JAMAÏQUE
tants,tant au point de vue diététique que par les particularités de leur rite. Il est probable que les diverses races en général présentent, en même temps que leurs particularités spéciales physiques et mentales, une aptitude ou une immunité à contracter certaines maladies. Il serait intéressant de savoir si la disproportion dans les victimes de la lèpre, ci-dessus relatée, relativement aux races attaquées par la lèpre, se rencontre aussi universellement dans les autres contrées où la maladie sévit. » (Nous avons répondu, par anticipation, à cette question dans le chapitre consacré aux Hébreux, Zam- ’baco.)
Le Dr A. Fiddes admet l’hérédité ou la consanguinité avec des lépreux ; ce serait une lèpre ancestrale. Mais d’autres circonstances coopèrent. Cette cause ne saurait être seule incriminée.
Selon le Dr A. Fiddes, la transmission héréditaire s’opère avec plus grande intensité à la seconde génération qu’à la première. 11 est commun de rencontrer les petits enfants lépreux, lorsque les enfants directs restent sains ; il y a même à certifier que la 2e et la 4e génération sont affectées à un plus haut degré que la ire et la 3e ; et que l’influence morbide delà transmission est plus grande du côté maternel que du côté du père. Toutes ces particularités sur la propagation de la lèpre paraissent obéir à une loi naturelle incomprise jusqu’à présent ; car on voit de même, et en dehors des conditions morbides, le corps étant en état de bonne santé qu’une personne ressemble à un ancêtre ascendant et non au géniteur direct. Dans tous les cas, il n’est pas douteux que la lèpre affecte la postérité dans la ligne directe et la collatérale, comme il a été mentionné ; et que cette maladie possède cette qualité de transmission à un degré bien plus grand que toute autre.
Fiddes ajoute : ainsi, parmi i45 lépreuxtubéreux de l’hôpital de Bergen, 127 se trouvaient dans ce cas ; sur 68 malades, 57 avaient un tel alignement. Cette hérédité ne doit pas être oubliée dans l’entreprise des améliorations sanitaires concernant l’extinction de la lèpre. « Quant à l’émasculation proposée pour mettre un frein à la lèpre, Fiddes ajoute comme la mère transmet bien plus fréquemment la maladie que le père, on doit se borner à une rigide chasteté, plutôt des deux sexes. » (Aujourd’hui, avec les rayons X on pourrait facilement détruire la sexualité dans les deux sexes sans péril pour la santé géné-
raie. Zambaco.) Peut-être poursuit Ficldes les Lévy prononçaient-ils la séparation, l’isolement des Hébreux lépreux, pas tant pour la contagion que pour prévenir la propagation de la maladie par la procréation. L’auteur n’a jamais vu un enfant naître lépreux.
« La théocratie hébreuse et ses contemporains admettent la contagion. Il est possible que cette notion ne fut pas sans fondement dans le temps; mais, quelle que fût cette opinion, il est certain qu’actuellement la lèpre n’a pas la propriété de se transmettre par le contact, qu’elle ne se propage pas par cette voie. Si cette manière de contaminer était possible, la communication devrait s’opérer par l’inoculation de la sécrétion des ulcères à la peau ou aux muqueuses. J’ai vu la chose occasionnée par accident ou bien intentionnellement et toujours les résultats furent négatifs. Le sévère isolement des lépreux de la société fut appliqué de tout temps et la manière dont ils sont jusqu’à présent évités portent les peuples à croire à la contagion. Mais cette opinion erronée ne doit être encouragée ; car il est injuste que ces malheureux malades soient ainsi privés de la sympathie et de l’assistance auxquelles ils ont droit. L’acte de séparer les lépreux de la société, sous certaines conditions, est un autre terrain d’étude sociologique.
Le Dr Fiddes a vu la néphrite albumineuse dans la lèpre et la mort par la toxicité des urines dans le coma, par l’urémie. Il a vu, dans la forme anesthésique, lorsqu’il y a survie, le malade arriver au terme ordinaire de la vie, sans trace persistante de la lèpre, si ce n’est les mutilations des extrémités et l’expression delà figure; c’est là un arrêt spontané de la maladie ; il a vu la maladie débuter par le tronc, les membres n’ayant été pris que bien plus tard ; il a vu le retour delà sensibilité, par des maladies intercurrentes. Il a remarqué que les premiers signes de la lèpre anesthésique sont les douleurs dans les membres, l’atrophie des extrémités, l’anesthésie et les bulles de pemphigus des membres, dans ce même ordre d’apparition.
La population de la Jamaïque augmenta rapidement. De 3oooo qu’elle était en i85y, elle fut de 44 1 ooo en 1861, et de 6oo ooo en 1872.
En 1861, le Dr Bowerbank présenta au gouvernement un rapport sur les lépreux de cette île. Il y consigna 778 lépreux pour cette année. En 1898 la population remontait à