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A. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

I. - — - Associer intimement la Thérapeutique à la Prophylaxie, est une conception toute moderne. Au moyen-âge, la plupart des léproseries ne consacraient aucune part de leurs revenus au traitement des internés qui souvent étaient obligés de fournir eux-mêmes ce qui était nécessaire pour les panser.

A la prophylaxie pure, c’est-à-dire à la protection de la société, le lépreux est en général indifférent, sinon hostile ; par contre, il s’intéresse au plus haut degré à ce qu’on fait pour le guérir ou tout au moins pour atténuer ses souffrances. Assurer la prophylaxie ne semble possible que si l’on connaît au préalable le nombre et la répartition des malades ; mais, dans la déclaration obligatoire, ils ne voient qu’une mesure préjudicielle à l’incarcération. Prodiguez vos soins aux lépreux, ils accourront en foule et coopéreront, conscients ou non, à l’œuvre de prophylaxie. L a Société fondée aux Indes Néerlandaises par Kiewet de Jonge et J. D. Kayser qui se propose pour but principal le traitement des lépreux à domicile, a pu, en une seule année, dépister à Batavia 130 cas de lèpre; dans le même temps, 30 cas seulement furent officiellement déclarés.

(1) Pour éviter des redites inutiles, j’ai omis de citer ici bien des faits et de traiter bien des questions qui ont déjà trouvé place dans l’Etiologie. Consulter ce chapitre.

II. — Le corps médical tout entier doit coopérer à la lutte contre les fléaux sociaux. Or, dans les contrées où la lèpre ne s’observe que d’une façon occasionnelle, elle est presque toujours longtemps méconnue. En 1928, Spillmann (de Nancy), après avoir rapporté à l’Académie de Médecine le cas d’un lépreux en période floride qui avait pu traverser à plusieurs reprises les frontières du Portugal, de l’Espagne et de la France et séjourner longtemps dans ce dernier pays sans être reconnu, suggérait de rédiger une Notice sommaire à l'usage des médecins. Ce vœu fut agréé (1) et la notice a été envoyée non seulem enta tous les médecins de la Métropole, de la Marine et des Colonies, mais aussi aux médecins qui exercent en Algérie, en Tunisie, au Maroc et dans les pays sous mandat tels que la Syrie.

III. — Dès la Ire Conférence Internationale de la Lèpre (1897), germa l’idée d’établir un Bureau permanent chargé de préparer les Conférences successives et de recueillir dans l’intervalle des sessions les faits d’ordre épidémiologique, les statistiques et documents législatifs concernant la lèpre. Pour réaliser ce projet, il fallait créer un périodique qui serait un trait d’union entre les léprologues du monde entier. Ce journal fut Lepra, Bibliotheca Internationalisa dont le premier volume parut en 1900 et le quinzième et dernier au début de l’année 1915. Ce recueil, qui avait à sa tête d’éminents léprologues, jouit d’une haute autorité pendant sa trop brève existence. Sa disparition fut vivement ressentie ; aussi les membres de la IIIe Conférence Internationale (1923), sur la proposition de son secrétaire général Marchoux, formulèrent-ils les trois vœux suivants : Que la Société des Nations : se charge de reprendre la publication du périodique « Lepra» ( Archives Internationales de la Lèpre) ; — - constitue un Bureau International d’informations et de renseignements sur la lèpre ; — se préoccupe d’établir la Statistique des cas de 'lèpre existant dans le monde. Le Comité d’ Hygiène de la Société des Nations fit à ces trois propositions les réponses suivantes. Il ne consent pas à reprendre la publication du journal « Lepra » ; il publiera les mémoires importants qui lui seront adressés, il fera figurer dans son rapport épidémiologique mensuel les renseignements statistiques et autres qu’il recevra sur la lèpre.

