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LA LÈPRE A QUITO

thésiques est double par rapport aux lépreux atteints des -autres variétés de la maladie. Il est d’avis de n’isoler que les lépreux à nodules (lépromes), dans la colonie du Cap où il a fait ces études personnelles.

Le meme auteur a fait paraître dans The Lancet du 2 octobre 1897, un autre article sur l’île Molokaï des Sandwich, la cinquième comme dimensions, où l’on isole les lépreux de Hawaï. Ils y sont libres sur une série de collines limitées par des montagnes infranchissables et d’un autre côté par l’océan ; il n’y a qu’un seul passage très bien gardé. Les personnes qui les visitent ne doivent pas en emporter des provisions ou bien il leur est défendu de sortir de la léproserie. Le gouvernement dépense 10000 dollars par mois pour l’entretien de cette léproserie. Ceux qui sont seulement suspects de lèpre sont tenus à part jusqu’à ce qu’il devienne certain qu’ils sont lépreux. Les enfants des lépreux ne peuvent sortir de Molokaï qu’après un certain âge, s’ils restent indemnes et sur l’avis de l’administration. Ces enfants sont élevés aux frais de l’Etat qui espère que grâce à toutes ces précautions la lèpre disparaîtra des îles Hawaï.

La population de Hawaï est une fusion de peuplades arabes, aryennes et dravidiennes, chez lesquelles la lèpre a toujours existé (Varigny, Congrès international des traditions populaires, Paris, août 1889). Les communications de l’île Hawaï avec l’île de Java ont toujours été très fréquentes et la lèpre a toujours régné dans les deux îles.

La lèpre à Quito. — Quito est la capitale de la République de l’Equateur. Sa population est de 80000 habitants. Il y a une université.

En i85i, Bourcier, consul de la République Française (c’était avant le coup d’état du 2 décembre par lequel Bonaparte, le prince Louis, président de la République trahit ses serments et se fit proclamer empereur) à Quito, pénétra dans le lazaret où se trouvaient séquestrés, sans secours médical, sans le moindre soin les malheureux lépreux. Il y rencontra un médecin du pays, le DrEcheverria renfermé comme atteint de lèpre. Il adressa à Y Académie nationale de médecine un travail fait en commun avec notre malheureux confrère, sur lequel le Dr Gibert, médecin de Saint-Louis, fit un rapport remarquable.

Il y avait dans cette léproserie soixante-six individus dont Zambaco. Anthologie. 27

6o portant les caractères de la lèpre. Leur description est en parfaite harmonie avec celle donnée par le médecin hollandais Schilling, et les auteurs plus anciens, dit Gibert. La plupart de ces lépreux avaient la forme léonine avec ulcères, mutilations, etc.

Le Dr Echeverria décrit une autre forme, la lèpre écailleuse, plus rare, ce serait: « L’Aphos des Grecs , la lèpre des Hébreux, signalée dans le Lévitique; Léléphantiasis anesthésique des médecins norvégiens Danielssen et Boek et des médecins anglais caractérisée par la perte progressive de la sensibilité s’y trouvait aussi. Il y avait également une autre variété. La lèpre crustacée (?) caractérisée par des taches livides d’un violet-bleuâtre (mêlas des Grecs), qui s’ulcèrent et se recouvrent de croûtes. Cette variété existe aussi en Orient.

A Quito, la marche fatate vers la mort s’observe bien plus rapide dans la forme tuberculeuse. Le Dr Gibert fait observer, en passant, qu’il est extraordinaire de voir que cette maladie (la lèpre), si essentiellement liée aux conditions climatériques, soit presque inconnue dans les contrées centrales de l’Europe, tandis qu’elle se montre avec des phénomènes graves sous des latitudes aussi opposées que celles de la Norvège, les cotes d’Afrique et l’Equateur.

Déjà le Dr Gibert avait fait un précédent savant rapport à l’Académie sur la lèpre, le 3 octobre i848. Il ajoutait « on sait que dans les colonies la lèpre est considérée comme contagieuse et que, ainsi qu’au temps des croisades, les lépreux sont séquestrés. Cependant le célèbre Alibert s’efforça de lutter contre cette opinion si invétérée. Nos observations personnelles tendent aussi à repousser toute idée de contagion. Mais de ce que dans nos climats tempérés et dans le petit nombre de cas isolés que nous avons pu observer à Paris le mal n’a présenté aucun caractère contagieux, s’en suit-il que dans les conditions climatériques favorables et, par suite d’une fréquentation intime prolongée, on n’aura jamais rien à redouter de la transmission du mal 1 Je n oserais T affirmer . »

Le Dr Echeverria est anticontagionniste. Il appuie son opinion sur plusieurs faits que nous relatons ici brièvement. F. Parminio, âgée de 5o ans, a vécu i4 ans dans le lazaret, au milieu de 65 lépreux et dans le foyer de la corruption. Elle se conserve parfaitement saine. Manuela Suarez, veuve de deux maris lépreux, avec lesquels elle a vécu dans la plus étroite

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