CARACTÉRISTIQUES PRINCIPALES DU RAC ILLE DE HANSEN
1° Il possède un mode de groupement très particulier dans les points où il multiplie en abondance ; — - 2° Il se comporte d’une façon spéciale vis-à-vis des matières colorantes : il est, en effet, acido-résistant comme les bacilles de la tuberculose humaine et animale, comme le bacille du smegma et le bacille de Stéfanski, etc. ; — 3° Il peut se reproduire en milieu artificiel, mais ses cultures ne sont pas repiquables en série ; — 4° Enfin, s’il peut se greffer et pulluler in situ sur les animaux, jamais l’inoculation expérimentale n’a pu réaliser jusqu’ici une infection générale.
La place qu’il occupe dans la classification botanique est encore fort discutée. D’après de nombreux travaux, parmi lesquels il faut citer en première ligne ceux de Metchnikoff, le « bacille des blansen » ne serait pas à proprement parler une bactérie, mais un microorganisme qui confine aux champignons.
Par contre, Kolle et Hetsch, Baumgarten concluent de leurs recherches que l’agent pathogène de la lèpre est un bacille.
Lutz, considère le bâtonnet décrit par Hansen comme un agrégat de grains arrondis placés bout à bout en série linéaire et lui dcnne le nom de coccothrix.
Déjà en 1887, Babes, dans une note à l’Académie des Sciences, signale des formes en massues et des ramifications qu’il a observées sur le bâtonnet de la lèpre comme sur le bâtonnet de la tuberculose et propose de ranger l’un et l’autre parmi les streptothrices. Ce mode de division et l’existence de boules terminales qui rappellent par leur disposition l’inflorescence des Ombellifères, ont fait assimiler l’agent pathogène de la lèpre, aux Corvnebactéries Uopvvy = massue) ou aux Mycobactéries qui représentent les formes les plus inférieures de Ilyphomycètes.
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Fig. 26. — Evolution du bacille de la lèpre, d’après A. Paldrock ( IIIe Conf. Internat.
àe la lèpre, Strasbourg, 1923).
D’après Paldrock, dans le corps bacillaire sont rangés en bordure des grains chromatiques qui font saillie comme de petits bourgeons. Plus tard, ils s’extériorisent à travers la paroi du bacille et se détachent sous forme de petites niasses avec ou sans pédicule. Il n’est, pas rare qu’apparaissent une ou deux petites têtes fortement colorées, même une ombelle ou des ramifications. Ces grains seraient les organes de reproduction ; quelquefois ils s’accumulent aux extrémités. Les ramifications sont très rares ; elles se colorent faiblement et contiennent des granules plus fortement colorés situés le plus souvent à leur extrémité. Donc, le bacille de la lèpre doit être classé, d’après cet auteur, parmi les hyphomycètes.
En milieux artificiels, le bacille de Hansen montre un polymorphisme prononcé. Comme le bacille de la tuberculose, il peut perdre, dans les essais de culture, son acidorésistance, revêtir le type diphtéroïde, prendre l’aspect de diplocoques, de streptocoques, etc.
Pour l’observer, il faut d’abord le colorer par un procédé qui met en relief son acido-résistance (méthode d’Ehrlich et surtout de Ziehl.) On peut avoir recours aux différents colorants basiques (fuchsine, violet de méthyle, gentiane, dahlia, safranine, vert de méthyle, bleu de méthylène basique, etc.). Au contraire l’éosine, le bleu de méthylène en solution aqueuse, la vésuvine, la nigrosine, l’aurantia, la carminé ne le colorent pas.
Le bacille de Hansen est un lin bâtonnet dont les dimensions sont très variables comme le montrent les chiffres suivants :
D’après Babes.
D’après Ivobayashi
D’après Klingmüller.
Longueur.
Largeur. .
3 à 6 jjl 0,3 à 0,4 ,u
1 ,5 à 6 pi 0,2 à 0,45 pi
Cependant ses dimensions seraient moins variables que celles du bacille de la tuberculose (Babes). Dans les foyers récents il paraît plus long que dans les anciens, plus long aussi dans les localisations cutanées que dans les viscères (Leloir, Zenoni).
