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LA LÈPRE EN SC ANDIN A VIE

rougeâtre ; il devient extrêmement gras. Les pustules ne paraissent point à l’extérieur, mais on les sent lorsqu’on les touche..... on a trouvé dans quelques pustules une matière purulente et dans une autre qui était très grosse, une substance dure qui craquait sous le couteau » (Ant. Martin. Traduction par de Kesalio). Nous avons inséré ce travail fantasque de l’Académie des Sciences de Stockholm de l’année 1772, pour prouver dans quel état se trouvaient les connaissances sur la lèpre avant l’apparition des ouvrages de Boeck et Danielssen qui ont éclairé si lumineusement toutes les questions se rapportant à cette maladie qu’ils ont étudiée vraiment les premiers, avec un sens et une sagacité cliniques hors pair.

Selon le Dr Ehlers la lèpre a dû se montrer d’abord à Bergen, l’ancienne capitale, à la suite des croisades. Les départements Bergenhus Nordet, Bergenhus sud ont été les parties les plus éprouvées. Mais la lèpre a dû sévir bien avant les croisades.

J’ai eu l’honneur de faire la connaissance à Bergen — lorsque je m’y suis rendu avec mon regretté camarade et ami le Dr Constantin Paul en i884 — de l’illustre léprologue Danielssen.

Ce savant et aimable confrère nous a montré avec la meilleure grâce son service à l’hôpital et, dans des conversations scientifiques bien longues, dans ses salles et dans son cabinet, nous avons pu constater ses vastes connaissances cliniques sur la léprose, à l’étude de laquelle il avait consacré toute sa vie. C’étaient de véritables conférences au lit des malades, avec démonstration ; ce dont nous avons tiré grand profit. Ces entretiens scientifiques, dont nous prenions note à mesure, se sont répétés chaque matin pendant plus d’une semaine. C’était en quelque sorte, un complément des publications antérieures de notre éminent confrère qui avait cessé d’écrire sur la lèpre depuis plus de 25 ans. Et pourtant, il avait continué d’étudier cliniquement la maladie sur un vaste champ d’observation. Car sa division nosocomiale abondait en précieux matériaux. Nous y avons vu tant de lépreux atrocement éprouvés, tant de variétés dans les manifestations nombreuses, dans toutes les formes de la lèpre dont le Dr Constantin Paul faisait même les croquis, que nous avons acquis des documents précieux pris sur nature et savamment interprétés par

l’illustre léprologue qui nous éclairait avec empressement et sans se fatiguer, de toute la lumière de son immense expérience.

Nous pouvons résumer en quelques lignes toutes ces conversations ou plutôt toutes ces conférences cliniques faites avec la plus grande lucidité. Le D1' Danielssen demeura de plus en plus anticontagionniste et grand partisan de l’hérédité. Ses études cliniques, poursuivies avec patience et un vrai sens d’émérite observateur, l’ont de plus en plus raffermi dans ses idées exprimées dans les remarquables travaux publiés par lui.

En 1891 je lui demandai, par lettre, ce qu’il pensait de l’ancienneté de la lèpre en Norvège et de son origine, de son introduction dans cette contrée. Je lui écrivais en français qu’il connaissait et qu’il parlait très bien ; mais n’ayant pas la facilité de l’écrire, il me répondait en anglais. J’en fais les extraits suivants : La lèpre était connue en Norvège bien avant les croisades. A En 1100, la lèpre était mentionnée dans les livres de loi. B En 1170, un hôpital spécial fut établi à Trondhjem. Très probablement bien avant cette époque elle était très commune dans ce pays ; mais on ne saurait rien préciser à cet égard, Dans le vieux langage norvégien, on la désignait sous le nom de Lekpra , mot qui est en connexion avec le vieux mot anglais Lêcprôwese. Il est probable que la maladie ait été introduite en Norvège par les Anglais. Les communications entre les deux pays étaient bien anciennes. On en a les preuves de leur existence dès l’année 800 avant le Christ. La localité par où cette introduction aurait eu lieu paraît être Orknô ou l’île Sheltands, où semble-t-il, la maladie débuta.

Quant à l’immigration en Norvège des Phéniciens, des Juifs ou des Sarrasins, nous n’en savons rien. Cependant, ils peuvent avoir exercé quelque influence, puisqu’ils avaient immigré dans des contrées qui étaient en relations avec la Norvège.

Au ixe siècle, les Yikings ont visité l’Espagne ; il en fut de même des Maures ; et il y eut des prisonniers du Nord de l’Afrique transportés en Irlande, vers 860. Néanmoins il n’est pas dit qu’il y eut des lépreux parmi ces prisonniers. C’est là tout ce que je puis vous dire sur la question.

V émigration norvégienne. Pendant le xixe siècle, plus de 5ooooo Norvégiens se sont expatriés. En 1910, d’après le

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