Blaye. Mémoires d’un aide-major sous le premier empire
DD
D. — Combien y a-t-il d'obligations imposées à un Espagnol et quelles sont-elles ?
R. — Etre chrétien, catholique, apostolique, romain, défendre sa Sainte Religion, sa Patrie, son Roi, et mourir plutôt que de se laisser abattre.
D. — Qu'est-ce que la Patrie?
R. — La réunion de plusieurs, gouvernés par un roi et suivant les mêmes lois.
D. — Est-ce un péché d’assassiner un Français ?
R. — Non, mon père, on fait une œuvre méritoire en déli-
vrant la patrie de ces insolents oppresseurs.
Comme on le voit, rien n’était négligé pour exciter la haine entre l'envahisseur ; et les guérillas qui se formèrent spontanément, sous la double envolée religieuse et patriotique d'alors, accomplirent jusqu’au bout leur mission (1). Pris au moment de périr, pareils à ce cabildo et à son fils, dont parle lord Blayney dans ses curieux Souvenirs d'un prisonnier de guerre anglais, au lieu de montrer du repentir de leurs crimes, ils s’en glorifiaient et disaient que si les Espagnols avaient tous fait leur devoir comme eux, les Français auraient été depuis longtemps exterminés et qu'il n’en serait plus resté
un seul en Espagne. «Ces guérillas étaient répandues
1. Naylies, Mémoires sur la guerre d'Espagne pendant les années 1809, 1810 et I8rr.