Marchoux a examiné un jeune haïtien dont les lésions locales se réduisaient à des taches pigmentées exemptes d’anesthésie, à des ulcérations consécutives à des éruptions bulleuses, à une rhinite bacillifère, mais dont l’état général était profondément atteint (amaigrissement, lièvre, gonflement douloureux des ganglions, œdème et albuminurie). Ce malade succomba à une pleurésie purulente à streptocoques. A l’autopsie, des frottis faits avec la plupart des organes, de la rate en particulier, montrèrent des globi microbiens, constitués par des bacilles très fins, courts, orientés dans tous les sens. Ces bacilles minuscules étaient acido-et alcoolo-résistants, mais ils étaient rapidement décolorés par le xylène, le toluène, l’acétone, l’éther, le chloroforme : Leurs amas ressemblaient à de la poudre rouge disséminée, d’où le nom de Mycobacterium pulviforme que Marchoux propose de donner à cette variété morphologique.
Le bacille peut être parfaitement rectiligne, légèrement incurvé, présenter une disposition angulaire dans sa continuité. Kolle et IIetsch le considèrent comme plus trapu que le bacille de Koch. Mais les recherches de Klingmüller démontrent que l’organisme de la tuberculose et celui de la lèpre peuvent être morphologiquement identiques dans les localisation cutanées tuberculeuses ou lépreuses.
Souvent le bacille de Hansen se termine en pointe à l’une de ses extrémités ou aux deux. L’une d’elles peut être atténuée tandis que l’autre est épaissie ou incurvée en crosse. Cette dernière forme est considérée par les uns comme un organe de reproduction, par les autres comme un indice d’involution.
Scholtz et Klingmüller qui ont examiné, pendant tout un jour, du sang ou de la sérosité de léprome en goutte pendante, n’ont observé pendant ce temps aucune modification sur les bacilles isolés et aucune tendance certaine à la multiplication.
Hansen, et après lui, Neisser, Klebs, etc., avaient noté la mobilité du bacille, mais déjà Hansen avait fait la remarque qu’il pouvait s’agir de mouvements browniens. Babes, malgré l’emploi de réactifs variés n’a pas pu démontrer l’existence de flagelles.
On admet généralement que, dans les foyers récents, les bacilles prennent uniformément la matière colorante. En vieillissant, ils perdent leur homogénéité et présentent des lacunes incolores qui ont été diversement interprétées.
Neisser, Sudakewitsch ont considéré certaines d’entre elles comme des spores ; mais cette opinion n’a pas prévalu. Marchoux fait observer que si ces grains étaient des spores, ils résisteraient à la chaleur et la dessiccation.
Lorsque la lacune consiste en un trait linéaire, elle a été regardée comme une ligne de séparation entre les deux éléments constituants d’un diplobacille.
La plupart des léprologues voient dans l’état granuleux du bâtonnet une dégénérescence qui aboutirait à sa fragmentation et à sa réduction en granulations libres.
L. Rogers et Muir ont étudié en détail les modifications morphologiques du bacille de la lèpre au cours de l’évolution de la maladie. D’après eux : I. Pendant les périodes de trêve, il est uniformément coloré, droit ou légèrement inlléchi ; il est impossible de le distinguer du bacille de la tuberculose, toutefois il est ordinairement disposé en amas. — IL En période d’activité, beaucoup de bacilles conservent ces caractères ; un certain
nombre sont plus ou moins modifiés. Selon les cas, ou le bacille affecte la disposition diphtéroïde avec coloration bipolaire ou celle d’un chapelet dont les perles sont disposées bout à bout dans toute la longueur du bâtonnet ; les granulations peuvent ressembler à des spores libres ou contenues dans les bacilles. D’après Rogers et Muir, le traitement par les préparations chaulmoogriques, lorsqu'il est elficace, amènerait la transformation granuleuse des bacilles et même leur disparition. Provencà prétend même pouvoir, par l’examen des bacilles, reconnaître si un sujet a été ou non traité, assertion contre laquelle s’élèvent M u ch , Marchoux, Klingmüller et de Mello.
