A L’HISTOIRE PROFANE DE L’OCCIDENT
Si de l’Orient nous passons à l’Occident, nous trouvons des exemples de lévitation consignés par centaines.
Les Constitutions apostoliques (1. VI), Arnobe {Traité contre les Gentils, \. II) et Sulpicc Sévère {Hist. sacra, 1. IL c. xxviii) ont rapporté la mésaventure de Simon le Magicien qui, après s’ètrc élevé dans les airs sous les yeux de Néron et du peuple assemblé, fut précipité à terre et se brisa la cuisse.
« J’ai vu, dit ailleurs Sulpice Sévère {Dial. 3. cb. vi), un possédé élevé en l’air, les bras étendus à i’approclie des reliques de saint Martin. »
Pendant la cérémonie d’initiation de Julien l’Apostat aux mystères de Diane à Ephèse, l’initiateur, le philosophe Maxime, s’éleva dans les airs avec l’initié. (Lamey, Vie de Julien VA-
JjOSl/Ht m ^
Saint Paulin, dans la Vie de saint Félix de Noie, atteste avoir vu un possédé marcher contre
la voiite d'une église la tète en bas, sans que ses habits fussent dérangés.
Jamblique eite, parmi les prodiges opérés par certains hommes, le transport aux lieux inaccessibles et par-dessus les lleuves.
Je veux en cela aussi t’indiquer à quels signes on reconnaît ceux qiii sont vraiment possédés
par les dieux. Voici un signe capital : beaucoup
d’entre eux ne sont point brûlés par le feu, car le leu ne les peut toucher à cause de l’inspiration divine qui est en eux ; et beaucoup, si on les brûle, ne le perçoivent pas, parce qu’alors ils ne vivent pas de la vie animale. D'autres, traversés par des pointes de fer, ne le sentent point ; d’autres reçoivent dans le dos des coups de hache ou se tailladent les bras avec des poignards sans s’en apercevoir. Leurs actions n’ont aucun caractère humain ; le transport divin les fait passer oii l’on ne peut pas passer, ils se jettent dans le feu, ils marchent dans le feu, ils traversent les fleuves^ comme la prêtresse Kastabalienne.
Il y a de nombreuses formes de la possession divine... Dans ces diflérents cas, les signes que présentent les inspirées sont divers : ... quelquefois le corps semble croître ou se gonfler, ou être emporté très haut dans les airs.,, (i) .
Christine de Pisan, dans son Histoire de Charles F, parle de Guillemette delà Rochelle,
(1) Le livre des mystères, 3« partie, trad. de P. Quillard.
CAS EMPRUNTÉS A l'iIISTOIRE d’oCCIDENT ‘J‘3
qui était « moult femme solitaire et de grant « contemplation, tant que j’ay oy recorder à « des gens dignes de foy que, en sa contem- « placion, on Ta aucune fois veu soulevée en « Tair, plus de deux pieds ».
Voici ce qu’on trouve dans le Mj^stique, de Gôrres :
L’évêque de Pampelune, Fr. de Sandoval, dans son Histoire de Charte s-Quint, raconte le fait suivant, à l’occasion d’un procès de sorcières qui fut porté devant le conseil d’État de la Navarre, voulant se convaincre par ses propres yeux de la vérité des faits dont on accusait les sorcières, il promit sa grâce à l’une d’elles, si elle voulait exercer, en sa présence, ses œuvres magiques. Elle accepta la proposition et demanda seulement qu’on lui rendît sa boîte d’onguent qu’on lui avait ôtée. Elle monta sur une tour avec le commissaire et beaucoup d’autres personnes ; puis, s’étant mise k une fenêtre, elle se frotta avec son onguent la paume de la main, les reins, les articulations du coude, la partie inférieure du bras, les épaules et le côté gauche. Puis elle cria d’une voix forte : « Es-tu là ? » Et tous les assistants entendirent dans l’air une voix qui répondit : « Oui, j’y suis». La magicienne se mit alors k descendre de la tour, en se servant de ses pieds et dé ses mains comme un écureuil. Lorsqu’elle fut arrivée k peu près au milieu de la tour, elle prit son vol, et les assistants la suivirent des yeux jusqu'à ce que l’horizon l’eût soustraite k leurs regards. Tous étaient dans la stupéfaction, et le commissaire
LA LÉVITATIOX
fit annoncer publiquement que celui qui livrerait (le nouveau cette leinnie aurait, pour récompense, une somme d argent considérable. Elle fut ramenée au bout de deux jours par des bergers qui l’avaient trouvée. Le commissaire lui demanda pourquoi elle n’avait pas volé plus loin, afin d’échapper à ceux ({ui la cherchaient. Elle répondit que son maître n’avait voulu l’emporter qu’à trois lieues de chemin et l’avait laissée dans un cliamp où les bergers l’avaient trouvée.
