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LA LÈPRE AU MEXIQUE

cluisant de grands durillons de 4 et 5 centimètres. Ces durillons suppurent à la suite d’une vésicule, forment des cratères, arrivent jusqu’à l’os et aboutissent à la carie ou à la nécrose. Ils se cicatrisent lentement après l’expulsion de l’os. Poncet a constaté souvent l’anidrose, c’est-à-dire la suppression de la sueur, ainsi que la rugosité de l’épiderme et sa mue farineuse aux membres, tandis que le tronc suait abondamment. Les placards pytiriasiques parfois énormes envahissant les membres et le tronc étaient rarement entourés d’une zone rouee

d’un ou de deux centimètres ; ils précèdent souvent l’anesthésie. Serait-ce là un spécimen, de la variété blanche de la lèpre ? La sensibilité se conservait parfois sur les placards du tronc. Mais l’anesthésie envahit les membres d’une manière centripète et progressive. Parfois l’épingle enfoncée profondément produit une douleur dans les parties sous-cutanées, surtout dans les muscles. Enfin Poncet parle du masque des antoninos, qui correspond au faciès des lépreux tropho-nerveux, des lésions des yeux par lagophtalmie, des griffes des mains par rétraction des tendons. Parfois la résorption des éléments calcaires des os rend ceux-ci mous et flexibles de manière qu’en les étendant dans le sens de l’extension ils touchent le dos de la main. Parfois c’est la phalange moyenne seule qui subit cette altér ation. Les ongles persistent déformés, après l’élimination des phalanges.

Poncet fil aussi quelques communications à l’Académie de médecine dont une sur les lésions oculaires de la lèpre tuberculeuse, le 10 janvier 1888. Il parle des yeux de lépreux énuclés et des aquarelles que Zambaco lui avait fait parvenir. Une commission composée de Cornil, Besnier et Panas rapporteur, fut nommée pour faire un rapport sur ce mémoire intéressant.

Passant au siège du microbe, il admet les parasites hors des cellules et dans les cellules. Les cellules de Virchow en contiennent des quantités énormes. Présentant les aquarelles prises sur des yeux de lépreux de Constantinople, il signale parmi les lésions extérieures, les tubercules palpébraux et conjonctivaux, la transformation de la cornée qui passe par toutes les phases de régression fibreuse, après chémosis et ulcérations ; il y a anesthésie superficielle de l’œil ; tandis que parfois les lépreux éprouvent des douleurs profondes dans les globes oculaires, comme d’ailleurs il y a des douleurs profondes dans les membres anesthésiques. Le point de dé-

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part de ces douleurs oculaires sont les nerfs ciliaires qui restent longtemps intacts. Dans les paupières, le bacille détruit les poils et les glandes; il attaque même les faisceaux musculaires ; le cartilage tarse est respecté. L’envahissement de la muqueuse est complet. Les glandes à acini ne sont pas envahies par les bacilles qui, cependant, occupent la gangue de l'organe et le muscle orbiculaire. La cornée est envahie par d’abondantes colonies de microbes ; c’est une kératite parasitaire.-Cette alïluence de microbes peut former un abcès. Les parasites pénétrent dans le fond de l’œil par la zone du cercle périeornéen dans l’angle irien, tandis que la sclérotique reste saine. L’iris est aussi envahi par les colonies qui gagnent les procès ciliaires ; celles-ci deviennent de plus en plus rares vers la choroïde et le nerf optique. Poncet a vu des microbes dans le canal de Petit, à l’équateur du cristallin ; mais jamais dans celui-ci, pas plus que dans le corps vitré. Ainsi les lésions marchent de l’extérieur vers la profondeur, de la cornée à l’iris, de celui-ci aux procès, de ceux-ci à la choroïde, le globe restant sain. Or les bacilles se cantonnent dans le tissu conjonctif, les cellules et les urnes lymphatiques, après avoir traversé l’épithélium cutané. Ils respectent les éléments glandulaires.