A l’initiative privée revient le mérite d’avoir créé l’agent de liaison reconnu nécessaire. A la Conférence de Manille (janvier 1931) fut constituée une association qui a pris le nom de The International Leprosy Association, avec le sous-titre français : Association internationale de la Lèpre. Elle a pour objet de faciliter la collaboration entre les personnes, de toutes nationalités, qui s’occupent de la lèpre et la coordination de leurs efforts ; de répandre la connaissance de la lèpre et de favoriser par tous les moyens pratiques la lutte contre cette maladie dans le monde entier et, pour parvenir à cette fin, de publier un journal scientifique consacré à l’étude de la lèpre. Ce périodique International Journal of Leprosy recevra une subvention du Leonard Wood Memorial for the Eradication of Leprosy et paraîtra quatre fois par an. Le premier fascicule porte la date de Janvier 1933.

IV. — En divers pays se sont créées des lignes contre la lèpre, œuvres de solidarité et de prophylaxie sociales. Aux Indes néerlandaises, en 1906,Kiewet de Jonge et J. D. Kayser fondaient une société pour lutter contre la lèpre. Elle se proposait pour objectif principal le dépistage des lépreux et leur traitement à domicile. L’opposition des indigènes, des Chinois en particulier, l’insuffisance des subsides, la fondation de la Croix d’Orange qui divisa les efforts ont rendu très pénible la tâche des organisateurs. Néanmoins, en 1926, après vingt ans d’existence, la société avait dépisté 1.783 cas de lèpre et traité 6.456 malades.

En 1923, sous le patronage du prince de Galles, fut fondée The British Empire Leprosy Relief Association. Son but principal est de rassembler des ressources en quantité suffisante pour traiter les lépreux régulièrement et parles méthodes appropriées. Elle a effectué de nombreuses plantations d’arbres dont on extrait l’huile de chaulmoogra dans l’Inde

(1) E. Jeanselme. — Notice sur la lèpre, rédigée au nom de la Commission de la lèpre de l’Académie de Médecine composée de MM. E. Roux, Netter, Widal, Darier, Marchoux et Jeanselme, et adoptée dans la séance du 6 novembre 1928.

PROPHYLAXIE

Anglaise, en Nigeria, à la Côte de l’Or, à Sierra Leone, dans l’Ouganda, à Malte, aux Barbades et à la Guyane Anglaise. Vingt-cinq centres de traitement furent ouverts dans l’Afrique britannique ; 100.000 doses d’alépol furent utilisées. Les médecins chargés de la lutte contre la lèpre sont formés à l’Ecole Tropicale de Calcutta. Le but poursuivi n’est pas l’isolement des malades, car l’entretien d’un lépreux interné, dans la Nouvelle- Galle du Sud par exemple, coûte annuellement 200 livres, tandis que cette somme suffit pour traiter dans des dispensaires 1.600 lépreux ; dans l’Inde, pareille somme permet de soigner 60 lépreux ambulants.

Aux Etats-Unis a été fondé le Leonard Wood Memorial, en l’honneur de l’ancien gouverneur des Philippines qui, dans sa jeunesse, avait été officier du corps de Santé et porta toute sa vie un vif intérêt aux questions de prophylaxie, en particulier à celles qui concernent la lèpre. Cette Ligue est parvenue à rassembler une somme de deux millions de dollars pour la lutte contre la lèpre aux Philippines.

V. — Les missions confessionnelles, catholiques ou protestantes, peuvent rendre les plus grands services. J’ai vu autrefois les Lazaristes à l’œuvre, en Birmanie et dans l’ Indo- Chiné Française. Les religieuses de Saint-Paul de Chartres envoient des infirmières conorégamstes dans les colonies françaises pour soigner les lépreux. Beaucoup de missions protestantes à Madagascar, en Nouvelle-Calédonie et ailleurs prodiguent leurs soins aux lépreux (1).

(1) Les éléments de la note suivante m’ont été fournis par le R. P. Gérard des Missions étrangères, et par M. le Pasteur Allegret, l’un et l’autre membres de la Commission consultative de la Lèpre au Ministère des Colonies.

A. — Missions catholiques françaises. — Différents ordres religieux prêtent leur concours aux lépreux dans plus de 80 établissements disséminés dans le monde entier. Mais, sur ce nombre, environ 75 pour 100 sont administrés par l’Etat ou les Gouvernements Coloniaux.

