LA LÈPRE AU CAP
720000, mais il paraît qu’elle va en diminuant actuellement, à cause du canal de Panama qui attire les habitants de l’île.
Le Dr Neish, directeur de la léproserie de Spanish Town , présenta au gouvernorat un rapport, en 1899, dans lequel il soutint que les lépreux ne sont pas aussi nombreux qu’on l’a prétendu en confondant d’autres malades avec eux. Selon ce médecin la lèpre décroît rapidement à la Jamaïque. Ainsi en 1892, sur une population de 65o mille âmes, il y avait 4o lépreux, et en 1898, sur une population de 720000, seulement 33.
La lèpre au Cap. — Dans cette colonie anglaise, située au Sud de l’Afrique, dans laquelle se rangent les Boschimans, les Bassoutes, les Cafres et le Natal (colonie anglaise du S.-E. de l’Afrique australe) peuplé de Boers hollandais, de colons anglais et allemands, et de Cafres Zoulous, la population serait de près de 5ooooo habitants; la lèpre y fait des ravages, selon le Dr lmpey.
Une commission fut constituée par le gouvernement pour étudier la lèpre dans cette colonie. D’après le recensement de 1891, le nombre des lépreux était au Cap de 625 dont 532 nés dans la colonie, et 5i Européens. Parmi ces derniers, 4 n’étaient pas originaires du Cap et ne furent atteints de la lèpre qu’après leur arrivée dans le Sud de l’Afrique. En janvier 1896, il eut 1 177 lépreux, selon Eichmuller. D’autres évaluent leur nombre à 8000 ! Ce sont les Hollandais qui payent le plus large tribut; viennent ensuite les races mixtes; puis les Malais, les Cafres et enfin les Européens. On doit noter que dans les pays d’origine de tous ces peuples, les derniers exceptés, la lèpre règne avec grande fréquence. La commission admit la contagion et nia l’hérédité (qui ne saurait être invoquée que d’une manière exceptionnelle); elle se prononça pour l’isolement, la déclaration obligatoire par les propriétaires des maisons, les locataires et les médecins (Semaine Médicale , 1895, p. 324).
Le journal anglais The Lancet publia, le 25 septembre 1897 (p. 789), un fort intéressant article du Dr lmpey, ex-superintendant médical delà colonie du Cap, sur la non -contagiosité de la lèpre anesthésique de Danielssen, dite tropho-nerveuse ou bien systématisée nerveuse. Ce serait déjà beaucoup que de supprimer de la liste générale des lépreux, considérés comme excessivement contagieux et persécutés comme tels, le grand nombre des tropho-nerveux qui constituent dans bien des contrées la majorité des lépreux.
4i6 LA LÈPRE A TRAVERS LES SIÈCLES ET LES CONTRÉES
Quoiqu’il en soit, voici un extrait succinct de ce travail.
L’auteur admet que la lèpre est la conséquence de l’envahissement de l’organisme par le bacille de Hansen exclusif à l’homme. Après avoir blâmé la manière dont est pratiquée la séquestration aujourd’hui, il soutient que l’on ne doit isoler comme dangereux pour le public, que les lépreux tubéreux et les mixtes ; tandis que les anesthésiques sont inoffensifs et ne doivent pas être enfermés dans les léproseries. Les bacilles ne se trouvant chez ces derniers que dans le système nerveux, exclusivement, ne peuvent pas transmettre la lèpre. Et encore ne rencontre-t-on ces bacilles que dans certains nerfs et même dans une partie restreinte de leur parcours. Il nie, avec Unna, la présence des bacilles dans les macules et dans les placards érythémateux, passagers de la lèpre, même dans les plaques anesthésiques; les bacilles sont confinés aux nerfs. De plus, le temps de l’existence de ces bacilles, chez les lépreux anesthésiques, est très limité. Car ils disparaissent et ne se retrouvent, plus tard, pas même dans les nerfs où ils ont déterminé des nodosités. La modification occasionnée, même d’une manière passagère dans les nerfs expliquerait les lésions trophiques des lépreux anesthésiques: telles que résorption des os, atrophies musculaires, etc. Lors même qu’il y a ulcérations, les bacilles ne sauraient s’échapper dehors; car leur présence est éphémère et ils sont remplacés bientôt par un amas de granules composés de micro-organismes déposés dans une gaine fibreuse. Les ulcérations de la peau ne contiennent pas de bacilles. Elles sont la conséquence des troubles trophiques des troncs nerveux éloignés qui renfermaient les bacilles d’une manière temporaire. L’auteur en conclut que le lépreux anesthésique n’est pas contagieux ; il ne peut transmettre sa lèpre. Or, il est inutile de l’isoler, de le séquestrer. En outre la lèpre nerveuse guérit spontanément. Les bacilles ont eu une durée très courte au début de la maladie. Ils ont fait leur cycle et disparurent, il est difficile, pourtant, de fixer la date de cette disparition. Le Dr Impey l’évalue à 4 ans environ après le début de la lèpre ; il est donc injuste d’isoler les malades après cette date, car ils ont cessé d’être dangereux. S’il y a parfois de nouvelles poussées de la lèpre c’est qu'il y a eu réinfection. Car les bacilles ne peuvent pas s’endormir pendant quelques années, puis se réveiller. Il croit que dans les pays chauds le nombre des lépreux ânes-