‹ La lèpreChapitre 25 sur 144 · STATISTIQUES · texte numérisé non relu

STATISTIQUES

Asie

Asie antérieure. — La lèpre a été signalée en Asie Mineure , notamment sur le littoral méridional de la mer Noire entre Sinope et Samsoun (v. Dû ring). En Syrie , elle s’observe surtout au sud de Beyrouth et en Palestine. Pour cette dernière région, les chiffres suivants ont été publiés : Zambaco : 800 ; - — Einsler (1898) : 2 à 300 ; — Jeanselme et Jacobsohn (1902) : 600, 0, 86 pour 1000 ; — Marchoux (1919) : 400.

La lèpre est également connue en Arabie, dans V Irak et en Perse. Dans ce pays, le nombre des lépreux ne dépasserait pas 100 à 200 (Loew, 1908).

Inde anglaise. — C’est le plus grand foyer du monde entier. Dans son rapport du mois d’octobre 1885, le Secrétaire pour l’Inde indiquait l’existence dans cette contrée de 124.924 lépreux pour une population de 210.767.504 habitants, ce qui donne un pourcentage de 5,9 pour 10.000 âmes. D’après le recensement de 1911, le nombre total des lépreux était tombé à 109.094, dans celui de 1921 à 102.513 pour une population de 318.942.480 habitants, soit un pourcentage d’un lépreux pour 10.000 âmes. Jusqu’à ces dernières années, l’établissement des statistiques était très défectueux. Seuls les indigents étaient portés sur les listes de recensement. Les agents ne pouvaient que recevoir les déclarations volontaires. Ils n’avaient pas le droit de pénétrer dans les habitations.

(1) Cf. La Conférence de Manille (janv. 1931), Rev. d’Hyg., juin 1932, appendice V, Enquêtes épidémiologiques, Indication des faits à recueillir, pp. 478-479.

(2) La plupart des chiffres donnés proviennent des sources suivantes : Comptes-Rendus des trois Conférences Internationales (Berlin, 1897 ; — Bergen, 1909 ; — Strasbourg, 1 923) ; — E. Jeanselme, Etude sur la lèpre dans la pén insule indocliinoise et le Yunnan, Paris, 1 900 ; — • E. Jeanselme et Marcel Sée, Art . Lèpre dans La Pratique dermatologique, t. III ; — V. Ki.ingmuli.er, Lepra, Berlin, 1930 ; — II. R. de Souza Akaujo, Survey ruade in forty Countries (1924-1927, Rio de Janeiro, 1929 ; — Ex. Burnf.t, La lèpre, 1932 ; — Rapports présentés à la Commission consultative du Ministère des Colonies.

Les plus hautes autorités de l’Inde : Sir L. Rogers, Bisset, Taylor, Muir et Cochrane disent, au sujet du recensement de 1921 : Si les tableaux de ce dénombrement étaient multipliés par huit ou même par dix, ils exprimeraient bien mieux la vérité.

E. Muir, commentant le recensement de 1911 dit : « Nous ne pensons pas surestimer le nombre des lépreux habitant l’Inde en le portant à un demi ou à un million ».

Parmi les régions où l’infection fait le plus de victimes, il faut citer les provinces de Madras, du Bengale, les Provinces- Unies, les Provinces-Centrales, la Birmanie, la province de Bombay et l'Assam.

Sur le tableau de recensement de 1921, sont portés 74.293 hommes et seulement 28.220 femmes ; la proportion de ces dernières ne serait donc que de 27,5 pour 100. Quant à l’âge des malades, on constate que 10 pour 100 seulement ont moins de 20 ans (1).

Si imparfaites que soient les opérations de recensement, elles fournissent des données suggestives. En 1921, on comptait, à Madras, au nombre des lépreux : 180 détaillants ; — 82 marchands de grains et légumes secs ; — 52 épiciers ; — 47 marchands de tabac ; — 13 marchands de poissons ; — 12 batteurs de riz ; — 11 marchands de légumes verts et de fruits ; — 9 marchands de lait, beurre et œufs ; — 5 bouchers ; - — 3 boulangers ; — 3 garçons d'hôtels ; — - 2 marchands de sucreries. Combien d’autres lépreux, ajoute Muir auquel j’emprunte ces chiffres, excercent de semblables métiers et n’ont pas encore été découverts ? La mendicité joue un rôle important dans la propagation de la lèpre ; d’après Oldrieve, on compte à Calcutta 1.100 lépreux mendiants qui vivent avec les indigènes dans des locaux communs. A Bombay, à Madras, et dans d’autres villes de l’Inde, les mendiants lépreux sont aussi très nombreux.