A ce propos, les recherches des Prs Panas et de Lapersonne sont à signaler, ainsi que celles de Trantas oculiste distingué de Constantinople. En outre, Panas fit à l’Académie le 6 décembre 1887, une communication sur lès manifestations oculaires de la lèpre observées par lui-même. Dans la lèpre anesthésique, la lagophthalmie paralytique et le xérosis de la cornée dominant, il y a parfois de graves lésions de l’iris; enfin, catarrhe inflammatoire et phtisie du globe. Dans la lèpre tuberculeuse, la cornée et la conjonctive sont surtout prises, des lépromes se développent sur le limbe scléro-cornéen, avec participation de l’iris. La tarsoraphie contre le lagophthahnos et le xérosis, et la kératomie à la limite du léprome rendent des services.

La lèpre en Colombie. — La lèpre fut observée, ainsi que la syphilis, en Colombie dès la conquête, dit-on ; mais certes elle existait bien avant. On accuse le conquérant de cette contrée, Don Jimenez de Quesala d’être mort de ces deux maladies en 1570. C’est surtout le Dr Castillan de Colombie, qui calomnie les Espagnols d’avoir importé la lèpre dans le

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nouveau monde, après sa découverte. Mais selon l’historien Plara, le sacerdoce Diégo de Santibaner Brachero avait déjà cette maladie en i546. Quoi qu’il en soit, actuellement la lèpre atteindrait la population de la Colombie, de trois millions et demi environ d’habitants, dans la proportion de 3 pour 100. Il y aurait en tout 18000 lépreux, selon le Dr Miguel Rueda qui soutint à Paris, en i8g3, sa thèse inaugurale sur la lèpre nerveuse en Colombie dont il est originaire. Nous allons lui emprunter ce qu’il y a de plus spécial dans l’évolution de la lèpre en Colombie. L’apparition de macules ou taches, n’est pas constante, contrairement à ce que Hansen observa en Norvège. J’ajouterai qu’en Orient non plus ces taches, annonçant le début de la lèpre tropho-nerveuse, ne sont pas toujours visibles. Le Dr Rueda vit parfois les mutilations des doigts précéder toute éruption. Il rencontra souvent les taches aehromiques sur les lépreux débutants des Marquises. Ajoutons en passant que Charcot tenait absolument à la présence de macules pour différencier sa syringomyélie de la lèpre qui les présenterait constamment ; tandis que d’autre part Brühl prétend les avoir observées chez quelques syringomyéliques. Il est évident que tons les deux éminents confrères ont pris la lèpre pour la syringomyélie.

Le Dr Rueda a passé sa thèse un an environ après notre communication à l’Académie où nous battions en brèche le mal de Morvan et la syringomyélie. Aussi s’occupe-t-il de ces nouvelles maladies. Nous transcrivons ce qu’il a observé à cet égard. Charcot basait son diagnostic sur l’absence de macules et sur la dissociation delà sensibilité sans laquelle, disait-il, la clinique de la syringomyélie serait en désarroi. Je ferai remarquer que de fait cette dissociation existant dans la lèpre tropho-nerveuse, l’entité morbide créée par lui se trouva en désarroi. Le Dr Rueda observa comme nous, que dans quelques cas de syringomyélie selon la conception de la Salpêtrière, il y avait des plaques de perte absolue de la sensibilité sans dissociation. D’ailleurs le sujet de la première autopsie faite par Jeoffroy, pendant si longtemps retenu et observé dans le service de Charcot à la Salpétrière, — soi-disant syringomyélique, — présentait une anesthésie complète, dans tous les modes de la sensibilité (tactile, thermique, algique); il en fut de même chez le malade de Monodet Reboul, Hayem et Charcot que nous avons démontré être un vulgaire lépreux,

Zambaco. Anthologie.

