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XI. — MODIFICATIONS DE LA TEMPÉRATURE GÉNÉRALE

Les poussées fébriles liées au processus lépreux portent le nom de fièvre lépreuse ou fièvre de réaction.

Tantôt l’ascension thermique est progressive et coupée par de nombreux paliers (fig. 212), tantôt elle monte en quelques heures et sans arrêt de 37° au voisinage de 40 (fig. 213) ; toutefois elle est rarement aussi brusque que dans un accès palustre qui peut d’ailleurs être déclenché par une poussée fébrile lépreuse. A la période d’état, le tracé est celui d’une fièvre subcontinue (fig. 212) ou franchement rémittente (fig. 213) ; en ce cas, chaque matin, la température descend presque à la normale pour atteindre son maximum (39°5 à 40°) dans la soirée. Il n’est pas rare qu’à la période d’acmé la courbe soit plus tendue (fig. 212) ; la rémission matutinale est alors faible ou à peine ébauchée. La durée d’une poussée fébrile est très variable ; le plus souvent, elle n’excède pas trois semaines à un mois ; mais, quand les éléments éruptifs, au lieu d’apparaître simultanément, se succèdent à courts intervalles, les poussées fébriles deviennent subintrantes. J’ai releA^é une courbe thermique qui s’est prolongée, pendant 9 mois, à peine coupée par quelques jours d’apyrexie. Eu pareil cas, le tracé général rappelle singulièrement celui d la fièvre mélitococcique.

La lièvre lépreuse s’accompagne de frissonnement, de sueurs, de céphalée, souvent de pseudo-rhumatisme infectieux.

La médication antithermique n’a que peu de prise sur cette fièvre spécifique. La quinine, à moins d’association de la lèpre au paludisme, se montre tout à fait inefficace.

(1) Dohi et Nakano, Histologische Untersuchung der Addisonischen Krankheit. Japan. Zeitsch. jür Dermat. 1910, t. X, p. 644.

(2) Kumagai, Addisonische Krankheit, hervorgerufen durch die leprôsen Verânderungen der Nebeniere. Tokyo - Ijishinshi, 1914, n° 1884.

ÉTUDE ANATOMO-CLINIQUE

Cette fièvre est vraisemblablement l’expression de la bacillémie et, en fait, la présence du bacille de Hansen dans le sang des lépreux, au cours des poussées fébriles, a été souvent signalée.

Fig. 212. — Courbe thermique [Collection Jeanselme).

A. Eclosion de nouveaux tubercules et turgescence des anciens.

Pour expliquer ces reprises d’activité accompagnées d’élévation thermique. Jadassohn invoque une hypersensibilisation ( Ueberempfindlichkeit ) de l’organisme. La poussée initiale elle-même est justiciable de cette explication ; car, lorsqu’elle se produit, l’infection date déjà d’un certain temps. A l’appui de sa conception, Jadassohn cite les expériences de R. O. Stein qui a réalisé de fortes réactions avec un antigène provenant d’extraits de lépromes. Ces observations de Stein ont été en partie confirmées par les réactions consécutives à l’injection de lépromine de Bargeiir.

Fig. 213. — Courbe thermique (Collection Jeanselme). Poussées subintrantes durant depuis neuf mois.

Wade pense que les protéines toxiques d’origine bacillaire en agissant sur les tissus sensibilisés déterminent l’inflammation et la fièvre.

Les infections streptocoeciques si communes au cours de l’évolution de la lèpre et la tuberculose peuvent être l’origine de mouvements fébriles.

A la période cachectique, il n’est pas rare de constater un abaissement marqué de la température centrale.

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