La manière dont on procède actuellement aux enquêtes donne les résultats les plus satisfaisants. « Le recensement de la population de 1901, dit E. Burnet, accusait 100.000 lépreux environ. Depuis cinq ans, on y a regardé de plus près et les enquêtes faites par des médecins établissent que là où le recensement opéré par des administrateurs trouvait un lépreux, il y en a en réalité de cinq à dix. Il y a un million de lépreux sur les 315 millions d’habitants de l’Inde (2) ».

D’après Santra (1927), les plus basses castes sont les plus éprouvées. Elles vivent dans des huttes surpeuplées avec les porcs et les animaux domestiques ; elles se nourrissent à peu près uniquement de riz et considèrent la viande boucanée comme une friandise. Quand on essaie de réformer leur alimentation, de leur procurer du lait et des légumes, on se heurte aux pires dilïicultés, car elles préfèrent garder leur argent pour les fêtes religieuses, pour l’alcool auquel elles s’adonnent et pour les bayadères.

Inde française. — D’après un relevé de 1898, il y avait sur le territoire de Pondichéry 584 cas de lèpre dont 446 hommes et 138 femmes ; il est probable qu’il y avait, en fait, au moins 778 cas. D’après Abbatucci, le nombre des isolés, en 1927, était de 234.

Inde portugaise. — A Nova Goa, on comptait environ une centaine de cas en 1916 ; 200 en 1926 ; — - 350 en 1928. Un lieu d’isolement a été construit dans l’île Acaro.

Ceylan. — D’après Oldrieve, il y avait dans cette île, en 1928, un millier de lépreux. Il y a plusieurs asiles dont le plus important, celui de Hendella, est situé près de Colombo, sur la rive septentrionale du Kalamy ; il abritait, en 1908, 479 lépreux dont 370 hommes et 109 femmes. Depuis plusieurs générations, les personnes qui donnent des soins aux

(1) H. C. de Souza-Araujo, Leprosy. Survey mode in jorty countries (1924-1927), Rio de Janeiro, 1929. — Le nombre relativement minime des femmes et des enfants qui figurent dans la statistique de 1921 montre son inexactitude.

(2) Et. Burnet, La lèpre. Légende. Histoire. Actualité, Paris, 1932, p. 42.

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malades et qui sont employées à la buanderie vivent dans l’asile avec leur famille, sans qu’on ait observé un seul cas de contagion (Scheube, 1900).

Péninsule indo chinoise.

- En 1900, je pouvais écrire au retour de ma mission en Extrême-Orient : « Aucune base précise ne permet d’évaluer le chiffre des lépreux qui habitent la péninsule indo-chinoise. Mais, en estimant la totalité des casa 25.000, je suis certain de rester en deçà de la vérité » (1). Les principaux foyers sont situés le long du littoral, au niveau des estuaires et le long des rives des grands fleuves : l’irraouaddi, la Salouen, le Ménam, le Mékong et le fleuve Rouge. Si l’on figure sur un schéma les principaux centres d’endémie lépreuse de la presqu’île indo-chinoise, on obtient un graphique qui est exactement superposable à celui qui représente la densité de la population. 11 y a donc, en Indo-Chine, quatre foyers principaux de lèpre, qui sont, en allant de l’Ouest à l’Est, le birman, le siamois, le cochinchinois et le tonkinois.

Birmanie. — L’immense et fertile vallée de l’irraouaddi est un foyer d’endémie lépreuse. A Mandalay, capitale de la Haute Birmanie, et dans ses environs, il y avait, en 1899, 5 à 600 lépreux sans compter les 250 qui étaient isolés dans les deux léproseries catholique et protestante. A Prôme, les degrés qui menaient au grand sanctuaire étaient occupés par des lépreux exhibant leurs ulcères et vivant de la charité publique. La Basse Birmanie regorgeait de malheureux mutilés par la lèpre dont une soixantaine seulement étaient internés dans l’asile de Rangoon.

