‹ La Lescombat. Le moulin d'Heilly. David Dick. Les eaux des Pyrénées. Mademoiselle de SensChapitre 9 sur 18 · LETTRES DE LA LESCOMBAT · texte numérisé non relu

LETTRES DE LA LESCOMBAT

J^BEHIBllE LETTRE.

« 8on*e, môû cher âmi, à ce que tu m'as promis. Tu m*as to, par tout ce qu'il y a de plus sacré, de me défaire de mon *porat. Je me repose sur toi du soin de ma vengeance... Ciel ! levais donc être bientôt libre... je vais donc être vengée... ^aspire à cet Instant plein de charmes pour moi. Prends bien ton temps. Songe qu'il y va de la vie et delamienne. Vois jus-

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qu*où va ma fureur*.. SI tu ne te sens pas assez de fermeté ffm nie servir, avoue-le-moi ; il est d'autres moyens que je mettrai en usage pour me délivrer d'un barbare toujours occupé & augmenter mes malheurs... Je ne suis que rage. L*enfer est dans mon cœur. Rien n'est sacré pour moi... Ah! si tu connaissais le cœur d'unefemme outragée, persécutée, désespérée, tu exécuterais bien promptement l'ordre dont je t'ai chargé... Que j'apprendrai avec plaisir la mort de mon époux! avec quelle joie je verrai son meurtrier! jamais tu n'auras paru si aimable à mes yeux ; mais, hélas ! les craintes que tu m'as déjà fait voir m'en annoncent de nouvelles...

€ Non, tu n'auras pas le cœur de me satisfaire. Tu appréhendes de perdre le peu d'instants qui forment le cours de notre vie : voilà ce qui te retient... Tu ne m'as jamais aimée... l'u n'as jamais senti pour moi ces saillies impétueuses que l'amour inspire... Je n'ai jamais lu dans tes yeux cette ardeur que l'on ne peut cacher, et qui annonce combien le cœur est enflammé... Que je suis malheureuse de t'avoir connu !...Tu m'as séduite. Je coulais mes jours dans l'indifférence. Tu es venu me tirer de la léthargie dans laquelle j'étais plongée. Ta as su, par tes discours flatteurs et par mille soins préveuants, gagner mon cœur. Tu m'as forcée de t'avouer ma défaite. Tu as triomphé de mes caprices, de ma résistance, de mon devoir... Si je m'étais abandonnée à tout autre qu'à toi, mon époux ne serait déjà plus... Crois-tu donc m'intimider par tes vaines clameurs ? Tu me fais une image horrible des tourments que subissent les criminels. Tu me dépeints avec force toutes les horreurs qui accompagnent les derniers moments de ces malheureux. Tu veux que^eme transporte en idée dans une place publique, et que je t'y voie expirer sur l'échafaud. Tu me menaces même dé cette mort. Tu m'apprends que tu n'aurais pas le courage de résister aux tourments qu'on te ferait endurer ; que tu m'avouerais ta complice... N'importe, poursuis, ne t'embarrasse point du soin de mes jours; ils me seront odieux, si mon époux vit; j'en fais volontiers le sacriflce, poui'vu que je sois rassasiée du sang barbare que je déleste... Cest assez t'en dire...

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Quenevas-tu, malheureux, dès à présent, me dénoncer à la juslice ?... Je te crois capable de tout... Cependant... si tu veux remplir mes vœux, si tu secondés mes desseins, si je te vois couvert du sang de mon époux, attends tout de moi. Je donnerai mille vies pour toi; tu seras toujours le dieu de mon cœur : on u'aura jamais tant aimé que je t'aimerai. »

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