CONSÉQUENCE DE LA TRANSMISSIBILITÉ
efTet ; et nous étions alors à l'Asyle. Qu'en résultet-il ? Juste ce que nous venons d'exposer. Nous n'en citerons qu'un trait entre cent. AunemUjiême de l'hospice est une femme qui sortit une première fois, et en eut deux enfants. On fut obligé de les placer dans un orphelinat, car ils ne présentaient aucun symptôme. Après la mort de son mari, la femme rentra ; mais au bout de quelque temps, on fut obligé de la congédier. Elle partit donc de nouveau ; et, comme dans la première occasion, elle voulut un compagnon, et le prit; et maintenant cet Elephantiasis Grœconim est en ménage avec un Elephantiasis Arabiim...
Son Excellence Longden qui avait, sur les instructions reçues, autorisé ces sorties, eut en même temps l'heureuse idée d'agrandir notre Asyle. Seulement, agrandir l'Asyle et en permettre la sortie, c'est fermer une porte à la lèpre, et lui en ouvrir une autre.
Afin de combattre la séparation, les contagionnistes font beaucoup valoir la crainte qu'elle inspire aux malades et à leurs proches. Mais, en premier lieu, nul n'a droit de nuire, et de préférer son intérêt particulier au bien général. Ici, comme en morale, un mal très grave n'a pas droit à la liberté. Et aucun homme sensé ne peut s'en plaindre, puisque c'est une suite des dispositions de la Providence, sur laquelle nous pouvons nous reposer avec une pleine confiance. En second lieu.
peut-on comparer la crainte du malade, crainte provenue d'unsentiment trop personnel et peu légitime, à cette autre crainte bien autrement légitime, universelle et profonde des populations entières? Cent personnes redouteront l'hospice; c'est vrai ; mais cent mille le réclameront vivement. Que disje ? la crainte opposée subsiste dans les famillesmêmes des malades; car, tandis que certains membres désirent par affection garder auprès d'eux le patient, d'autres, pour sauver le reste, souhaitent éloigner le danger. La plupart des enfants malades nous sont amenés à l'Asyle par leurs propres parents.
Ceux que le mot d'hôpital épouvante le plus, ce sont les personnes aisées : on peut avoir alors, comme nous allons le dire, des maisons de santé, où leur condition recevra ce qu'elle réclame.
Le grand tort, dans beaucoup de colonies européennes, a été de ne pas agir dès la première apparition du fléau. On l'a laissé presque partout grandir dans de telles proportions qu'il est maintenant prodigieusement difficile de s'en rendre maître. Et plus on lui permettra de croître, plus nombreuses seront les douleurs de famille et les réclamations que l'on suscitera. Les Hollandais, qui se sont immédiatement mis à l'œuvre dans leur île de Curaçao, n'ont eu alors à séparer et à peiner qu'un nombre très infime de malades; et, depuis cette époque, ils n'auraient peut-être jamais eu à séparer