Le père était un ouvrier qui avait travaillé aux réparations de l’établissement. La cinquième malade, entrée en 1894, sort améliorée en 1896 et rentre en 1897, en état de grossesse. Nous ignorons ce qu’il advint depuis 1893, mais jusqu’à cette date les lépreux pouvaient entrer et sortir de la léproserie à volonté. Il serait important de savoir ce que sont devenus les enfants de ces lépreuses, depuis 1893. Il est vraiment inconcevable que le directeur de la léproserie autorise ainsi ses pensionnaires libidineuses de sortir, de se livrer à des hommes, clandestinement, et de cueillir ainsi les fruits de ce libertinage. Serait-ce pour faire des expériences sur les enfants ainsi conçus et isolés, soi-disant après leur naissance ? Ces expériences d’haras sont-elles légitimes ?

Quoi qu’il en soit, le Dr Noël ne nous dit pas si les hommes indemnes, qui ont eu des relations avec ses lépreuses, ont gagné la maladie, cependant il importe de le savoir. Car dans une de ces observations, il attribue à quelques simples rencontres, chez une amie, avec des enfants de lépreux, sains eux-mêmes, l’acquisition de la lèpre. Il y a des ultra-contagionnistes qui traitent d’absurdes les anti-contagionnistes, qui

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se servent d’argument que la vie maritale, dans toute l’acception du mot entre un lépreux et un conjoint sain, ne transmet pas la maladie et lors même qu’il y a progéniture. Pourtant ces fanatiques de la contagion admettent que la simple rencontre d’un lépreux, même en plein air, suffit pour transmettre la maladie. Et voilà à quels illogismes conduit l’emballement même scientifique.

Cependant le Dr Janière, directeur pendant des années de la léproserie de la Désirade, a vu des lépreux en communication permanente avec des gens bien portants, et de nombreux Anglais ayant pendant de longues années des domestiques lépreux, sans la moindre contamination ( Annales de (a Société académique de Nantes , 3e volume). Selon le Dp Sauton, il y aurait à la Guyane Française, dans une région de 24ooo habitants, 2Ôo lépreux ; à Saint-Laurent de Maroni, 2 3oo habitants avec 4o lépreux dont 26 internés et soignés par des codétenus . La léproserie Acarouany ne renferme que i3 malades. Les autres lépreux ne veulent pas y entrer. Les riches ont la faculté de se soigner chez eux, à condition qu’ils s’éloignent d’un kilomètre des bourgs et de deux kilomètres des villes.

Côte occidentale d’Afrique. — La lèpre existe dans toutes les colonies françaises de la côte occidentale d’Afrique. On croit qu’elle provient de l’Égypte et de l’Arabie. Ce seraient les esclaves du Soudan qui l’y auraient introduite, selon Mungo Park et Moore. Toujours est-il que tout le Soudan est ravagé parla lèpre aujourd’hui même.

La lèpre est commune au Darfour et dans le Bornou, selon Tousny et Eben-Omir ( Voyage au Darfour , i845).

D’après des confrères anglais dont j’ai fait la connaissance au Caire tout le Soudan est éprouvé par la lèpre. Je crois aussi qu’il en est de même de la syphilis.

Sénégal. — Chananiol affirma, en i865, avoir fréquemment rencontré la lèpre, tant sur le littoral qu’à l’intérieur. Borius en dit autant en 1882. Elle est considérée comme contagieuse par les indigènes. Néanmoins les lépreux circulent et mendient partout. De 1889 à 1898, il n’est entré que 18 lépreux à l’hospice civil de Saint-Louis. Les lépreux sont relégués hors des villages dans des cases à part. Les Mulsumans n’abandonnent pas leurs lépreux qui font leurs prières avec tout le monde et vivent dans leurs familles. En Afrique, en générai,

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la lèpre est confondue avec la syphilis. Les fétichistes agissent, vis-à-vis des lépreux, comme les Musulmans.

Soudan Français. — En 1889, le Dr Liotard, chargé d’une mission scientifique au Boudou, fut frappé d’un grand nombre de lépreux et d’individus atteints d’Aïnum ; ce qui laisse supposer, dit le Dr Kermorgant, que plusieurs de ces derniers n’étaient que lépreux. Nous enregistrons avec empressement l’opinion de cet éminent confrère, en tout conforme à la nôtre. La lèpre fut constatée à Tombouctou. Mais nous n’avons pu nous procurer de détails concernant la fréquence et les croyances populaires à son égard.

