Sugar. — Cent. f. Bakt. Orig., 11 décembre
qu'elle existait alors même que les ganglions étaient peu volumineux.
Le D' Lebœuf”, qui conduit avec ténacité une laborieuse enquête sur la lèpre en Nouvelle-Calédonie, a recherché systématiquement dans l'entourage de quelques lépreux les cas de lèpre ganglionnaire et a eu l’occasion d'en découvrir un cas sur six personnes examinées. À la vérité, le malade n'était pas indemne de tout signe de lèpre. Il avait des douleurs depuis deux ans dans les membres inférieurs, et Lebœuf lui a trouvé un nerf cubital volumineux. Mais, alors que, dans des cas si légers, il est impossible de mettre le bacille de Hansen en évidence, Lebœuf l’a découvert dans un ganglion cervical.
A la Côte d'Ivoire, le D’ Sorel ? a visité un certain nombre de lépreux et a fait porter son examen non seulement sur eux, mais sur des personnes vivant dans leur entourage. Par ponction ganglionnaire, il a constaté qu'on pouvait fréquemment, 8 fois sur 19, découvrir le bacille de Hansen chez des lépreux avérés ; mais il à vu aussi que tous les ganglions n'étaient pas pris chez un même malade. Dans l’entourage de 7 lépreux, 15 personnes ont été examinées. Parmi elles, deux femmes, la mère et la sœur d’une lépreuse évidente, portaient des germes dans leurs ganglions. Si, chez la mère de la femme Aloua, l'examen clinique a fait découvrir la présence d’une plaque anesthésique dans le dos, pour la sœur, il est resté absolument muet. Cette femme était bien constituée et en très bonne santé apparente.
Voilà donc deux cas qu’un examen intentionnel a fait découvrir; combien d’autres passent inaperçus.
Lèpres frustes. — Photinos et Michælides * rapportent le cas d'une femme qui, saine, a épousé successivement deux lépreux et a vécu avec eux dans la léproserie de Spinalonga (Crète). Cette femme, après de nombreuses années de cohabitation avec des malades, ne présentait aucun signe apparent de lèpre. Mais, quoique indemne de syphilis, son sérum exa-
1. A. LEBOEUr. — Bull. Soc. de Path. exot., 1912. 2, SoREL. — Bull. Soc. de Path. exot., 1912, 3. ProTiNos et MICHÆLIDES,
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miné présentait une réaction de Wassermann positive. Il y avait évidemment chez elle une infection, peut-être ganglionnaire, qui n’a pas été recherchée.
Pas plus que les deux femmes observées par Sorel, celle-ci n'émetlait de germes à l'extérieur. Elle ne faisait donc pas courir de risques immédiats aux personnes de son voisinage.
Mais il n’en est pas toujours ainsi. Falcâo, en 1906, au Congrès international de médecine de Lisbonne, a signalé qu'il avait rencontré 17 cas d’ulcération primitive du septum avec émission de bacilles par le mucus nasal. Douze de ces cas ont été suivis. La lèpre s’est généralisée chez neuf d’entre eux.
A la II° Conférence de la lèpre, à Bergen, il a rapporté l'histoire de trois nouveaux cas” dont nous avons parlé déjà plus haut et chez lesquels il a pour ainsi dire assisté à l’éclosion des premiers accidents de la lèpre. Il s'agissait de personnes vivant au contact de lépreux. Falcâo, averti par son expérience ancienne, les suivait de près et leur examinait périodiquement le mucus nasal. Chez l’un, il a vu apparaître des bacilles après un rhume de cerveau. Les premiers accidents du côté de la peau se sont montrés trois mois plus tard.
Le 2° cas a été suivi pendant onze mois avant qu'apparaissent les premiers bacilles de Hansen. Il s’agissait d'un enfant, fils de lépreux. Quant au 3° cas, il a été observé pendant quatre ans. En février 1907, Falcäo vit apparaître un léger suintement de la pituitaire et se manifester à ce moment la présence de bacilles spécifiques dans le mucus nasal.
Des observations analogues ont été faites par Kitasato *. Le savant japonais à examiné 68 personnes ayant vécu de un à quarante ans au contact de lépreux. Chez trois d’entre ellesqui étaient apparemment saines, il a trouvé des bacilles lépreux typiques dans le mucus nasal. 11 s'agissait de trois femmes. La première, de quarante-six ans, mariée à un homme atteint de lèpre nerveuse, ne portait aucune lésion, ni à la peau, ni dans le nez. Elle n'émettait pas des germes d’une facon continue, car un examen fait cinq jours plus tard demeura infructueux.