LA LÈPRE A TRINIDAD
est de 35 ooo habitants; ce qui fait i lépreux sur i ooo. On accuse les 208 Portugais résidants d’avoir introduit la maladie.
Asile de Saint-Kitts. — Il y aurait à Saint-Kitts 4o lépreux. En 1897 il en entra à l’asile 63... en 1899, en T9o3, 72.
La population entière est de 42 ooo, ce qui fait un lépreux sur 600 habitants. En 1903 il y avait 52 lépreux anesthésiques et 20 tubéreux. Un lépreux succomba à 81 ans ; il était malade depuis l’âge de 20 ans. Malgré la séparation des sexes, 10 enfants sont nés dans l’asile, pendant les dernières i3 années. Tout lépreux qui attire l’attention est envoyé à la léproserie. Il n’y aurait à Dominica qu’un seul lépreux tubéreux noir; ce qui surprend le Dr Pernet, Dominica étant si voisine de West indian où les lépreux sont nombreux. A Montsarrat, la lèpre est rare. Le médecin officiel Heath n’en connaît que 6 cas. Aucun n’est isolé ; peut-être y en a-t-il d’ignorés. Anguilla : 4 lépreux anesthésiques, malades depuis 3o et 4o ans. En outre, il y a 6 suspects. Plusieurs individus de Pile sont affectés d’aïnhum; ils ont perdu plusieurs orteils d’un pied; mais ils 11e présentent pas d’autres signes de la lèpre (?) Ne sont-ils pas lépreux, on se le demande.
Barrados. — Sur une population de près de 200 ooo habitants, il y a environ 200 lépreux; il n’y en a que 116 dans la léproserie où ne sont obligés d’entrer que ceux qui n’ont pas les moyens de vivre. Une fois entrés, ils ne peuvent plus en sortir. On prétend que ce sont les esclaves nègres qui ont introduit la maladie dans l’île. Saint-Vincent. On ignore le nombre des lépreux. Il n’y a pas d’isolement obligatoire. Il n’y avait, en 1904, que 8 lépreux dans l’asile. Il en a près de 3o dans toute la colonie. Dominica. La lèpre y est rare. Des 10 lépreux qu’on connaissait, il y a quelques années, 3 sont morts. Il n’y a pas eu de nouveaux cas. Saint-Lucia. La maladie y a diminué depuis 3o ans. Il y a 22 ans, il y avait 20 lépreux; actuellement il n’y en a que 2 ou 3. Ils vivent chez eux; tous sont noirs. La maladie n’y paraît pas être bien contagieuse. Virgin- Islands. Il y a 4 lépreux sur une population de 5 ooo habitants. Ils mènent une existence retirée.
La lèpre à Trinidad. — En 1878, on a compté en Trinidad près de 1 ooo lépreux sur une population de 3oooo habitants. Selon Sauton, en 1900, sur une population de 254 ooo habitants, il y aurait 5oo lépreux. Or la maladie est en grande décroissance.
Le gouvernement anglais avait établi une léproserie à Cocorite en 1 845 . Il y a maintenant 280 lépreux soignés par les religieuses dominicaines. Le gouvernement pourvoit toujours aux dépenses.
Beaven Rake, médecin de la léproserie de la Trinidad, dans un important travail, communiqué au Congrès international de Dermatologie tenu à Vienne en 1891, arriva aux conclusions suivantes. La lèpre est probablement due au bacille, théoriquement il faut admettre Finoculation ; mais expérimentalement celle-ci est douteuse. Il a essayé sans succès, comme Zambaco et d’autres, d’inoculer la lèpre tubéreuse à des malades atteints de la forme anesthésique.
Le Dr B. Rake ajoute : La transmission d’homme à homme doit être extrêmement rare et dans des conditions exceptionnelles. La lèpre a constamment diminué dans beaucoup de pays, sans mesures spéciales ; tandis qu’ailleurs elle a augmenté en dépit de l’isolement. L’émigration des lépreux en pays indemnes n’a pas provoqué une extension appréciable de la maladie. Au point de vue pratique la lèpre ne demande pas de grandes précautions contre sa dissémination. La Trinidad sert de preuve quant au peu d’efficacité de l’isolement, continue le Dr B. Rake.
En i8i3, il y avait 73 lépreux ; en i8i5, 77 sur une population de 32 000 habitants ; en 1890, 4i4 cas dont 210 internés, la population était alors de 200000 habitants (The question of thé communicability of leprosy Med. -Rev., 1893, vol. 44, p. 7o5).
Le Dr Beaven Rake, medical superintendent, a eu l’amabilité de m’envoyer d’abord le rapport officiel qu’il avait présenté au gouverneur de Trinidad, en 1889, sur la léproserie de cette île dont la population était alors de i5 000 habitants seulement. L’asile fut essentiellement amélioré à cette époque par l’addition de plusieurs bâtisses. Il y avait 210 pensionnaires, soignés avec tout le confortable possible. On y établit même une école pour les enfants, avec bibliothèque où ceux qui ne savaient pas lire avaient au moins le plaisir de feuilleter les gravures des livres illustrés Les divers jeux même n’y manquaient pas, pour amuser les enfants et les femmes. L’établissement était clos de murs. Le Dr Beaven Rake fait l’éloge mérité de l’abnégation admirable des sœurs dominicaines dans les soins qu’elles prodiguent aux lépreux dont elles supportent, parfois, avec une patience vraiment angélique, les in-