IL — LES VOIES D'EXÉCUTION
Le corollaire obligé de ces mesures prophylactiques est la création d’asiles appelés : léproseries, maladreries ou maladières en France ; — - lazzaretti en Italie ; — leper ou
(1) Secousse, Ordonnances des Roys de France de la troisième race, in-fol., t. V, p. 451 sq.
(2) Statut de 1264 et de 1311.
(3) Bortolan, Il lebbrosario di S. Lazzaro, Vicence, 1886.
INTRODUCTION HISTORIQUE
lazar-houses en Angleterre et en Ecosse ; - — - Gutleut hâuser et cours Saint-George en Allemagne et en Scandinavie.
Mais avant d’entrer dans ces refuges où ils pourront vivre enfin à l’abri des vexations et du mépris auxquels ils sont exposés chaque jour, combien long et pénible sera le calvaire qu'ils auront à gravir depuis le simple soupçon jusqu’à la « mise hors le siècle » ! La persécution et la dénonciation des voisins, l’enquête, les épreuves, le verdict, l’office lugubre de la séparation, sont les stations de ce douloureux chemin de croix.
C’est, à l’origine, l’Olïicial ou juge ecclésiastique qui est chargé de recevoir les plaintes et de faire l’enquête ; plus tard, dans certaines communes, ce seront les échevins. Parfois même la dénonciation est obligatoire pour tous les habitants. La coutume du Boulonnais décide que si un ladre meurt dans une paroisse sans que la justice ait été avisée de sa présence, « tout le bestial à pied fourché de ces habitants appartiendra et sera confisqué au Seigneur du lieu, pour les punir de leur négligence... »
Dans le marquisat d’Anvers, c’est l’Officier de la Courte Verge qui est chargé de dépister les ladres.
D’après les statuts de Turin (1468), le Juge, dans le premier mois de son entrée en fonction, doit faire élire dans le Conseil des « Credendarii » deux hommes honorables qui auront la charge de rechercher les ladres.