Comme Rogers et Muir, bon nombre d’observateurs sont d’avis qu’un traitement efficace de la lèpre par l’huile de chaulmoogra ou produits similaires rend granuleux le bacille de la lèpre. Ainsi, Froilano de Mello et Sus a, dans cinq cas de lèpre, ont fait sur des champs microscopiques, tous de même étendue, au nombre de 100, la numération des bacilles homogènes et des bacilles granuleux, avant la mise en traitement et 6 mois plus tard ; or, dans tous les cas, ils ont constaté une diminution évidente du nombre des bacilles homogènes à la suite du traitement.
Mais, il y a des opposants à l'hypothèse que l’état granuleux est un indice de dégénérescence ; tout d’abord Unna qui prétend être parvenu à distinguer les bacilles vivants des bacilles morts par un procédé de coloration spécial (voir pp. 123-124), puis Much qui admet l’existence d’une forme granuleuse virulente de la lèpre, Marchoux d’après lequel les granulations caractériseraient un stade de résistance, enfin Kingmüller qui ne se croit pas autorisé à soutenir que les granulations ont perdu leur virulence.
L’emploi de l’acide osmique permet de discerner des granulations qui se détachent en brun foncé et qui, pour cette raison, semblent constituées par de la graisse, de la cire ou des lipoïdes.
Rabes range les diverses sortes de granulations d’après leur mode de coloration. Outre celles qui sont de faible volume, on en voit de plus grosses ; ce sont des corpuscules métachromatiques qui se colorent par le bleu polychrome ou la méthode de Rabes-Ernst : ils sont au nombre de 1 à 3, quelquefois groupés, le plus souvent isolés, cantonnés aux extrémités ou disséminés dans toute la longueur du bâtonnet. Ces corps de Rabes-Ernst peuvent aussi être mis en évidence par d’autres colorants d’aniline.
Le corps bacillaire peut affecter la forme « coccothrix » (Lutz). Il paraît constitué alors par une série de cocci disposés bout à bout en série linéaire. Pour obtenir des images nettes, il faut employer la méthode fuchsine-gentiane-iode. On procédera de la façon suivante :
1. Immerger les coupes dans une soucoupe d’eau d’aniline additionnée de 10 gouttes de la solution alcoolique fuchsine-gentiane (2 grammes pour 100 grammes d’alcool absolu) ; les y laisser séjourner 10 minutes, puis rincer ;
2. Porter ensuite les coupes, pendant 10 minutes, dans une solution d’eau oxygénée à 3 pour 100 (WasserstoffsuperoxydlÔsung) additionnée de quelques cristaux d’iode, rincer ;
3. Décolorer les coupes à l’alcool absolu jusqu’à ce qu’il ne s’en dégage plus de matière colorante, ou plus longtemps encore ;
4. Passer à l’alcool, à l’huile de cèdre et monter dans le baume.
Le séjour des coupes dans l’alcool est en rapport avec le résultat qu’on veut obtenir ; il peut être prolongé jusqu’à 24 heures. L’alcool ne décolore pas les grains qui restent bleuviolet, mais seulement le corps des bacilles qui perdent leur couleur rouge-fuchsine, ce qui rend la disposition « coccothrix », encore plus évidente. On a beaucoup discuté sur l’interprétation qu’il convient de donner de ces figures. D’après P. Unna (junior), ces particules rendues visibles par l’iode sont des granulations de Much, bien que Much rejette cette assimilation. La plupart s’accordent aujourd’hui pour les considérer comme des formes dégénératives. Lutz, P. G. Unna, par contre, considèrent que la forme « coccothrix » comme la structure normale du bacille de la lèpre.
Quelques grains peuvent devenir plus épais que les autres, P. G. Unna en fit en premier lieu des formes de résistance, plus tard, il pensa qu’ils étaient peut-être des spores en formation. Contre les assertions de Lutz et de Unna, beaucoup de léprologues soutiennent que la forme « coccothrix » est un artifice de coloration. Toutefois, Philippson a prouvé que, dans les mêmes coupes, coexistent des formes bacillaires et des formes « coccothrix », ce qui semble établir que le mode de coloration ne joue aucun rôle dans la disposition «coccothrix». Depuis lors, cette constatation a été si souvent faite, dit Jadassohn, que la forme en grains doit être considérée comme le résultat d’une modification, non artificielle, de la structure bacillaire.