Des sœurs de Saint-Josepb de Cluny assistent les malades à l’hôpital pour lépreux de Marana (Madagascar), au sanatorium de la presqu’île Ducos (Nouvelle-Calédonie), au village des forçats de l’Acarouany (Guyane Française) ; — des sœurs Franciscaines, Missionnaires de Marie, soignent les malades delà léproserie de Makogaï (Iles Fidji), de Ouvéa, Fayaoué, Maré (Loyalti), de Pouébo, Hienghène, Tyé, Houaïlou (Nouvelle-Calédonie), du village de lépreux de Quihoa (Annam), de l’hôpital de Rangoon (Rirmanie méridionale), de l’hôpital de Mandalay (Birmanie septentrionale), d’un certain nombre de léproseries de l’Inde anglaise et enfin de la colonie de Culion ; — • des sœurs de Saint-Paul de Chartres desservent la léproserie de Sontay (Tonkin) ; — des Missionnaires français veillent sur les malades de la colonie « Agua de Dios » (Colombie) etc.

Les Missions Catholiques Françaises qui dirigent, à titre privé, des établissements ouverts aux lépreux sont :

1° Les Pères Blancs d’Afrique : léproserie de Villa Maria, dans l’Ouganda, (Afrique Orientale Britannique), contenant unr trentaine de malades répartis dans de petites maisons individuelles construites en briques ; ■ — Villa Ouaghadagou (Haute Volta) ; — village de Bamako (Soudan Français).

2° Les Pères Jésuites : Hôpital pour lépreux de Marana, près de Fianarontsoa (Madagascar), contenant 220 malades en 1932 ; aménagement parfait, eau courante abondante, jardins des lépreux échelonnés sur les versants de deux montagnes qui limitent la vallée ; les hommes valides se livrent à des travaux agricoles, 1er femmes tissent le tafia ; le directeur est un jésuite, docteur en médecine ; il est assisté de 6 sœurs de Saint-.Toseph de Cluny.

3° Les Pères Lazaristes : léproserie de Farafangana (Madagascar), 220 places.

4° Les Pères Capucins : léproserie de Harrar (Abyssinie) fondée en 1901 , sous les murs de la ville ; environ 50 lépreux logés dans de petites cases individuelles ; entrée et sortie libres des malades.

5° Les Pères des Missions Africaines de Lyon : petits Hôpitaux-villages à Abeokuta et à Igbouzo (Nigeria Anglaise).

6° Les Mission Étrangères ; léproseries au Japon, à Gotemba (village de 80 lépreux), à Biv azaki (hôpital pour 71 lépreux), et dans l’île de Sheklung (village de 782 lépreux) ; — en Chine, à Tatsienlou (Thibet chinois), village-hôpital pour 58 lépreux ; — au Tonkin, à Thanh Hoa (hospice pour 300 malades environ), à Sontay (hospice pour une trentaine de malades) ; — en Annam, à Quihoa (village de 200 lépreux environ) ; — en Cochinchine, village de Djiring ; en Birmanie, hôpitaux pour lépreux de Rangoon (303 malades) et de Mandalay (258).

B. — Missions protestantes françaises. — Bien avant la conquête française, des missions confessionnelles appartenant à différentes nationalités assistaient les indigènes lépreux de Madagascar. Actuellement, le service de la léproserie de Manankavally (980 places) est assuré par la mission protestante française, celui de Mangarano (900 places) par la mission norvégienne, celui de Loudou (30 places) par la « Missionary Society». Un autre centre d’activité des missions protestantes françaises est l’Océanie : à Ciba (île de Lifou), 150 à 180 lépreux sont logés dans une quarantaine de cases ; en outre, dans chaque village de l’île, il y a une case-infirmerie où les malades non internés se rendent aux jours fixés pour la visite hebdomadaire. Une infirmière protestante assure le traitement sous le contrôle médical. A Maré, il existe une infirmerie protestante et une léproserie catholique. A Tahiti, au village de ségrégation de Oroiaro, le médecin est assisté par deux infirmières diaconesses. — En France, le pasteur Delord a ouvert un asile pour les lépreux de la métropole dans l’ancienne chartreuse de Valbonne, Gard (voir son plan, fig. 248).

