INTRODUCTION DE LA. LÈPRE, ETC
des comtés de Glocester et de Northumberland, quoiqu'il y ait, je crois, des preuves certaines que quelques colons ang-lais (et écossais) sont tombés aussi victimes de cette horrible maladie. » Le g-ouverneur n'avait pas à hésiter, sur le dernier point : le fait était réel. Mais comment la maladie est-elle parvenue à ceux-ci? Ce n'est point par l'hérédité, puisqu'ils sont Anglais. Ce n'est pas davantage spontanément. Quand il n'y a que trente ou quarante malades dans tout le pays, répartis héréditairement entre un petit nombre de familles, il ne serait pas sensé de prétendre que la maladie est endémique, et que c'est le motif pour lequel nos colons, qui n'avaient pu l'avoir auparavant, l'ont alors contractée. Comment donc, encore une fois, les a-t-elle gagnés? C'est bien simple : par communication non héréditaire.
L'un des répondants du pays nous fournit une donnée précieuse, et qui va porter la lumière de la réalité dans nos recherches. « La maladie, nous a dit le D' Gordon, paraît propagée par transmission héréditaire, mais pas cependant de cette manière unique. Ainsi, des individus de race différente vivajit dans une même maison avec des lépreux ont été infectés, et sont morts de la maladie. » Si l'on considère qu'il n'y avait encore dans la contrée que trente à quarante malades, que tous les répon-.; dants les signalent comme appartenant héréditairement à un petit nombre des mêmes familles
françaises, qu'il n'y a-vait absolument que ceuxlà, et personne autre, il devient extrêmement probable, et peut-être certain, que ces individus de race différente qui ont contracté la maladie en vivant dans une même maison avec des lépreux étaient précisément nos colons anglais. Que ce soient, au reste, ces Anglais bu non, peu importe, il s'agit toujours d'une race différente et d'une race exempte, puisque seuls les Français étaient atteints ; et la preuve est la même.
Ainsi, la maladie pénètre dans le pays avec une famille : elle s'y multiplie quelque temps par l'hérédité sans sortir de la race. Mais bientôt on aperçoit quelques individus de race différente attaqués. Ici, il faut évidemment abandonner l'hérédité ; mais qu'y a-t-il ? Ils vivaient dans une même
maison avec des lépreux. Voilà le passage à une autre race pris sur le fait. C'est par ces rapports ou d'autres semblables que s'opère la transmission.
Troisième exemple (qui sera exposé plus au long) : prenez nos déportés de Saint-Laurent (Guyane Française). Ils sont exempts dansleur camp; mais quelques-uns s'évadent, et vont coucher dans des cases de nègres lépreux, et ils en sortent lépreux eux-mêmes. C'est de nouveau le passage d'une race à une autre, et il résulte de la contagion ou de la cohabitation.
En résumé, le passage du mal à une pure race,
sur un, sol nouveau, ne pouvant avoir lieu ni par l'hérédité, — cela est évident, — ni par un cas spontané, — cela est tout aussi clair, — mais seulement par contagion et cohabitation (et exceptionnellement inoculation), ce passage, disons-nous, est une preuve très-nette du caractère contagieux de la maladie.
tj 4:. — Propagation dans les populations par la liberté
des rapports.