‹ La lèpre à travers les siècles et les contréesChapitre 46 sur 124 · POSSESSIONS ANGLAISES, AMÉRICAINES. CANADA · texte numérisé non relu

POSSESSIONS ANGLAISES, AMÉRICAINES. CANADA

pris pour des syphilitiques sont souvent soumis au même traitement, ce qui aggrave leur état. Les Abyssins sont très sales; ils ne se lavent jamais. L’usage du savon leur est inconnu. Ils ne couvrent leur nudité que par une longue chemise. Les personnes de distinction se drapent dans une sorte de chlamyde : tout le monde va nu-pieds, même l’Empereur. Ce serait manquer de respect que de se présenter chaussé devant lui. Les étrangers seuls usent de chaussures. On se marie et se démarie à volonté; on pourrait mieux dire que l’accouplement est libre. Les jeunes filles peuvent vivre avec le mâle de leur choix. On se quitte sans obstacle. La cérémonie du mariage consiste en un festin amical. Lors de la dissociation, les enfants restent auprès de la mère tant qu’ils sont en bas âge, puis ils suivent le père. On comprend que dans un tel état social la syphilis et la lèpre fassent rage.

Possessions anglaises, américaines. Canada. — On sait que le Canada, qui fut à la France de i534 à 1763, depuis cette dernière date est placé sous le sceptre de l’Angleterre. Il y a une léproserie à Tracadie (New Branswick), où se trouvaient, en 1904 (G. Pernet) 17 pensionnaires, parmi lesquels 3 Scandinaves, 2 provenant de Barbados et un de Bermuda. Ils pénétrèrent au Canada, lorsque la maladie était encore chez eux en incubation ou à son début. Les onze restant sont d’origine locale. Il y a aussi 2 Chinois sur la côte Pacifique, sur une petite île près de Victoria, plus 3 cas débutants sur la côte Atlantique, isolés dans leurs maisons réciproques.

La lèpre est endémique dans le Dominion depuis plus d’un siècle. Il y a, en moyenne, deux cas par an. La maladie diminue plutôt qu’elle n’augmente. L’on doit remarquer qu’aucune mesure prophylactique, draconienne, édictée par la Conférence, n’a le droit de se glorifier de cette diminution. Car la quarantaine appliquée au Canada, concernant la lèpre, ne date que de 1908 et l’on ne repousse les voyageurs lépreux que depuis cette date.

Selon le Dr Smith, médecin du lazaret de Tracadie, la lèpre apparut à New-Brunswick en 1 8 1 5 . En 1 844 , une léproserie fut établie à l’île Sheldrake où l’on plaça 18 pensionnaires. En 1849, ceux-ci furent transportés dans l’asile construit à Tracadie. Le Dr Nicholson améliora l’asile et se livra à une sérieuse enquête en i865. Actuellement, ce sont les Sœurs de la Charité qui prennent soin des lépreux avec tendresse.

Il y eut quelques cas de lèpre au Cap Breton sur les descendants immédiats d’émigrants écossais des Hibrides, vers 1810. Les constatations bactériologiques aident actuellement à établir le diagnostic et à différencier la lèpre des autres maladies similaires. Ce qui, je m’empresse d’ajouter, conduit forcément à de faux diagnostics; car bien des lépreux ne présentent pas de bacilles, principalement dans les formes trophonerveuse, mutilante et maculeuse.

Il y a 26 lits dans la léproserie; mais un bien petit nombre en est occupé. Ceux qui sont en élat se livrent à divers travaux. Les lépreux ne sont admis ni aux hôpitaux généraux, ni aux prisons. Ils ne peuvent monter en chemin de fer. Et lorsqu’il y a lieu, on forme une 4e classe de wagons où 11e pénètrent pas les autres voyageurs. A la Colombie Britannique, il n’y a que deux lépreux chinois. A New-Foundland, la lèpre n’aurait jamais paru. A Bermada (West-Indies), selon le Dr Harvey, il y a eu des lépreux dans le temps, peut-être ; mais quelques-uns n’auraient été que des syphilitiques; ils sont morts ou bien ils sont partis. Actuellement il y a 3 personnes suspectes de lèpre(?)

Jamaïque. — Pendant plusieurs années la lèpre fut en diminution. Mais elle s’accrut dans ces cinq dernières années (?) on ne saurait dire le nombre des malades. Dans la léproserie de Spanish-Town entrèrent, en 1896-97, 4o lépreux; en 1897-98, 38; en 1899, 20; en 1900, 27 ; en 1901, 19, et en 1903, 9. La lèpre alla donc en diminuant, bien que seuls les malades miséreux soient obligés d’entrer dans l’asile. Un seul lépreux était purement blanc ; les autres étaient des coolies ou des noirs. La forme nerveuse prédomine. La forme tubéreuse y apparaîtrait à l’âge de 7 ans et la nerveuse à 10. Dix pour 100 de ces pensionnaires meurent par an. Ils succombent à la diarrhée chronique, à la phtisie, à la syphilis et à l’anémie pernicieuse. On évalua le nombre total des lépreux à la Jamaïque en 1904 à 3oo, sur une population de 750000 habitants; c’est-à-dire 4 pour 10000.

Leeward islands. — Antigua, Saint-Kitts, Nevis, Dominica, Montserrat, Anguilla, Virgin. Jusqu’à 1897, il n’y avait aucun règlement concernant les lépreux dans ces localités. Actuellement il y a 2 asiles : à Antigua et à Saint-Kitts. Dans celui d’ Antigua, on reçut 3i lépreux en 1897, 36 en 4o en I9°°i

37 en 1901, 4o en 1902, 3o en 1903. La population d’Antigua

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