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devant une commission composée des plus éminents dermatologues de l’hôpital Saint-Louis réunis en consultation au musée de cet hôpital, savoir Hardy, Fournier, Besnier, Vidal, Lallier, Quinquaud, Tennesson, c’était le fameux Marès. Les soit dit syringomyéliques de Rothy, Arnauld, Mawedel étaient dans le même cas; leur insensibilité était complète ; or tous ces malades étaient lépreux. Mais il y a plus ; chez des lépreux incontestables, on rencontre parfois la dissociation de la sensibilité. Nous l’avons constatée maintes fois. Les lépreux de Thibierge, de Mestang, de Rosembach présentaient également cette dissociation, ainsi que quelques lépreux du Dr Rueda. Mais il y a une autre particularité que nous devons signaler. Dans la lèpre dite systématisée nerveuse, l’anesthésique de Danielssen, la griffe spéciale et même les mutilations des doigts peuvent précéder l’apparition de l’anesthésie. Poncet de Cluny et Rueda ont rencontré également les mêmes anomalies. Or où est la différenciation de la syringornyélie de Charcot — une variété de sa maladie de Morvan — d’avec la lèpre ? Les troubles trophiques sont aussi identiques : atrophie des muscles de la main, pemphigus, glossy-skin (état lisse de la peau), panaris analgésiques, arthropathies. Nous avons même rencontré la scoliose chez quelques-uns de nos lépreux, ainsi que la résorption spontanée des phalanges.

Déjà en 1876, le Dr Evaristo Garcia de la Colombie avait montré de telles altérations osseuses, provenant de lépreux dits Antonins de la Colombie, à la Société anatomique de Paris. Selon lesDrsE. Garcia, Rueda et Camacho, cette résorption des phalanges et la déformation consécutive des doigts sans élimination d’os, est bien plus commune à Colombie, que nous ne l’avons vu en Orient. Conclusion : la syringornyélie de la Salpêtrière est tirée sur le même cliché que la lèpre nerveuse de Danielssen. Nous nous sommes peut-être trop étendu sur cette identité de la lèpre nerveuse avec la syringomyélie, entité morbide nouvelle de la Salpêtrière. Mais nous avons reproduit la symptomatologie de la lèpre antonine de la Colombie, observée par les léprologues de cette contrée, et qui concorde absolument avec celle de nos lépreux.

Hansen de Bergen a tort de prétendre que le décharnement, la maigreur squelettique des mains sont constants dans la lèpre nerveuse et que c’est là un signe distinctif de la maladie de Morvan et de la lèpre. C’est par cet argument qu’il a essayé

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de combattre identification que j’avais établie en 1892, dans la Semaine médicale . Or il y a d’abord à distinguer : la maladie de Morvan, maladie nouvelle de Charcot, fut partagée en deux par cet illustre maître : La syringomyélie de la Salpêtrière, qui correspond à la lèpre anesthésique de Danielssen absolument avec atrophie de la musculature des mains etc. ; et le mal de Morvan qui n’est que la lèpre mutilante. Or dans la lèpre mutilante, de même que dans la maladie de Morvan, caractérisée par les panaris analgésiques et la chute des doigts, les mains sont toujours succulentes, potelées. Nous en avons vu des exemples même dans le service de feu Danielssen, à Bergen et nos lépreux nous en ont souvent fourni. Nous sommes même porté à attribuer cet état grasselet des mains mutilées à une augmentation du tissu cellulaire graisseux. Cela est en opposition avec les mains squelettiques des lépreux tropho-nerveux, pris pour des syringomyéliques à la Salpêtrière. Le Dr Hallopeau a présenté à la Société de Dermatologie de Paris, un lépreux anesthésique sans atrophie musculaire et nous donna raison.

Enfin Rueda s’accorde avec les contradicteurs de nos idées pour réclamer la constatation du bacille de Hansen pour trancher la question. Je leur demande excuse. Mais ils semblent ignorer que, même dans les cas incontestables de lèpre, le bacille est souventintrouvable, principalement au début de la maladie, lorsque le léprologue clinicien pose déjà son 1 diagnostic inébranlable. Le plus souvent, même à un degré avancé de la lèpre, dans les formes mutilante et tropho-nerveuse, on ne trouve pas le bacille. Nos antagonistes ont fini par admettre cette vérité; et je répéterai que même à l’hôpital annexé à l’Institut Pasteur, le médecin en chef, le Dr Martin, diagnostique la lèpre cliniquement, lorsque les recherches biopsiques sont négatives. Après cela aucune objection ne saurait rester debout.