Le recensement de 1921 a donné dans cette région qui fait partie de l’Inde Anglaise : 9.765 lépreux parmi lesquels 5,8 pour 100 seulement sont isolés. Le P. Fargeton, supérieur de la léproserie de Rangoon, missionnaire en Birmanie depuis vingt-huit ans, affirme qu’il n’y a pas moins de 50.000 lépreux dans cette contrée.

Siam. — Cette contrée se compose de deux parties bien distinctes, la riche et fertile vallée du Ménam et le Laos Siamois qui occupe tout le centre de la presqu’île indo-chinoise.

Dans cette dernière région, relativement peu peuplée, la lèpre sans être inconnue est peu fréquente, si j’en juge par les centres que j’ai visités, tels que Bassac, Panorn, Lakône, situés sur la rive droite du Ménam. A Oubôn et à Korat, villes plus importantes situées sur la Sé-Moun, le nombre des lépreux est déjà plus considérable. Mais c’est sur les rives du Bas-Ménam, région où la population est très compacte, que l’endémie atteint son maximum d’expansion. A Bangkok, la capitale du Siam, ville de 5 à 600.000 habitants, j’estimais, en 1900, que le nombre des lépreux n’était pas inférieur à un millier. Chaque fois que j’ai examiné, même superficiellement, un groupe quelconque d’indigènes, qu’il s’agisse des chrétiens de Bangkok ou des prisonniers, j’ai retrouvé la proportion d’un lépreux pour 5 à 600 individus (2).

Ayuthia, l'ancienne capitale, Prapa Tom, où s’élève le sanctuaire le plus vaste et le plus vénéré du Siam, Pétriou où les missions catholiques ont établi une chrétienté, sont des centres très éprouvés par la lèpre. Deuntzer (1904), Eiilers (1909) ont confirmé mes observations. D’après Cantlie, dans chaque ville, dans chaque village, le quart de la population serait atteint de la lèpre. Une statistique de 1919 établit l’existence de 7.331 lépreux avérés et de 2.642 douteux ; si l’on ajoute les cas demeurés inconnus, on peut

(1 ) E. Jeanselme, Etude sur la lèpre dans la péninsule indo-cliinoise et le Yunnan. Paris, 1900, p. 27.

(2) Voici les chiffres exacts :

Prisons de Bangkok . 2.000 détenus 3 lépreux

Chrétiens . 3.000 indigènes 6 lépreux

Total . 5.000 examinés 9 lépreux

estimer le nombre des lépreux du Siam à 10.000, avec un pourcentage de 23 pour 1000. En 1928, l’estimation a été portée à 20.000 cas.

Etats Malais. — - Dans les Etablissements du Détroit ( Straits Settlements), la maladie est devenue assez redoutable pour que l’opinion publique réclame l’internement des lépreux.

En 1893, fut ouvert à Poulo Jerajak (poulo en malais signifie île) un établissement destiné à recevoir les lépreux de toutes les colonies anglaises du Gouvernement du Détroit (Penang, Dinding, Malacca, Perak et Singapore). Il est situé dans une petite île de quelques milles de tour sur la côte Est de Poulo Penang. Cet îlot allongé est parcouru du Nord au Sud par une crête montagneuse. Entre le pied de celle-ci et le rivage occidental, s’étend une longue bande de terre cultivable située à peu près au niveau de la mer. C’est sur cette bordure que sont disséminés les pavillons de la léproserie. 11 y avait en moyenne à Jérajak de 240 à 270 lépreux, tous du sexe masculin, à l’epoque où je le visitai (1899). A part une vingtaine d’Hindous, tous les autres internés étaient des Chinois provenant pour la plupart de Singapore, cl’où on les amenait, par séries de 20 à 40, sur un bateau spécialement affecté à cet usage et remorqué par un steamer. Un médecin anglais venait inspecter cet établissement deux fois par semaine. Il avait sous ses ordres un médecin-résident d’origine malaise. Les lépreux valides assuraient tous les services ; il n’y avait ni religieuses, ni infirmiers, ce qui réduisait au minimum les chances de contagion.

