TENTATIVES D'INOCULATION
Elles sont presque aussi nombreuses que les essais de culture (3). Elles ont porté non seulement sur les petits animaux de laboratoire (Cobayes, Lapins, Souris blanches, Rats blancs), sur des Chiens, Chats, Cochons, etc., mais aussi sur des Singes de l’ancien et du nouveau continent (Macacus sinicus, M. rhésus, M. cynomolgus, M. pseudo-Cebus, Capucins, Carayas, Therapithecus Gelada, Pithecus sinicus, Erythrocebus Pata, etc..). Certaines tentatives ont été faites sur des oiseaux (pigeons) et même sur des animaux à sang froid (grenouille, anguille, Cobitis fossilis).
Toutes les voies d’introduction ont été utilisées et les expérimentateurs ont eu recours aux techniques les plus variées : scarifications de la peau, injections intra-dermiques ou sous-cutanées, poches cutanées ou sous-cutanées dans lesquelles a été insérée la matière virulente, inoculation dans les gros troncs nerveux, dans la substance cérébrale, dans les gan-
(1) M. Ota et S. Sato, Soc. de Biol., 9 janv. 1932, p. 29.
(2) H. C. de Souza-Araujo (Memorias do Instituto Oswaldo Cruz, 1929, t. XXII, pp. 145-152), dont j’ai rapporté plus haut (p. 133) les recherches, a isolé d’un léprome un Actinomyces (. Actinomyces lepromatis, n. sp. IIilda). Il considère que ses expériences sont la répétition partielle de celles de Deycke et Rescijad, William, Rost, Ivedrowsky, Hermann de Sciirôtter, etc. Les bacilles à’ Actinomyces lepromatis cultivés sur milieu au beurre ou à l’huile d’olive donnent des formes acido-résistantes. Tout récemment, M. H. Soûle et É. R. McKinley (The American Journ. oj Trop. Med., 1932) ont ensemencé une émulsion de tubercules lépreux humains sur différents milieux : pomme de terre glycérinée ; — hormone-glycérine-agar ; — milieux à l’œuf. L’air était remplacé par de l’oxygène. Après six semaines de séjour à 37°, ils obtinrent des cultures sur pomme de terre et sur hormone-glycérine-agar. Ces cultures furent inoculées à 10 Rhésus et 7 jeunes Cebus, au niveau de l’arcade sourcilière par injection intra-dermique ; chez 8 Rhésus et 5 Cebus se développa un nodule caractéristique qui était bacillifère. L’un des nodules s’ulcéra, une semaine après son apparition. Les inoculations faites à d’autres singes avec les produits de cette ulcération demeurèrent stériles. Les auteurs reconnaissent que cette expérience n’est pas concluante.
(3) Les inoculations pratiquées sur l’homme seront exposées à I’Etiologie (pp. 214 et suiv.).
glions lymphatiques, dans le péritoine, clans la chambre antérieure de l’œil... La voie digestive a été rarement empruntée.
La matière virulente inoculée a été un fragment de tissu (léprome en période de développement, pidpe splénique, moelle des os, etc.) n’ayant subi aucune préparation ou bien finement broyée, délayée dans une solution saline et injectée sous forme d’émulsion. Quelquefois, ce sont des cultures obtenues en partant d’un organe humain ou animal qui ont été inoculées pour rechercher leur virulence.