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quelquelois l'ignorance est telle que la décision semble prise au hasard. D’après Lemnius, en Hollande, les censeurs pubhes jetaient dans l’urine suspecte de la poudre de plomb brûlé et la personne était déclarée lépreuse si la poudre ne surnageait pas.
Il est à noter aussi que dans beaucoup d’endroits les ladres .Mmenaient une .vie à peu près libre, à condition de porter ostensiblement un signe distinctif, qui était en général un morceau de drap rouge.
On les contraint en quelques lieux, comme en ceste ville de Bordeaux, de porter un morceau de drap rouge sur l’épaule pour les recognoistre (15).
La couleur rouge était presque partout adoptée pour distinguer les lépreux des gens sains. Nous trouvons pourtant en Limousin la couleur bleue pour la paroisse de Lussac :
« Tous les habitans du lieu de la Maladrerie, dit un acte du 30 septembre 1614, doivent porter sur eux une marque de drap bleu et y mettre ies armes du seigneur du fief, sous peine d’amende contre ceux qui contreviendront. » (6).
Cette marque armoriée, fait remarquer Drouault, semble indiquer que les habitants de la maladrerie étaient ia propriété du seigneur, et que leur condition était inférieure à celle des autres villageois de la châtellenie. Les juifs, qui d’ailleurs étaient considérés comme serîis, n étaient pas traités autrement et devaient porter une roueile de drap jaune (1).
Le port de cette marque distinctive, ayant presque partout la forme d’une patte d'oiseau palmé en souvenir de la reine Pédauque, était surtout réservé aux cagots, classe bien spéciale de lépreux qui n'étaient pas tenus au séjour dans ies
(15, Florimond de Roemond. 2
(16) Vente de la seigneurie du fief, Archives du marquis de Lussac, cité in Drouault, Comment finirent les lépreux.
‘17) Voir Beugnot, Les juifs d'Occident, p. 90.