Guinée. — Les indigènes appellent la lèpre khounna et ne la considèrent pas comme contagieuse. Selon Drevon, c’est la forme tubéreuse qui est la plus commune et elle est confondue avec la syphilis, la scrofulose et la tuberculose. Notre confrère Fulconis, du cadre colonial, a participé aux travaux de la commission de délimitation franco libérienne. Il a pu constater que, dans la Haute-Guinée, il y a des foyers lépreux en pleine action, surtout dans la région habitée par la tribu de Manous. Les Manous, anthropophages avérés, sont isolés, de par leurs pratiques d’anthropophagie et leur état social, des populations qui les entourent. Il n’y a, en effet, que des points de contact très temporaires et très sommaires entre eux et leurs voisins immédiats, les Guerzès. Cet isolement bienfaisant s’oppose à la diffusion du fléau dans le reste de nos possessions de la Haute-Guinée. Cependant, le pays Manou est sillonné par les Dioulas, en quête de récolte de noix de kola, cultivées par les autochtones et répandues de là dans les territoires du Soudan. Il y a donc lieu de s’inquiéter des mesures prophylactiques destinées à encercler efficacement les régions contaminées. Des cas de lèpre sont épars chez les Tomas et les Guerzès, ce qui laisse supposer que l’affection a quelques foyers endémiques parmi eux; mais ils sont relativement rares, quand on les compare à ceux observés chez les Manous. Il faut se garder de s’en tenir à une observation superficielle à la faveur de laquelle nombre de sujets porteurs de simples taches leucodermiques sont considérés comme lépreux. Les affections de la peau et le vitiligo, en particulier, sont très fréquents chez ces populations. Les cas de lèpre différentiellement reconnus présentaient souvent, au stade maculeux, une coloration qu’une observation attentive permettait

de séparer d’abord des taches de vitiligo pur. Ces lésions, siégeant pour la plupart du côté de l’extension des membres, à la face dorsale des mains, affectaient, en dehors de tout autre caractère, la forme d’anneaux érythémateux encerclant une zone anesthésiée beaucoup plus pâle. Les formes nodulaires, plus importantes, l’emportent considérablement en nombre sur les formes nerveuses ; dans les cas mixtes, les troubles trophiques d’origine nerveuse sont postérieurs aux premières manifestations tuberculeuses. « Cependant, il ne semble pas que la propagation du mal au sein de la population se fasse avec une très grande intensité. Les foyers doivent avoir une virulence très atténuée, malgré les conditions de milieu qui sont les mêmes pour tous et qui paraissent favorables à la contagion. En effet, les villages Manous sont extrêmement sordides. » Les indigènes paraissent posséder des notions assez exactes sur la nature et sur la marche des lésions d’origine lépreuse. Deux femmes, à la période des éruptions maculeuses, demandaient des remèdes pour ne pas avoir un jour « les pieds et les mains mangés par le mal ». Malgré la marche peu envahissante de cette lèpre, qui paraît se localiser en une région assez bien circonscrite, il est prudent de surveiller les caravanes de commerçants nomades sillonnant les routes de pénétration dans nos territoires de la Guinée, de la Côte d’ivoire et du Soudan ( Annales d’ Hygiène et de Médecine coloniales , 1910).

Le D1 Joyeux fit, en 1912, une communication à la Société de Médecine et d’Hygiène tropicales de Paris ( Bull ., n° 3, 1912) sur la lèpre en Haute-Guinée. Les allures cliniques n’offrent rien de particulier. Les taches achromatiques marquent le début; surviennent ensuite les mutilations et les manifestations syringomyéliques ; il évalue le nombre des lépreux approximativement à 1 pour 200 habitants. Les caractères des taches sont difficiles à apprécier sur les peaux noires. Quant à r anesthésie et la thermo-anal gésie , elles ne lui ont jamais été d’une grande utilité, la sensibilité du noir et ses réactions étant beaucoup moins vives que chez l’Européen ; il a provoqué le coryza par l’iodure de potassium, mais sans retrouver le bacille, comme dans la rhinite spontanée. Le gouvernement classe les lépreux en contagieux et non contagieux. Les premiers seuls sont isolés dans les asiles ou dans leurs familles. Les seconds ne le sont que dès l’apparition d’accidents contagieux, ce qui est jugé par les médecins inspecteurs.

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Le Dr Jeanselme a critiqué cette distinction. Il est pour la ségrégation de tous, dans des colonies agricoles. Bien qu’il ait été un des premiers à constater le bacille dans le mucus nasal, il reconnaît que dans le type neurotique la recherche du bacille dans ce mucus reste infructueuse. La réaction d’Eitner est fort inconstante, tandis que le diagnostic clinique est de toute évidence. Enfin Jeanselme dit à propos de l’opinion de Marchoux, qu’il n’a jamais vu la lèpre localisée exclusivement dans les ganglions lymphatiques, comme dans la lèpre Murine.