Après l’emploi des mordants, le bâtonnet semble plus épais, d’où Babes conclut que le corps du bacille est enveloppé d’une capsule. Plus tard, il montra que si l’on dissout ce revêtement constitué par de fa cire, en faisant agir sur lui des réactifs appropriés, tels que l’éther, le chloroforme, etc., le bacille perd son acido-résistance et prend désormais, totalement ou partiellement, la couleur de contraste.
L’un des caractères principaux des bacilles de la lèpre est leur mode de groupement dans les localisations où ils existent en grand nombre. Réunis par la glée qui ïes entoure, ils constituent les globi intra ou extra-cellulaires, les gelbe Schollen , les corps bruns de Hansen (fig. 13 bis), parfois assez considérables pour être visibles à l’œil nu. Dans ces colonies, les bacilles juxtaposés rappellent par leur disposition un paquet de cigares, une gerbe d’épis, une boule épineuse, etc. Certains considèrent que l’agglutination des bacilles résulte de l’adhésion, de la fusion de l’enveloppe qui entoure chacun d’eux. Mais, en fait, la nature de la gangue qui unit les éléments bacillaires est totalement inconnue. (Voirp. 123,1a constitution chimique de la glée).
La méthode d’enrichissement par l’antiformine (Steffenh agen et Uheenhuth) peut être aussi appliquée aux produits d’expectoration des lépreux.
Entreprise par P. G. Unxna et ses élèves, cette étude a été poursuivie par son fils à l’aide de la méthode dite « Leprahacks » qui consiste à prélever des copeaux cutanés sur des lésions lépreuses, à les réduire en poudre, à mélanger celle-ci avec de l’eau distillée, à centrifuger le liquide laiteux ainsi obtenu et à étaler sur lame le sédiment. L'éther et le chloroforme produisent l’allongement, le gonflement, l’état sinueux ou la réduction de volume du corps bacillaire et déterminent la formation de lacunes, ce qui conduit P. Unna, junior, à admettre que dans les bacilles se succèdent alternativement des portions, les unes riches, les autres pauvres en graisse. La lessive de potasse exerce en général une action beaucoup plus intense et fait disparaître les bacilles en un temps relativement court. Les grains de Lutz résistent beaucoup plus longtemps aux procédés d’extraction que les autres parties du bacille.
Il résulte de ces recherches que les graisses neutres sont en petite quantité dans les bacilles et que les acides gras y existent en beaucoup plus grande abondance, surtout les acides gras fusibles à un degré supérieur (acides palmitique et oléique). Les acides gras ne sont pas combinés avec de la cholestérine ; vraisemblablement ils existent à l’état libre, toutefois ils sont en partie représentés par de la lécithine, comme cela paraît résulter de la résistance des bacilles après l’action de l’acétone.
Jeanselme. — La Lèpre.
Acido-résistance et alcoolo-résistance. — Ces deux propriétés doivent être distinguées soigneusement l’une de l’autre, car un séjour prolongé dans l’alcool décolore encore des bacilles acido-résistants.
L’acido-résistance est due, soit à ce que le corps bacillaire entièrement privé de ses acides gras est acido-résistant par lui-même, soit à ce qu'il contient des alcools gras neutres difficilement fusibles dont le mélange constitue les cires.
Au sens strict du terme, l’acido-résistance est la faculté de retenir les matières colorantes après que les acides ont agi sur la préparation et après que celle-ci a été simplement lavée à l’eau.
L’alcoolo-résistance désigne la faculté de retenir la matière colorante après un long traitement par l’alcool. Au moyen de l'extraction par l’alcool, l’éther, le chloroforme et le benzol, on peut isoler les graisses acido-résistantes, mais non les graisses alcoolo-résistantes.
P. Unna aboutit à une conclusion conforme à la conception de son père. L’acido-résistance du bacille de la lèpre résulte du mélange intime des corps gras exclusivement acido-résistants et de ce qui subsiste du corps bacillaire après le départ de ces corps gras ; ce reste est seulement alcoolo-résistant et vraisemblablement constitué en majeure partie de corps albumineux. Les grains de Lutz consistent principalement non en albumine et en graisse, mais en hydrate de carbone, en un corps sans doute analogue au glycogène.
