CHAPITRE IV
THERAPEUTIQUE ET PROPHYLAXIE
Lorsque nous cherchons dans un traité moderne des maladies infectieuses un traitement pour la lèpre, nous trouvons toujours un aveu d’impuissance. Il ne faut donc point nous étonner si la thérapeutique d'autrefois n’était point satisfaisante. Et nous serions tentés, si nous ne savions que demain l’on sourira de notre thérapeutique, de qualifier de pâles recettes de cuisine les formules qui nous sont restées.
Bernard de Gordon, au xve siècle, a formulé ainsi pour sa part la thérapeutique de la lèpre. D'abord, des saignées, suivies de purges lentes, puis de plus en plus énergiques, des lavements Jaxatifs, esternutatoires, masticatoires pour purger le chef, des vésicatoires, comme un seton au col, cautères au bras, au jambes, et sur les commissures du crâne (sic), ventouses entre les deux épaules avec scarifications, bains quotidiens de plantes émollientes, .comme fumeterre, mélilot, camomille, suivis « d’oignements » par tout le corps. ve |
Mais le remède souverain était celui-ci : on prenait un des serpents à dos noirs qu'on trouve dans les lieux secs, on lui liait la tête avec la queue, et dans cette position, on le frappait longtemps avec des verges; après quoi, la tête et la queue étaient coupées d’un seul coup; on laissait le reptile dégorger tout son sang, puis on l’administrait par ingestion au malade. Si l’ingestion déterminait une salivation éeumeuse, la « scothomie », le « syncopin » avec une grande « tumeur en tout le corps », ©’ « était bon signe, on continuait le traitement... les narines étaient « .épilées » et les sourcils scarifiés pour régénérer le poil » (4).
°°‘) Bernard de Gordon, Fleurs de Lys dé la Médecine, cité in Néret, op. cût.