CONDITIONS DU CONCOURS DU PRIX Z A MB A CO PACHA
foyers lépreux ; mais il est aussi de notoriété publique que ces soldats et colons rentrant lépreux en France et vivant au milieu de la société et dans leurs familles n’ont jamais transmis la lèpre à qui que ce soit.
« J’ai donc pensé, en lisant le travail du Dr d’Hostalrich, que les membres de la société exerçant dans les colonies sont bien placés pour se livrer à de sérieuses études sur la contagiosité de la lèpre et éclairer, sinon définitivement décider la question.
« Peut-être la lèpre est-elle contagieuse dans certaines localités et non dans d’autres ?
« J’ai pensé que si la Société de Médecine et d'Hygiène tropicales mettait la question de la contagiosité au concours, des mémoires basés sur des observations scientifiques minutieuses et consciencieuses, prises sur les lieux mêmes, pourraient contribuer à élucider le problème si important au point de vue de la science et de la sociologie.
« Je mets donc deux mille francs à la disposition de la Société de Médecine et d! Hygiène tropicales, dont vous êtes, cher collègue, le secrétaire général, pour instituer un ou plusieurs prix à accorder aux mémoires qu’une commission, nommée par elle, jugera dignes d’une récompense.
« D’ailleurs, je laisse toute liberté à cette commission de régler les conditions du concours. Je pense que le mérite des travaux (basés toujours sur l’observation méticuleuse de faits) suffira, quelle que soit la conclusion (favorable ou non favorable à la contagiosité) pour avoir droit à une récompense, sans partialité, sans parti pris...
« Voilà une bien longue lettre. J’espère néanmoins que vous la lirez et la soumettrez à la société qui décidera, en toute liberté, si elle accepte ma proposition.
« Je pense qu’il faudrait accorder aux candidats un ou deux ans pour recueillir les faits qui doivent faire la base de leurs travaux : mais c’est à la société de décider.
« Veuillez me répondre, mon cher collègue et agréer l’expression de mes meilleurs sentiments.
« Zambaco. »
Conditions du concours du prix Zambaco Pacha. — La commission nommée à la suite de cette lettre a décidé que les conditions du concours seront les suivantes : Les prix Zam-
baco Pacha seront au nombre de trois : l’un de i ooo francs et deux de 5oo francs. Les travaux présentés devront comporter des recherches personnelles et « des observations scientifiques minutieuses et consciencieuses prises sur les lieux mêmes ». La commission des prix Zambaco Pacha a décidé en outre que les candidats auraient à traiter les questions suivantes :
I. La lèpre est-elle héréditaire? IL La lèpre est-elle contagieuse d’homme à homme? III. La lèpre est-elle transmissible aux animaux ?
Aux mémoires présentés devront être annexés, s’il y a lieu, les moyens de contrôle, tels que préparations microscopiques, photographies, etc. Les mémoires, écrits en français, devront être adressés, 18, rue de Grenelle, Paris, au secrétaire général de la Société de Médecine et d’Hygiène tropicales, avant le Ier avril 1912.
La commission, avant de se séparer, prie en outre le secrétaire général d’être à nouveau son interprète auprès du Dr Zambaco Pacha, pour lui transmettre les remerciements de la Société.
A la séance de décembre (même année) de la Société de Médecine et d’Hygiène tropicales, le Dr Hostalrich cita l’observation d’une femme de Sadec (Cochinchine), atteinte de lèpre nerveuse, qui, malade depuis dix ans, n’a pas contaminé son mari, avec lequel elle n’a cessé d’avoir des rapports, ni son fils qui vit avec elle. Ce fait, ajouta-t-il, vient à l’appui des observations qu’il a déjà citées et qui font penser que, dans certaines régions de l’Indo-Chine, la contagion de la lèpre est rare.
J’ajouterai que nous avons les mains pleines de tels exemples et même des cas de lèpre ouverte matrimoniale, sans que jamais l’autre conjoint fut contaminé.
Tahiti. — La lèpre est fréquente à Tahiti. Des enfants de 5 à 9 ans en sont déjà atteints en nombre. Les lépreux circulent partout librement ; il y aurait recrudescence depuis 20 ans. Certains conseillers généraux anticontagionnistes, à cause de la longue cohabitation entre conjoints lépreux et sains sans contamination, s’opposèrent à l’isolement. Cependant des Métis et des Européens en ayant été atteints, la colonie sollicite de prendre des mesures.
Iles Marquises. — En 1874 on créa une léproserie à Puamau ;