‹ La Lèpre et ses modes de propagation à la Guyane FrançaiseChapitre 5 sur 16 · TO · texte numérisé non relu

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tombée annuellement est très considérable, elle varie entre trois et quatre mètres; aussi les essais hygrométriques dénotent-1ls une atmosphère saturée d'humidité durant huit mois de l’année et à un point voisin de la saturation pendant la saison sèche. L’'évaporation constante que révèle cet état atmosphérique, en absorbant la chaleur solaire, maintient la constance de la température. Le thermomètre sur la côte indique de 27° à 30° pendant le jour et de 25° à 28° pendant la nuit. Au fort de la saison chaude seulement la température peut dépasser 30°. Dans l'intérieur, le refroidissement nocturne est plus accentué : sur le placer Dieu-Merci, M. l'Ingénieur Moufflet a vu le thermomètre s’abaisser à 17° et même à 16° vers le milieu de la nuit, et dans leurs villages, les Indiens entretiennent du feu sous leurs hamacs autant pour se réchauffer que pour éloigner les insectes.

La direction générale des vents est E. avec des oscillations au nord et au sud. Les brises de N. E. se maintiennent pendant la saison pluvieuse, celles de S. E. règnent de juin à décembre.

Les données physiques qui précèdent laissent prévoir quelles influences morbides l'espèce humaine subira dans ce milieu. Le paludisme y domine toute la pathologie, il sévit sous toutes ses formes, atteint également chacune des races représentées à la Guyane et exerce son empire sur toute l'étendue de la contrée. Si les marécages sont géographiquement limités aux parties basses, savanes et pripris, les bois, d’autre part, avec leur dôme perpétuel d’épais feuillage qui intercepte la: lumière et le vent, conservent les émanations d’un sol formé de détritus végétaux et présentent les conditions les plus favorables à la multiplication des microorganismes qui apparaissent comme l'élément causal des affections malariennes. Dès que l’homme vient à séjourner dans ce milieu ou qu’il remue cet humus infiltré de germes pernicieux, il éprouve les effets du paludisme.

L'humidité continue jointe à la chaleur favorise encore le déve-

loppement des affections des voies respiratoires; elles affectent rarement 1ic1 la forme franchement aiguë qui s’observe à frigore sous d’autres climats, mais prennent des allures insidieuses et deviennent facilement chroniques; les broncho-pneumonies, Îles bronchites catarrhales s'observent fréquemment; la tuberculose adopte une marche plus rapide et devient plus sûrement fatale chez les sujets prédisposés. Les abcès du foie sont moins fréquents qu'aux Antilles, mais presque toujours multiloculaires. Enfin les maladies de la peau semblent avoir trouvé à la Guyane leur terrain le plus propice; nulle part peut-être elles ne sont plus nombreuses et plus rebelles,

En résumé, l’action du milieu sur l’homme est double, d'une

part il anémie l'organisme, lui enlève ses forces de résistance et

le prédispose à subir l’action de tous les agents morbigènes;

d'autre part il réunit toutes les conditions propres à favoriser la multiplication de ces agents.

Chose remarquable et qui semble en contradiction avec ce que nous venons de dire, sous ce climat où les tissus vivants suppurent avec tant de facilité, où les plaies en apparence les plus bénignes peuvent aboutir à la formation d’abcès ou d’ulcères, les grandes opérations sont rarement suivies d'accidents infectieux, elles donnent une proportion étonnante de succès. Ce fait a été observé par la plupart de nos collègues chargés du service des hôpitaux ; en maintes circonstances nous avons pu aussi le constater.

Toutes les races humaines ont à la Guyane des représentants. Il nous faudrait faire l’histoire de la colonie pour indiquer toutes les causes qui ont occasionné un tel mélange d’une population qui, dans sa totalité, n’excède pas 25,000 habitants.

La race nègre occupe par le nombre le premier rang; 17,000 individus de couleur peuplent Cayenne et les villages de la côte.

En outre, diverses tribus comptent 2 à 3,000 noirs dans le bassin GS

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