OBSERVATION XVII
Un cas de leucémie suraiguë
Par D’Horer
RE (Société médicale de Reims, 15 avril 1908)
Julia S., 14 ans, réglée depuis deux mois, robuste jusqu'iei et sans antécédents pathologiques antérieurs. Fille d’une mère bien portante, 34 ans, d’une père, 33 ans, nerveux, éthylique, a eu ces temps derniers, en outre d’un. refroidissement au moment des
règles, des émotions et des frayeurs très vives.
Le 28 novembre, après une céphalée de quelques jours, elle est atteinte d’une épistaxis abondante, durant trente-deux heures, avec
‘vomissements, Un tamponnement a arrêté cette hémorragie, mais
les vomissements persistent ainsi que la céphalée et l’état nerveux,
Le 29, amélioration, l'appétit revient.
Le 31, trois jours après cette alerte, je visite la jeune fille qui est levée, demande à manger ; elle est d’une pâleur chlorotique avec souffle à la base, mais elle n’a aucune lésion d’orifice ; Sa respiration est normale. Pas de ganglions ; le ventre est souple ; les fonctions intestinales régulières ; pas de température.
Le sécrétions nasales sont normales ; les gencives DÊS mais normales aussi. -
I1 semble qu ’après un saignement de nez, si fréquent chez Jes jeunes réglées, la santé doive revenir ; mais le cinquième jour, sans qu'une autre hémorragie se soit produite, je suis appelé de nouveau. /
La malade est alitée, de plus en sa pâle, nerveuse, ayant des spasmes, du mal de tête, des vomissements. Elle a, depuis douze heures, un écoulement de sérosité sanguine par le nez avec, aux gencives, le suintemenf roussâtre des leucocythémies à la dernière
‘période.
Bientôt Julia S. tombe dans un coma où, or la résolution musculaire se fait, les réflexes disparaissent, les pupilles deviennent inégales (est-ce une hémorragie cérébrale ?) durant que le suintement gingival se caractérise de plus en plus-et que dans l’abdomen détendu on peut constater une tuméfaction considérable de la rate. Le foie paraît normal; il n’y a Hu pas de ganglions et rien au corps thyroïde.
La mort a lieu après 15 à 20 heures de coma, 7. ou douze jours, si l’on compte la céphalalgie, après le début des accidents constatables, alors que la santé ne laissait rien à désirer.
À l’examen, le sang décoloré, jaune rouge, ne présente qu’une. quantité très relative de gros leucocytes, maïs par contre beaucoup de petits leucocytes mononucléaires. On note aussi un petit nombre de polynueléaires à noyaux unis. En outre, les globules sanguins sont altérés dans leur contour, d’aucuns semblent granuleux, |
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