Sauf les prisonniers et vagabonds lépreux qui, en vertu de l’ordonnance de 1899, étaient internés dans un pavillon spécial sous la garde de la police, les autres malades étaient entrés volontairement à Jerajak. Parmi ceux-ci, bien peu exigeaient leur mise en liberté. C’étaient pour la plupart des Chinois sans famille, et comme ils étaient bien nourris, qu’on leur permettait de fumer l’opium et qu’on leur en distribuait au besoin, ils n’avaient aucun désir de quitter l’établissement.

La nourriture se composait de riz, de carry, de poissons salés ou frais, de légumes, etc. Il y avait deux cuisines, car les Chinois et les Hindous n’emploient pas les mêmes condiments pour préparer leurs aliments. En outre, des prescriptions extraordinaires de lait, d’alcool, etc., pouvaient être ordonnées aux malades.

Les bâtiments de la léproserie étaient disséminés sur un assez vaste espace. Les uns, en maçonnerie, massifs et percés d’ouvertures insuffisamment larges, ne contenaient que

10 à 20 lits. D’autres, beaucoup plus spacieux, atteignaient 180 pieds de longueur. Ils étaient établis sur une plate-forme en ciment, élevée de 50 à 80 centimètres au-dessus du sol et supportée par des arcades surbaissées qui laissaient circuler l’air dans les substructions. Sur ce terre-plein s’élevaient de distance en distance des piliers en maçonnerie qui soutenaient la toiture. Celle-ci était couverte de tuiles, et sur toute la longueur des deux versants régnait une large fente horizontale pour la sortie de l’air vicié. Les espaces compris entre les piliers de ces pavillons, qui ne sont à proprement parler que des hangars, étaient comblés par des panneaux en planches ou en natte de bambou tressé. Ces cloisons légères ne montaient pas jusqu’à la naissance du toit ; elles en restaient séparées par une ouverture de 80 centimètres de hauteur. Elles ne descendaient pas non plus jusqu’au sol cimenté afin de ménager un appel d’air et faciliter l’écoulement des eaux de lavage, de sorte que le sol pouvait être complètement inondé comme le pont d’un navire. Les salles n’étaient pas plafonnées, ce qui augmentait encore le cube d’air contenu dans ces pavillons.

Les lavatories, nombreux et toujours indépendants des salles, d’une propreté scru- Pul cuse, étaient garnis de carreaux en faïence vernissée et abondamment pourvus d’eau.

11 y avait une infirmerie contenant douze petites chambres. Les salles étaient entourées de jardins cultivés par les lépreux.

Ce mode d’isolement dans une île, tel qu’il se pratique à Jérajak, convient surtout aux colonies qui sont encombrées de vagabonds et d’immigrants sans famille. Mais

DOMAINE GÉOGRAPHIQUE

il est dillicile de le faire accepter par les indigènes, qui se refusent à vivre loin de leurs parents et de leur village (1).

Quant aux lépreuses, celles de Poulo-Pinang étaient soignées à l’hôpital général de Georgetown, capitale de l île de Penang ; celles de Singapore étaient isolées, au nombre d’une vingtaine, à quelques kilomètres de la ville.

A la colonie de Poulo Jerajak, il y avait, en 1914, 581 lépreux dont 191 Cantonnais, 204 coolies et 181 ouvriers travaillant aux mines. De 1895 à 1921, le nombre annuel des admissions a été de 150 à 177. L’effectif de l’établissement, en moyenne de 253 lépreux, a atteint les chiffres maxima de 466 cas en 1905, de 496 cas en 1909, enfin de 881 cas en 1926.

Etats Fédérés Malais. — Le nombre des lépreux est estimée à 1.600. A deux kilomètres de Kuala Lumpur (Selangor) fut élevé, en 1893, un asile qui ressemble à une prison. 11 est situé au centre d’une pelouse entourée d’une clôture en fils de fer barbelés. Le nombre des lépreux qu’il a reçus depuis lors n’a cessé de s’accroître et, en 1927, il hébergeait 818 lépreux. Autour du bâtiment central s’est constituée une colonie composée de 50 petites maisons que chaque lépreux construit à ses frais.

