MAS
compte audit sieur vicaire et consuls. Et de tout ce dessus les dits révérend père vicaire général et ausdits consuls ont requis à moy notaire leur retenir le présent acte et ordonnance : ce que leur ay accordé faire, présents Jean Lamarque, praticien d’Arrens, et Jean d'Anca, natif de Saint-Lézer-en-Bigorre, à présent habitant Saint- Savin, soussignés, avec led. Révérend Père et Lavigne, consul (les autres ont dit ne savoir), et moy Cometz, notaire royal, autresigné sur l'original; duquel le présent ectrait a été tiré par moy, Jean Dupont, notaire royal du lieu de Saint-Savin, détenteur d'icelui, mot à mot sans y avoir rien changé, augmenté ni diminué et duement collationné au requis de Dom Gotty, sindic de l’Abbaye de Saint-Savin, et à la présence du sieur Dupau, sindic de la vallée de la Rivière, comme apport du verbal par moy dressé ce jourd’huy. En foy ay expédié le présent à Saint-Savin, le vingt-unième juillet mil sept cent cinquante-cinq. Signé : Dupont, notaire (4).
On cite encore dans certaines villes du Midi, et en particulier dans les stations thermales des Pyrénées, des sources où venaient se soigner les lépreux.
Si la thérapeutique était inexistante, la prophylaxie était rigoureusement observée sous la forme de l'isolement absolu.
Dès la plus haute antiquité, les législateurs prennent des mesures pour empêcher la propagation de la lèpre, soit par contagion, soit par hérédité.
Les livres de Moïse contiennent une série d'ordonnances toujours valables : les lépreux étaient chassés, leurs vêtements brûlés, leurs maisons bien souvent détruites, surtout si l’on constatait la « lèpre des maisons », taches des murailles, « taches constituées sans doute par des efflorescences salines ou des productions Cryplogamiques qu'une humidité . excessive de l’air déterminait dans des maisons basses comme celles des Hébreux ».
Moïse avait senti la nécessité de frapper le peuple « par
(4) Cet acte a été antérieurement publié par Fr. Michel. Histoire des races maudites, t. II, p. 243, et par Duboureau, Les cagots aux eaux de Cauterets,
. Toulouse. Privat, 1892, il est extrait des Archives des Basses-Pyrénées, série IT fnote de Fay).
gs
l’idée salutaire de la contamination immédiate ou médiate, non seulement par simple contact ou approche des lépreux, mais encore par le toucher des objets leur ayant appartenu, meubles, maisons, effets ».
Les mesures d'isolement ont été à peu près universellement admises. Il faut en arriver aux léproseries pour trouver un aboutissement rationnel de cette conception. Nous allons donc étudier ces léproseries avec plus de détails.