Calnieil {de la Folie, t. pr, p. ^44) raconte raveiiture du docteur Torralba, savant renommé qui, en i^iq, prétendit être venu d’Espagne à Home à travers l’atmosphère, à cheval sur un bâton, et qui, en iSsS, annonça aux habitants de Valladolid le sac de Rome, le lendemain du Jour où il avait eu lieu, disant (ju’il venait d’y assister du haut des airs.
Un respectable missionnaire de la fin du dernier siècle nommé Delacour, dans une lettre adi •essée à M. Vinslow, rapporte uu lait dont il a été témoin oculaire et <[uc Calmeil cite également dans son traité de la Folie (t. II, p. 417 ). Il s’agit d’un jeune indigène âgé de dix-huit à dix-neuf ans qu’on croyait possédé du démon et qu’on lui avait amené pour le guérir.
.Te m’avisai, dans un e.xorcisine, raconte-t-il, de commander au démon de le transporter au plancher
CAS EMPRUNTÉS A l'hISTOIRE d’oCCIDENT
de l’église les pieds les premiers et la tête en bas. Aussitôt son corps devint raide comme s’il eût été impotent de tous les membres, il fut traîné du milieu de l’église à une colonne et là, les pieds joints, le dos collé à la colonne, sans s’aider de ses mains, il fut transporté en un clin d’œil au plancher comme un poids qui serait attiré d’en haut avec vitesse, sans qu'il parût qu’il agît. Suspendu au plancher, la tête en bas, je fis avouer au démon, comme je me l’étais proposé, la fausseté de la religion païenne... Je le tins plus d'une demi-heure en l’air, et, n’ayant pas eu assez de constance pour l’y tenir plus longtemps, tant j'étais eftrayé de ce que je voyais, je lui ordonnai de le rendre à mes pieds sans lui faire de mal... Il me le rejeta sur le champ, comme un paquet de linge sale, sans rincommoder.
Un autre missionnaire nous dit (i) : « Je vis un Indien que j’allai baptiser, transporté tout à coup du chemin qui le conduisait à l’église dans un autre. » Ce prêtre, qui habitait près de Canton, ajoute « que ces faits n’étaient pas rares dans les pays idolâtres et qu’il n’était pas le seul à les avoir observés ».
On lit dans les Mémoires de Fléchier sur les grands jours de Clermont (p. 69), l'anecdote suivante : « Lorsque nous fûmes arrivés, nous trouvâmes au logis M. l’intendant qui revenait d’Aurillac, et qui avait eu bien de la peine à se
(1) JMfrcs édif.y t. VII, p. 303.
tirer des neiges. — Il avait fait arrêter un président de rélection de Brioude qu’on accusait de plusieurs crimes et plus particulièrement de magie. Un de ses valets déposait qu’il lui avait donné des caractères qui le faisaient quelquefois éle<>er de terre lorsqu’il allait à l’église, à la vue de tout le monde. »
Un savant bénédictin, D. La Taste, qui fut témoin oculaire des prodiges opérés par les convulsionnaires de Saint-Médard, dit, en parlant de Thévcnet :
Elle s’élevait de temps en temps à sept ou huit pieds de hauteur et jusqu'au plancher ; et, en s’élevant, elle emportait à trois pieds de terre deux personnes qui pesaient sur elle de toutes leurs forces. Les physiciens ne verront-ils ici que la nature ?
Evénement plus prodigieux en un sens, événement horrible ! Pendant que M"® Thévenet s’élève, la tète en haut, ses jupes et sa chemise se replient comme d’elles-mêmes sur sa tête. La nature a-t-elle jamais opéré de tels ellèts, ou peut-elle en opérer? (i)
J’ai connu, il y a quelques années, dans l’Ardèche, une stigmatisée, désignée ordinairement sous le nom de la Sainte de Coiix. Elle était sujette à de fréquents ravissements, au sujet
(1) Lettres théologiqueSy Avignon, 1739, t. II, p. 1310.
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desquels D... a bien voulu me donner les détails suivants :
... Je la vis avec un profond étonnement rester les yeux fixes, mais animés, s’élever peu à peu de dessus la chaise où elle était assise, étendre les bras en avant, ayant le corps penché dans cette meme direction, et demeurer ainsi suspendue, sa jambe droite repliée sous elle, l’autre ne touchant à terre que par Torteil. C’est dans cette position impossible à toute personne, dans un état naturel, que j’ai vu Victoire toutes les fois qu’elle était dans ses ravissements extatiques, alors que j’avais le bonheur de la visiter très régulièrement deux fois par semaine. Pendant ces visites, elle avait deux ou trois extases qui duraient de dix à vingt-cinq minutes. Je l’ai vue dans cet état plus de mille lois, surtout pendant les premières années de notre liaison (i).
M. Brown-Séquard raconte qu’eu i85i, il lut témoin d’un cas d’extase chez une jeune fille qui, tous les dimanches, à huit heures du matin, montait sur le bord arrondi et lisse de son lit, et y restait toute droite sur la pointe des pieds. Jusqu’à huit heures du soir, dans l’attitude de la prière, la tète renversée en arrière.