Un phénomène signalé par le Dr Gamacho de Colombie et Rueda, et que nous n’avons jamais rencontré dans nos climats, est le suivant : La lèpre nerveuse débute parfois en Colombie par de larges placards épidermiques parcheminés qui se détachent et se renouvellent. J’ai vu seulement, sur des taches d’érythèmes, rouges, roses ou pigmentées, l’épiderme s’éliminer en lambeaux, mais jamais sur placards parcheminés et comme manifestation unique débutante. Ce qui prouve que

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parfois les allures de la lèpre varient selon les contrées. Ces auteurs signalent aussi la persistance de la sensibilité chez des lépreux qui avaient perdu spontanément les doigts, les orteils et la totalité du métatarse, comme par amputation de Chopart. Il est à signaler aussi que les léprologues colombiens ont remarqué comme nous, que les changements brusques de température favorisent le développement de la lèpre dans les localités où elle est endémique, lorsqu’il y a prédisposition, et à plus forte raison hérédité. Ils ont vu aussi dans les familles lépreuses un parent atteint de la forme antonine engendrer des enfants lépreux tubéreux. Le Dr Rueda compare aussi la lèpre à l’atrophie musculaire Aran-Duchêne et à la syringomyélie des auteurs.

Selon Virchow, la lèpre a existé en Colombie avant la conquête espagnole, en un mot elle fut précolombienne. Montaya y Florez (La lèpre en Colombie, Medellin, 1910) au contraire la considère comme une importation d’Espagne, et il s’appuie sur ce que les poteries funéraires des populations autochtones ne représentent rien qui traduise des lésions lé preuses. Les deux mondes, l’ancien et le nouveau, dit-il, ont fait entre eux un curieux échange de maladies : l’Espagne a donné à l’Amérique la lèpre et l’Amérique lui a donné la syphilis. Nous sommes de l’avis de Virchow, la syphilis n’est pas plus d’importation américaine en Europe que la lèpre ne fut introduite en Amérique par les Européens ou bien les esclaves africains.

Dans le chapitre intitulé La lèpre dans l'art, de cet ouvrage, on trouve une longue discussion à cet égard et la démonstration de notre opinion. La céramique précolombienne avec ses mutilations appartenant tantôt à la syphilose, tantôt à la léprose, dépose contre l’opinion de Montaya y Florez.

Il est possible et même probable que les esclaves noirs importés du Congo soient venus renforcer la virulence des premiers foyers autochtones. Mais ce commerce ne commença qu’à la fin du xvie siècle et la lèpre existait en Amérique bien avant cette date. On prétend que plus d’un million d’esclaves noirs fut déversé dans l’Amérique méridionale ; cela ne fut certes pas impunément. Car la lèpre ravageait l’Afrique dès la plus haute antiquité ; et qui sait combien parmi ces noirs étaient atteints de lèpre en débarquant au nouveau monde. Toujours est-il que la lèpre prit une telle extension dans le

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nouveau royaume de Grenade qu’une léproserie a dû être fondée à Carthagène des Indes, sous la rubrique d’hôpital Saint-Lazare par ordre du roi Philippe IV, au xive siècle. Ce fut un asile lamentable qu’améliora, en i6i5, un jésuite, le père Claver qui catéchisait les pauvres lépreux, en même temps qu’il leur prodiguait les soins les plus dévoués, jusqu’à sa mort qui eut lieu en 1 654. Malgré ce long séjour et la vie intime avec les lépreux, Claver ne fut pas contagionné. Léon XIII le canonisa en 1888; ce qu’il mérita beaucoup plus que bien des égoïstes qui ont passé toute leur vie à prier pour leur salut personnel, sans le moindre profit pour l’humanité.

