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LA LÈPRE DANS LA GRANDE-BRETAGNE

En Écosse et en Irlande, il n’y a pas eu de décès par la lèpre de 1897 à igo4 ; tandis qu’à Londres il y a eu quelques lépreux qui ont été perdus de vue ou bien qui sont morts. Il n’y en a pas eu dans la marine depuis 1897. Dans l’armée, on n’a noté au Ministère de la guerre que deux cas de lèpre, forme anesthésique, de 1896 à igo3, contractée aux Indes. Ces lépreux furent classés parmi les invalides. Le Dr H. Brown, de l’École tropicale, a observé trois cas depuis 1897 dont deux sont morts en 1900 et en 1902. L’un des malades était Norvégien et l’autre Danois.

Cependant nous sommes convaincu qu’il y a nombre de lépreux en Angleterre, à Londres même, ignorés, méconnus. En voici la preuve: lors du Congrès international de Dermatologie tenu à Londres, en 1886, le PrX... montrait un matin des malades diversement qualifiés, parmi lesquels nous avons constaté deux lépreux; nous l’avons dit, avec discrétion et à part, à cet honorable confrère qui n’était pas porté à admettre notre diagnostic. Nous avons prié alors les Drs Besnier, Kaposi et Ehlers, présents, d’examiner ces malades. Tous trois furent de notre avis. En outre, au musée d’un hôpital... nous avons trouvé, parmi les pièces d’anatomie pathologique et dans la collection des jolies aquarelles, des mains de lépreux trophonerveux typiques, et des tableaux de lèpre maculeuse incontestable, mais autrement étiquetés.

La lèpre est certes contagieuse, dit le Dr Pernet, si elle rencontre des conditions favorables; mais il ne nous dit en quoi consistent celles-ci. L’expérience nous enseigne que, à part le cas observé en Irlande (bien connu pour avoir fait beaucoup de bruit, bien que très douteux pour nous) et celui du Dr Mac-Mahon (?), la maladie ne se propage point. Cependant, la possibilité de la chose un jour à venir ne saurait être exclue, vu l’immigration ici d’individus provenant de la Roumanie et de la Russie, dit Pernet. On se demande pourquoi le Dr Pernet ne signale pas surtout les soldats et colons rapatriés après avoir contracté la lèpre aux Indes.

Erasmius Wilson ( Lancet , i856, p. 226), publia un travail sur l’origine endémique et l’hérédité de la lèpre. Il ne parle pas de son atavisme, de sa survivance en Europe qui, à cette époque, n’avait pas encore attiré l’attention des léprologues, mais qui n’est plus douteuse aujourd’hui. Cette lèpre autochtone, sans nouvelle importation, existe partout en Europe.

36a LA LÈPRE A TRAVERS LES SIÈCLES ET LES CONTRÉES

Nous en avons vu des spécimens à Londres, lors du Congrès international de Dermatologie qui y fut tenu en 1886. Nous Lavons dit plus haut. C’est parce que on n’avait jamais pensé à la survivance de la lèpre que l’on commettait des erreurs de diagnostic. Les individus n’ayant jamais quitté Londres et n’ayant jamais été en contact avec des lépreux, ne pouvaient pas être atteints de lèpre, disait-on, lors même que la maladie fût typique.

La lèpre aux Indes. — Nous avons vu que c’est aux Indes que l’on doit placer le berceau de la lèpre et que c’est des bords de l’Indus qu’elle s’est propagée par terre à toute l’Asie et l’Egypte d’abord, puis par les Phéniciens, les premiers navigateurs, dans l’univers entier. On a soutenu que, bien plus tard, l’armée d’Alexandre le Grand, infectée aux Indes, la comporta partout sur son passage, lors du retour du conquérant en Europe, en commençant par la Macédoine, sa patrie.

Toujours est-il que les Indes ont été de tout temps horriblement ravagées par ce fléau, et que de nos jours il y a plusieurs centaines de mille d’Indous qui en sont atteints.

Mille ans avant J.-C., le vénérable Hanvalare rédigea le Susrutas Ayurvédas, en sanscrit: un livre de médecine à la page 179 duquel il traite de la véritable pathologie de la lèpre. Ce livre fut traduit en latin par le Dr Henler Erlenger, en i844- H y a, selon l’auteur, sept espèces de grande lèpre, 11 de petites et 18 de lèpres simples. Il y a certes une confusion inextricable de toutes les maladies cutanées; mais on reconnaît, néanmoins, les symptômes de la vraie lèpre, tubéreuse, de la maculeuse, de la mutilante, par les lésions du nez, des oreilles, les défectuosités de la sensibilité, l’insensibilité, les exulcérations, l’infection putride, Lozène, aphonie, incurvation des mains, qui y figurent.

Hanvalare considère comme dûment lépreuse, la progéniture des lépreux et admet sa curabilité.

La lèpre proviendrait de l’assassinat de la femme d’un Brahme. Elle se transmet d’homme à homme, par le coït, le contact, la transpiration, la vie commune, les vêtements, le lit et même les sièges sur lesquels s’est préalablement assis un lépreux.

Le gouvernement anglais s’est toujours occupé de ses sujets indiens lépreux. Mais il est juste de lui reprocher de n’avoir jamais pris les mesures nécessaires commandées par l’état

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