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6. — Parce que toutes maladreries sont faites et fondées pour le commun profit des villes, là où elles sont convient que les évêques en aient la garde, ou les seigneurs terriens. Celui qui en a la garde doit prendre en la ville un prud’homme ou deux, ou trois, selon ce qu'il en est métiers, qui s’entremettent de savoir l’état de la maison, et de pourvoir, et d’administrer les besoins de la maison, et ceux qui cette garde entreprennent, la doivent faire diligemment et rendre compte une fois en l’an au seigneur, ou à son commandement, auquel la garde de la maladrerie appartient.
Le principal droit précis que comporte cette garde des évéques, c’est d’abord celui ide nommer les prieurs ou maîtres, c'est-à-dire les administrateurs des léproseries; c'est ainsi que l’évêque de Paris nommait seul et sans la présentation des membres de la maison de Saint-Lazare les personnes qu'il voulait charger de la direction de la maladrerie (0).
L'accord ne régnait d’ailleurs pas toujours pour le choix des prieurs ou maîtres de maladreries. Les querelles sont nombreuses, et nous trouverons en particulier le témoignage d’une dispute entre les frères de Saint-Lazare et l’évêque de Paris, Etienne.
Les frères de Saint-Lazare avaient choisi un des leurs comme maître; mais « comme de droit commun et de pratique courante, c'était à l’évêque de Paris qu'appartenait cette nomination », ledit évêque n’admit pas le choix des frères de Saint-Lazare. Il fallut un arbitrage royal, qui finalement donna gain ide cause à l’évêque.
Le pouvoir des évêques est tel que parfois ils interviennent jusque dans l’administration intérieure des maladreries et vont jusqu'à statuer sur l’admission des lépreux et les demandes d'entrée. C’est le cas pour Saint-Lazare de Paris, comme nous le prouve une transaction passée le 12 mars 1343 entre l’évêque Foulques de Chanac et les Maîtres de la Monnaie.
(10) Pour tout ce chapitre, j'ai fait de très nombreux emprunts à Héry. Les citations dont la référence n’est pas donnée sont prises chez lui.