Une colonie, actuellement en construction, à Sungei Buloh, pourra abriter 2.000 lépreux. A défaut de statistiques, ces chiffres peuvent donner une idée assez exacte du nombre des lépreux qui existent dans les Etats Malais.

Des 1.055 lépreux en traitement, à la fin de 1929, 800 étaient Chinois, 179 Hindous et 73 Malais. La source principale de la lèpre dans ce pays est l’immigration chinoise.

En principe, la ségrégation est obligatoire. Les médecins du gouvernement ont le droit de pénétrer, au besoin par la force, dans une demeure où la présence d’un lépreux est soupçonnée. L’isolement et le traitement peuvent se faire à domicile, si les facultés du patient et la disposition des lieux le permettent.

Indo-Chine Française. — L’endémie lépreuse sévit sur tous les départements de l’Union indo-chinoise. J’en ai donné la description suivante en 1900 (2). La lèpre occupe deux foyers principaux. Le méridional couvre toute la superficie de la Cochinchine, le septentrional ou tonkinois a pour limites le delta du fleuve Rouge. Le long de la côte d’Annam, sur l’étroite bande fertile comprise entre la ligne de partage des eaux et le littoral, la population est dense et la lèpre très commune. Ce foyer accessoire, de forme rubanée, établit la continuité entre le foyer du Nord et celui du Sud.

Le Cambodge, région basse et marécageuse, en majeure partie couverte de forêts, est fort peu peuplée. Les marges de culture ne dépassent guère les rives du Mékong et de ses affluents. Si l’on excepte les centres importants, la lèpre y fait beaucoup moins de victimes que dans la Cochinchine, l’Annam et le Tonkin.

Dans le Laos français, où 800.000 indigènes tout au plus sont disséminés sur un immense territoire, la lèpre ne forme que des îlots insignifiants.

La règle énoncée plus haut, à savoir que, toutes choses égales d’ailleurs, — la gravité de l’endémie lépreuse s’accroît en progression géométrique quand l’ensemble de la population se multiplie en progression arithmétique, — se vérifie si l’on étudie dans ses détails la répartition de la lèpre dans les diverses parties de l’Union indo-chinoise.

De l’examen des statistiques qui ont été dressées, en 1897, pour les vingt arrondissements de la Cochinchine, il ressort clairement que les subdivisions administratives les éprouvées par l’endémie sont les plus peuplées. Ainsi, c est 1 arrondissement

plus épn

(1) E. Jeanselme, loc. cil-, pp. 65-71.

(2) E. Jeanselme, pp. 11-22.

de Giadinh, dans lequel est situé Saigon, la capitale de la Cochinchine, qui contient le plus grand nombre de lépreux (556 cas). Puis vient celui de Cholon avec 422 lépreux, dont 106 pour le chef-lieu, gros centre en grande partie peuplé par des immigrants Chinois. Les arrondissements de Cantho (350 lépreux), de Sadec (298), de Chaudoc (297), de Longxuyen (224), de Mytho (209), qui sont parmi les plus peuplés renferment une forte

l'ig- 1 1). — Carte de t ludo-Chine française (E. Jeanset.me, Cours de Dermatologie exotique, Paris, 1904)

proportion de lépreux. Au contraire, les arrondissements de Hatien, de Rachgia et de Baclieu dans 1 ( )uest, ceux de Baria et de Bienhoa dans la région montagneuse située à l’Est de la Cochinchine, sont les plus épargnés.

Les relevés administratifs faits à cette époque accusent un total de 3.580 lépreux en Cochinchine. Encore ne mentionnent-ils que les cas de lèpre avérée et de notoriété publique. Mais, à côté de ces formes mutilantes et criardes, il y a de nombreux cas qui, pouvant être aisément dissimulés, ne figurent pas sur les relevés officiels. L’examen méthodique d’un grand nombre d’indigènes à Saigon, Cholon, Mytho et divers autres centres m’a

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