En 1924, M. W. H. P. Anderson, secrétaire général de la « Mission to Lepers » dont le siège est à Londres, a résumé les principaux traits de son activité, à l’occasion de la cinquantième année de son existence (1). Fondée en 1874, cette société porta son premier effort sur l’Inde, époque à laquelle Sir Henry Ramsay ouvrit un asile de vingt lits à Almora dans les Provinces-Unies. De l’Inde, l’œuvre s’étendit au Pendschab, à la Chine, à la Corée, au Japon, aux Etats Malais, au Gouvernement du Détroit, aux Philippines, à l’Afrique du Sud, à Madagascar, à l’Argentine, à la Guyane Hollandaise et à Panama.

D’abord limitée à l’Inde, la Société avait donc pris dans la suite un caractère international. En 1924, elle comptait 73 léproseries et 21 stations de traitement, elle soignait dans ses asiles 7.850 lépreux, elle élevait dans des orphelinats 683 enfants de parents lépreux, mais paraissant indemnes. Enfin, dans ses stations, elle avait en traitement ou sous sa surveillance 10.250 lépreux et enfants de lépreux.

Aux Indes Néerlandaises, la lutte contre la lèpre a été confiée aux Missions et à l’Armée du Salut qui dispose de plusieurs léproseries dans l’Archipel (2).

VI. — Un certain nombre de journaux ont pris la défense des intérêts des lépreux. Je citerai parmi eux Charitas Scientia, journal de la Société catholique : Pro Leprosi publiée parle prof. Vinzenzo d’AMATo, Rome, son existence fut éphémère ; — Leper News, organe de la Mission américaine contre la lèpre, New- York ; — Without The Camp, journal trimestriel de la Mission contre la lèpre, Londres ; — Leprosy in India, journal trimestriel publié par le Conseil Indien de The British Empire Leprosy Relief Association ; — Boletim da Societade de Assistencia cios lazaros e defeza contra a lepra Sâo Paulo, etc.

VIL — Avant de conseiller une mesure prophylactique, il faut au préalable envisager quelle sera sa répercussion financière. Aux Philippines, 600.000 dollars, soit 2 pour 100 du revenu général et le tiers de la somme consacrée aux dépenses sanitaires, peuvent être attribués à la lutte anti-lépreuse. Pour faire le même effort financier, l’Inde anglaise, d’après Rodriguez, devrait disposer d’un demi milliard de dollars, or, elle ne met au service de cette lutte qu’un peu plus d’un million de dollars. Aussi, d’après Oldrieve, parmi les malades des asiles de l’Inde, à peine plus de 25 pour 100 sont traités conformément aux indications modernes.

Comme de nombreux pays ne sont pas en situation de faire l’effort indispensable pour que la lutte entreprise sur leur territoire soit efficace, et que cette lutte est profitable, même aux pays indemnes, qu’elle mettrait à l’abri d’une contamination éventuelle, on en vient à l’idée de constituer un fonds international commun destiné à la lutte mondiale.

VIII. — Des mesures, au demeurant très justifiées, sont de nul effet lorsqu’elles ne sont pas prises simultanément dans deux régions limitrophes. Qu’on applique dans l’une d’elles des dispositions, non pas rigoureuses, mais qui gênent tant soit peu la liberté d’allure des lépreux, et beaucoup d’entre eux passeront la frontière. L’endémie ne sera pas atteinte, elle ne sera que déplacée.

Nombre de questions concernant la lèpre ne peuvent être résolues sans une entente internationale ; telles, par exemple, les conditions imposées au voyage des lépreux, leur rapatriement, le paiement des frais d’hospitalisation ou d’entretien dus aux pays qui les ont hébergés, etc. Il semble que nulle ne soit mieux qualifiée que la Société des Nations pour faire l’étude de ces différents problèmes. A elle pareillement serait confiée la tâche, après entente avec les pays intéressés, de fixer la quotité qu’ils doivent verser au fonds international commun destiné à la lutte contre la lèpre.