Guyane française. — La lèpre est en intense progression à la Guyane française. Notre confrère Guillon estime à i ooo le nombre de lépreux pour i3 46o habitants (Le Caducée, 1910, n° 19, ier octobre, p. 258). La gravité de la situation est parfaitement connue de la classe dirigeante', et le mercredi 22 décembre 1909, à la séance du matin au Conseil général, au cours d’une délibération relative à la prophylaxie de la lèpre, un des conseillers, M. R... s’exprimait ainsi: « J’estime que la colonie ne doit reculer devant aucune dépense quelle qu’elle soit pour enrayer les progrès de la lèpre. Dans vingt ans , la colonie entière sera contaminée . » Le président du Conseil général a pu dire, sans causer le moindre étonnement et sans que s’élève la moindre protestation : « Tous les jours, les lépreux se promènent en ville, ils sont plus de deux cents, le pain que nous mangeons est souvent fait par eux, notre linge est lavé par eux... » Ces faits plus qu’alarmants, révélés en pleine séance publique du Conseil général, ne sont suivis d’aucune mesure répressive, d’aucune sanction. «La lèpre n’atteint pas seulement la classe pauvre mais sévit aussi plus sévèrement même sur la classe aisée Or, ces lépreux riches sont loin d’être sédentaires, surtout au début de leur maladie, ou s’ils ne sont atteints, comme la chose est fréquente, que des formes nerveuses plus ou moins abortives, et par suite avouables, de la grande endémie Guyanaise, ils se rendent alors aux Antilles et aussi dans la mère-patrie ; ce dernier voyage entrepris le plus souvent dans le but très compréhensible, et en lui-même très légitime, de se faire soigner par nos princes de la science. Ceux-ci, hélas, n’ont pas plus de pouvoir que le plus modeste des praticiens sur la marche des lésions ; les sages conseils hygiéniques qu’ils ne manquent pas de donner ne seront jamais suivis. La plupart de ces con-

seils constituent, du reste, sans que ceux qui les prodiguent puissent s’en douter, la plus amère critique des mœurs du pays natal de leurs consultants et les malheureux ladres finalement rentreront à Guyenne : c’est ainsi que M. Guillon a pu retrouver les traces d’un lépreux Guyanais qui a séjourné dans plusieurs hôpitaux de Paris pour revenir ensuite mourir dans sa patrie. Ces faits sont dignes d’attirer l’attention de nos confrères de France. Le péril lépreux est un péril vraiment menaçant. »

Dans la Guyane anglaise il y a partout des cas disséminés, on en évalue le nombre à 900 environ sur 28000 habitants. Dans les léproseries il y a 3oo lépreux et 100 lépreuses.

La lèpre fut constatée également à la Côte d'ivoire dont les habitants communiquent souvent avec la colonie anglaise voisine, la Côte d’Or, où l’on a établi deux petites léproseries confiées aux sœurs. Au Dahomey on croyait qu’il n’y avait pas de lèpre ; mais le Dr Santon l’y a rencontrée dans la proportion de 5 pour 100 habitants ( La Léprose par l'abbé Santon). Au Congo français la lèpre est fréquente, « de même que YAïnhum (Morel, Spice), deux affections bien voisines l’une de l’autre, si elles ne constituent pas une même entité morbide. (Kermorgant). »

Madagascar. — La population de Madagascar aurait une origine complexe. Selon Alfred Grandidier, le fond de la population indigène n’est point d’origine africaine, comme on l’a toujours dit. Elle serait venue de l’Extrême-Orient. Des étrangers y ont émigré en nombre : Juifs, Arabes, Indiens, Javanais, Nègres, Africains et Européens ( Ethnographie de Madagascar, origine des Malgaches, Institut de France, 11 janvier i9°9)-

Il y a à Madagascar onze léproseries françaises abritant trois mille lépreux; ce qui ne veut pas dire que ce chiffre représente la totalité des lépreux de l’île (Kermorgant, Académie de Médecine , 21 janvier 1907).