D’après A. Paldrock, les granula sont constitués en majeure partie par de l’acide nucléinique libre, tandis que dans l’enveloppe et dans le corps bacillaire prédomine la nucléine (nucléoprotéine). Cet auteur signale des différences dans la constitution chimique des bacilles de la lèpre et de la tuberculose, d’où il résulterait que les mêmes agents thérapeutiques n’ont pas la même action dans ces deux maladies.
Déjà Hansen et Neisser avaient eu recours à l'osmium ; mais c’est surtout Unna qui s’en est servi dans ses études sur la teneur des bacilles en graisse, et sur la glée. Il a donné les deux formules suivantes :
I. — Fixation dans le mélange de Flemming Osmium-acide chromique-acide acétique, 24 à 28 heures ; — lavage prolongé à l’eau courante ; - — solution aqueuse de safranine à 1 pour 100, une demi-minute ; — lavage ; emploi de l’alcool absolu pour deshydrater ; — - Aniline additionnée de 1 pour 100 de pyrogallol, une nuit. Les bacilles vivants sont brun-noir ; les bacilles morts d’une teinte allant du jaune au brun ; les noyaux sont rouges ; les mitoses d’un rouge foncé ; la graisse des glandes sébacées, des glandes sudoripares et du tissu sous-cutané, noire ; la couche cornée est noire ; le collagène est d’un gris rougeâtre.
IL — Méthode Osmium- Argent-Safranine : les coupes restent 12 heures à l’obscurité dans une soucoupe additionnée de 2 gouttes d’une solution de nitrate d’argent à 1 pour 100 ; — laver à l’eau distillée ; — ■ porter dans une solution de 10 à 20 pour 100 d’hyposulfite de soude pendant 6 à 12 heures ; - — - laver dans l’eau distillée ; — • mettre les coupes pendant 2 minutes en contact avec une solution aqueuse à 1 pour 100 de safranine ; — laver ; — plonger les coupes dix minutes dans une solution aqueuse de tannin à 30 pour 100 ; — bien laver ; — Alcool, huile et baume. Le bain d’argent renforce l’action de l’osmium sur la graisse, mais produit des précipités qu’on dissoudra par l’hyposulfite de soude. L’action de ce réactif ayant débarrassé les parties du bacille les moins imprégnées de l’osmium et de l’argent en excès, la figure des grains est renforcée et celle des bacilles est atténuée. Les bacilles sont gris-noir ; les noyaux, rouge-sombre ; la graisse des glandes sébacées, des glandes sudoripares et du tissu sous-cutané, la couche cornée de l’épiderme, noir ; le tissu collagène, gris jaunâtre.
D’après Cedercreutz (d’Helsingfors), les grains de substance réfringente contenus dans les cellules lépreuses ( corps bruns de Hansen) sont peu visibles sur des préparations non colorées. Ils ne noircissent pas d’une façon appréciable par l’acide osmique ; ils sont
biréfringents, se dissolvent dans l’alcool à chaud et dans l’éther ; deviennent plus bruns par la réaction de la cholestérine de Unna et Golodetz ; ne se colorent pas par le Fisclher ; par le Scharlaeh-Rot ils deviennent rouge écarlate et jaunes par le Sudan I I I. En considération de ces caractères, Cedercreutz considère comme démontré que les cellules dont il s’agit contiennent de la cholestérine sous une forme ou sous une autre.
Quant à la glée, elle est peu apparente sur préparations non colorées ; elle ne noircit pas sous l’action de l’acide osmique ; elle n’est pas biréfringente ; la réaction de Unna et Golodetz est négative et le Fischler laisse la glée incolore. Avec le Scharlaeh-Rot, elle se teint en rouge jaune, avec le Sudan III en jaune, avec le Ciaccio en orange. De ces réactions, Cedercreutz tire la conclusion que la glée est constituée, du moins pour la majeure partie, par un lipoïde. Le fait que la réaction de Fischler est négative montre bien que cette substance ne contient pas d’une façon notable, ni acides gras, ni savons. Les recherches ont démontré que les substances grasses de la couche profonde de la glée sont des corps isotropes, homogènes, lipoïdes.