(1) M. W. H. P. Anderson, La lutte contre la lèpre. IIIe Conf. Internat, de la lèpre, (Strasbourg, 22-31 juill. 1923), Paris, 1924, pp. 451-456. — Cf. Fiftieth years work for Lepers 1924.

(2) Paul Bourdarie, Aux Indes Néerlandaises. Santé Publique et Hygiène Sociale. Rev. de Méd. et d’LIyg. tropic., sept.-oct., 1931, n° 5.

PROPHYLAXIE

B. — ÉVOLUTION DES CONCEPTIONS PROPHYLACTIQUES DEPUIS TROIS QUARTS DE SIÈCLE

Danielssen, qui a toujours nié la contagion de la lèpre, était partisan de l’internement des malades. Ce faisant, il pensait s’opposer à l’hérédité qui, d’après lui, serait la cause principale de la maladie. La création de lieux d’isolement n’implique donc pas nécessairement la croyance en la contagion.

Au xixe siècle, une série de mesures importantes contre la lèpre se succèdent en Norvège (1). Trois enquêtes successives étaient faites pour dénombrer les lépreux, la première en 1836 donna le chiffre de 650 malades, la seconde en 1845 enregistra 1.125 lépreux, enfin la dernière entreprise en 1856 releva 2.079 cas. Bien qu’il faille admettre que, lors des deux premiers dénombrements, beaucoup de lépreux avaient passé inaperçus, il ne semble cependant pas douteux qu’il y eut accroissement rapide de la lèpre dans la première moitié du siècle dernier. Au surplus, par des statistiques ultérieures, il fut établi qu’en 1856 le nombre réel des lépreux en Norvège s’élevait à 2. 833 (2), c’est-à-dire à 2 pour 1000. En 1857, furent créées des Commissions sanitaires dans les districts où l’endémie était en accroissement. Ces Commissions devaient donner toute leur attention aux circonstances qui, dans l’étendue du district, semblaient favoriser l’extension de la lèpre, examiner jusqu’à quel point ces circonstances pourraient être écartées et proposer toutes les améliorations qu’elles jugeraient utiles d’apporter. Cette enquête prit fin en 1860.

En 1868, Armauep. Hansen commençait ses études sur la lèpre. Par ses recherches anatomo-pathologiques, il acquit la conviction que les « corps bruns » ( braune Kôrper ), découverts par Danielssen, étaient des formations caractéristiques appartenant en propre à la lèpre (fig. 13 bis). C’était donc une maladie spécifique, notion qui s’accordait mal avec l’opinion de Danielssen d’après lequel la lèpre, surtout héréditaire, pouvait résulter de causes multiples, occasionnelles et banales. Une maladie spécifique ne pouvait résulter, d’après Hansen, que d’une cause univoque. Les enquêtes qu’il fit sur l’extension de la lèpre, dans quelques districts, l’amenèrent à cette conception qu ’une inoculation était la cause la plus plausible de la maladie. Il appuyait sa théorie sur les arguments suivants. Dans de grandes familles, seuls étaient devenus lépreux les membres qui avaient habité dans des régions où la lèpre était assez fréquente. En une localité, il trouva six lépreux dans trois fermes où tous les habitants étaient parents ; dans d’autres endroits du même fjord, étaient situées trois autres fermes habitées par plusieurs familles qui n’étaient pas apparentées entre elles, et là, on comptait huit lépreux provenant de six familles différentes. Ainsi donc, dans les trois premières fermes la lèpre paraissait être une maladie familiale, tandis que dans les trois autres, elle n’offrait pas ce caractère. Hansen faisait remarquer, en outre, que ces faits n étaient pas conciliables avec la théorie de l’hérédité, mais qu’ils devenaient compréhensibles avec l’hypothèse de l’inoculation. Ensuite, Hansen prouva qu’à Bergen où, dans la population

(1) G. Armauer Hansen et H. P. Lie. Die Geschichte der Lepra in Norwegen. IIe Conf. Internat, de la lèpre, Bergen,

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