Selon le Dr Sauton, il y aurait à Madagascar sept mille lépreux miséreux, couverts de baillons, mendiant. Ils succombent à la faim et au froid. Les riches sont soignés chez eux. En 1891, les jésuites ont créé une léproserie à Marana, il y a 5o lépreux; ceux qui peuvent travailler cultivent les champs. Malgré leurs mutilations des pieds et des mains, ils ont défriché i5 hectares de terre, ils touchent un petit salaire, outre

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les soins qui leur sont accordés. Une autre léproserie, fondée également par les Jésuites à Imérima, abrite i3o malades. Mais dans cette province, peuplée de 600000 habitants, on compte 6000 lépreux. La lèpre y existe depuis longtemps ; on 11e saurait préciser depuis quand. Sous la reine Ranavalo, une loi isolait les lépreux. Ceux qui n’informaient pas le gouvernement de leur présence étaient condamnés à une amende d’un bœuf et d’un dollar et, à défaut de payement, à la prison. Cependant cette loi était tombée en désuétude et les lépreux circulaient partout. Il y avait déjà quelques léproseries fondées par les missions ; mais c’est au général Galliéni que l’on doit l’organisation de plusieurs léproseries réclamées par le grand nombre de malades. Les enfants nés dans les léproseries sont immédiatement enlevés à leurs mères et élevés au biberon dans des nurseries. Chaque léproserie a son médecin. Ces léproseries françaises au nombre de six abritent près de trois mille lépreux. Mais il y a en outre une léproserie anglaise, une norvégienne, une autre dirigée par les Jésuites . Cette dernière est une colonie où les valides travaillent ; il y a 600 lépreux. Les pères Lazaristes en ont fondé aussi un tel établissement qui recueille plus de 3oo lépreux. Le nombre des lépreux est tellenfent grand que, vu l’insuffisance des asiles, on va en construire encore d’autres pour isoler ces malheureux et les soigner. On évalue le nombre total des lépreux à Madagascar à plus de 4200, sur une population totale de 1 700000; ce qui donne une proportion de trois lépreux pour mille habitants.

Dans la province de Tananarive, il existe deux léproseries abritant, à elles deux, 1 010 lits, insuffisantes pour recevoir tous les malades. Dans la province d’Itasy, la léproserie a reçu 3ir lépreux. Dans la province de Vakinankaratra, à la fin de l’année 1906, on comptait 809 lépreux internés ; il en resterait, paraît-il, 208 se cachant pour ne pas être privés de leur liberté. 72 décès et 37 naissances ont été enregistrés dans cet établissement. La léproserie d’Ambositra comptait, à la même époque, 79 malades internés. On estime à 1 200 le chiffre des lépreux de la province. La province de Fianarantsoa possède une léproserie située à Iléna, à 3 kilomètres de la ville. L’établissement pouvant abriter 44o malades constitue un village d’une propreté remarquable. Deux autres léproseries existent auprès de cette même ville : l’une dite

de la Mission de Londres, abrite une trentaine de malades ; la seconde, connue sous le nom de léproserie de la Mission catholique, est située à Marana et peut contenir 20 lépreux. De nouveaux bâtiments, en construction, permettront d’interner 200 malades à la fin de cette année. 343 lépreux ont été internés pendant l’année 1906 dans cette province; on y a compté 56 décès.

La province de Tamatave est dotée d’une léproserie située à la Pointe à Larrée, en face de Sainte-Marie. Cet établissement fonctionne depuis le 17 octobre 1905 ; au 3i décembre 1906, il abritait io3 malades dont un certain nombre, encore valides, s’occupe de cultures et d’industries indigènes. Sur un total de 290 malades internés au cours de l’année 1906, il se produisit 74 décès Dans la province d’Analalava, le nombre des lépreux s’élève à environ 80. Trois centres existent actuellement ; l’un se trouve dans le village d’Ambatosira, dans la presqu’île de Moromony ; le deuxième est situé dans la province de Baragou et le troisième est établi à Ranomafane. Ces villages ne sont pas surveillés. La province de Parafangana compte une moyenne journalière de 370 lépreux internés, parmi lesquels il s’est produit 32 décès ; 12 naissances ont été enregistrées. Les enfants ne présentant aucune trace de lèpre après le sevrage sont remis à la famille de leurs parents (. Annales d’hygiène et de médecine coloniales , 1908, n° 3).

Sous l’administration du général Galliéni, de nombreuses colonies agricoles lépreuses ont été fondées. Elles sont très bien organisées. Mais, dit le Dr Janselme, il est regrettable qu’on tolère les ménages lépreux, au lieu de séparer strictement les sexes et d’empêcher la procréation, il y aurait à Madagascar, sur une population d’un million et six cent mille habitants, plus de 8 000 lépreux officiellement reconnus.

Archipel des Comores. — Cet archipel se trouve sous le protectorat de la France depuis 1886. On croit que la lèpre y sévit dès la plus haute antiquité à cause des vieilles relations des habitants avec l’Arabie, la Perse, l’Inde et l’Afrique. Il y a une léproserie à Mayotte avec isolement ; on évalue le nombre des lépreux à 64 ; ils y vivent en famille dans des cases propres et cultivent le manioc. Une léproserie existe aussi à File Morelij sans isolement obligatoire. Les familles aisées gardent leurs lépreux ; tandis qu’à Anjouan les habitants

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