‹ La lèpreChapitre 106 sur 144 · A. — ESSAI DE TRAITEMENT ABORTIF · texte numérisé non relu

A. — ESSAI DE TRAITEMENT ABORTIF

L’évolution de la lèpre a été enrayée après l’exérèse ou la destruction totale d’un foyer lépreux solitaire, tache ou tubercule. Assurément une localisation unique n’est pas nécessairement un accident initial ; elle peut être secondaire à l’envahissement des voies lymphatiques ou sanguines. Mais, en cas de doute, la prudence conseille de se comporter comme si l’unique élément était certainement un chancre lépreux.

Rare, Marcano et Würtz, Goodhue et ITasseltine, Campana, Sakurane, L. Roger et Muir, Klingmüller, Glingani recommandent la destruction du foyer et la surveillance du malade indéfiniment prolongée.

Avant d’intervenir, on fera bien de s’assurer par la ponction que les ganglions lymphatiques de la région ne sont pas déjà infectés. L’opération pourra parfois être tentée même dans ce cas, si l’éradication totale du groupe ganglionnaire paraît possible.

Quel que soit le procédé auquel on aura recours pour anéantir le foyer lépreux : excision, cautérisation par le fer rouge ou les caustiques chimiques, l’opération sera toujours largement pratiquée.

Quand la première manifestation constatée est une plaque d’anesthésie sans élément cutané apparent, le mieux sera de la couvrir d’injections intra-dermiques de préparations chaulmoogriques en ayant soin de déposer le liquide à tous les étages de la peau et même dans l’hypoderme ; les confins de la zone insensible devront être dépassés en tous sens.

Il n’existe aucun remède spécifique de la lèpre, mais il est possible d’obtenir une sédation des symptômes, un arrêt de l’évolution morbide, peut-être même la guérison radicale de l’infection par un ensemble de moyens thérapeutiques dont la coopération est indispensable. Ce sont l’hygiène du lépreux ; — - le traitement des maladies concomitantes ; — le traitement médicamenteux ; — le traitement local des manifestations lépreuses ; — le traitement des complications.

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