En 1772 on évaluait à 5oo le nombre des lépreux à Carthagène. La plupart vivaient en liberté pêle-mêle avec la population. A cette date le curé de Notre-Dame de Bonsecours fit vider les bénitiers de l’église, de crainte que la lèpre ne fût communiquée par les mains des lépreux. On croyait à cette époque que la maladie pouvait se transmettre même par l’air. La maladie augmentant, onfonda plusieurs léproseries, lorsque le nouveau royaume de Grenade devint la République de Colombie. Un arrêté de 1826 institua des droits de douanes au profit exclusif des lazarets.

Selon Montaya y Florez il y avait en 1811, 4 3oo lépreux pour une population de 45ooooo habitants = 1 pour 1000; ces lépreux sont inégalement répartis. Il y a des départements qui n’ont qu’un ou deux lépreux pour 1 000 habitants et d’autres un seul pour 10000. Les plus atteints sont les agriculteurs, les domestiques, les blanchisseuses et les sans-profession, les vagabonds.

Chose importante, relativement à l’hérédité familiale : les registres des premiers médecins des léproseries ont conservé les noms des lépreux qu’ils ont eu à soigner; et l’on constate que les mêmes noms de famille reviennent fréquemment dans les statistiques depuis la fondation de ces asiles.

Nous avons trouvé la même répétition de noms de familles à la léproserie de File de Chio.

M. y Florez fut chargé officiellement d’une enquête. 11 visita toutes les léproseries et vit 3 000 lépreux. Mais il n’y a que la moitié des lépreux qui soient isolés. De 1871 à 1908 4 000 lépreux ont passé au lazaret d’Agua de Dios dont 1783 y sont morts. On y a enregistré 83 naissances. Selon les études de M. y Florez, la chair de poisson ne pourrait être

incriminée comme favorisant le développement de la lèpre en Colombie. Car les populations à peu près indemnes sont celles du littoral de l’Océan ou celles installées le long des fleuves, mais les mauvaises conditions hygiéniques et surtout la malpropreté jouent un grand rôle. La lèpre est surtout fréquente dans les régions élevées où il n’y a pas d’eau et où les changements brusques de température obligent les habitants à se réfugier en groupe dans des abris malsains. Les dermatoses prurigineuses, la gale en particulier qui est fréquente, créent, par le grattage, une voie facile d’inoculation, selon notre honorable confrère. La contagion est admise par les Colombiens, et le peuple cite des exemples à l’appui.

Pour combattre la maladie M. y Florez est d’avis d’isoler les lépreux et d’améliorer les conditions hygiéniques du peuple. Il se plaint de ce que l’isolement laisse à désirer chez lui ; car les gens de la ville viennent assister à l’office dans l’église des lépreux, et des marchands s’y rendent pour leur vendre des comestibles. Il propose de revêtir les visiteurs des lépreux d’une blouse qu’on stériliserait après leur départ, et interdire les mariages entre lépreux et personnes saines.

En fait de traitement par les drogues, le Dr M. y Florez n’y a la moindre confiance, pas plus qu’à la nastine ; mais il dit avoir obtenu des améliorations et même des guérisons par le sérum de J. de Carrasquilla, dans la proportion de 7 à 10 pour 100. C’est bien beau! Mais aucun autre léprologue n’eut le bonheur de notre confrère colombien. Il admet la fréquente curabilité spontanée et que les infectiens intercurrentes (érysipèle, variole) sont aptes à stériliser le bacille de Hansen. Les formes atténuées tendent naturellement, dit-il, vers la guérison, si le lépreux est vigoureux, résistant, et qu’il se nourrit et vit conformément aux exigences d’une bonne hygiène. Dans ces conditions le traitement médical peut aider l’organisme dans la voie de la guérison ( Presse médicale , 22 février 1911, Frindel).

Discours de Besnier sur la lèpre prononcé, devant l’Académie de Médecine, en 1887. - — La lèpre, considérée comme ayant définitivement disparu d’Europe depuis le xvie siècle, n’était plus que le sujet d’études des confrères des colonies et un lugubre souvenir du passé, lorsque nos communications au Congrès international de médecine, tenu à Copenhague en 1 884 et peu après à l’Académie de Médecine de Paris, attiraient l’attention

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