(1) Cette femme et sa fille, qui couchait avec elle, prétendaient qu’elle était^soij^mt, la nuit, transportée soit sur le toit des maisuirs^\\,;Jines, soit dans le torrent d’Ouvèze, d’où la même force invisible la ramenait toute mouillée dans son lit.
CJiardeldit (i) avoir entendu, il y a quelques années, à Paris, dans une réunion mystique, une somnambule de quatorze ans déclarer, au milieu (run salon, que le ciel était ouvert à scs yeux, et annoncer que, Pâques avenant, la fer^^cur de ses prières Vélèi^erait et la soutiendrait en rair\ entre le parcjuet et le plafond, a On sent bien, ajoute-t-il, que le miracle ne s’accomplit pas; mais la jeune fille, dont la foi se trouvait ainsi déçue, faillit devenir folle. »
M. de Mirville va plus loin et il allirme (2) avoir vu dans un salon magnétique très avancé a des somnambules voler autour des lustres ».
Voici enfin d’autres faits que je trouve dans des compilations^ sans indication sullisante de sources, mais que je cite pour montrer ([ue le phénomène s’est reproduit dans les circonstances les j)lus diverses.
Saint Paulin atteste avoir vu, de ses yeux, un possédé marcher la tête en bas contre la voûte d’une église.
Moller rapporte qifen 1620, deux pasteurs protestants étaient auprès d’une femme malade couchée dans son lit lorsqu’ils la AÎrent bondir,
(1) Essais de Vsyckologie physiologique^ 1844, p. 293. ,2) Des Esprits, 1858, p. 301.
CAS EMPRl iNïÉS A L IIISTOIllE d'oCCIDENT
s’élever jusqu’à une hauteur de ^ a 8 pieds et qu’elle resta en l’air jusqu’à ce que leurs efforts l’eussent contrainte à rentrer dans son lit. Horst raconte un lait semblable dans sa Deutéroseopie.
Le Rituel des exorcismes classe, du reste, parmi les signes (ju’il est nécessaire de constater pour établir la possession, la suspension en Vair du corps du possédé pendant un temps considérable.
M. Léopold Delisle a récemment étudié (i) un manuscrit de la bibliothèque vatieane, écrit en 14^28, par un Français attaché à la cour pontilieale. Ce nianuscrit est une chronique ayant pourtitre Breviarium liistoriale, qui se termine par ([uelques détails sur Jeanne d’Arc alors vivante et combattant les Anglais. « Qu’elle soit, dit le chroniqueur, exempte de superstitions et de sacrilèges, c’est ce qu on reconnaîtra aisément à trois caractères qui empêchent de confondre les miracles accomplis par les bons avec ceux des mauvais. Les premiers s’opèrent au nom de Dieu. Ils ont toujours une véritable utilité, tandis que les autres aboutissent à des maux ou à des futilités, comme quand on çole dans les airs,
{\)Co 7 nm. latte à VA^aa. des l7\scr. et Belles-Lettres le^is oct. J SS L
ou qii’bn plonge les membres d’un homme clans rengourclissement. »
En 1612, à Beauvais, une vieille mendiante nommée Denyse Laeaille lut traitée de possédée et exorcisée par le père Pot, religieux jacobin. Pendant l’opéralion a tout à coup elle s'éleva en Pair, les pieds hors de terre, et beuglant horriblement. Des gens d’église et des dévotes craignant (pie la créature agitée ne vînt à se découvrir, lui tenaient les pieds par charité. (Garini:i\ Jlisloire de la Magie en France, p. 191.)
Phi 1491, tout un couvent de lilles à Cambrai, est en proie aux malins esprits qui les touimentent pendant cpiatre ans. Elles courent la campagne, s elancent en Pair, grimpent sur les toits et aux troncs des arbres comme des chats. Quel- ({ues-unesprédirent l’avenir. (Del Rio, Disqiüsiiiojics magicæ, — Delaxcue, De VIncrédulité et mécréance,)
Cahneil, dans son traité de la Folie (tome p. 255 ), cite un couvent à L vertat, dans le comté de Hoorn où, au milieu du xvi*^ siècle, après un carême oîi les nonnes avaient été soumises à un jeûne austère, elles tombèrent dans des crises convulsives, cpiehpies-unes, éprouvant la dillicultéde se tenir en éc|uilibrc sur les articulations, marcliaient sur les genoux en traînant les jambes derrière elles ; d’autres s’amusaient à grimper
CAS EMPRUNTÉS A l’hISTOIRE D OCCIDENT
au haut des arbres, cVoù elles descendaient les^ pieds en Vair et la tête en bas,,. Par instants, elles bondissaient en Vair, et retombaient avec force sur le soi. Jolies se sentaient entraînées liors du lit et glissaient sur le parquet, comme si on les eût tirées parles jambes. Presque toutes avaient, sous la plante des pieds, une sensation de brûlure ou de chatouillement qu’on trouve souvent mentionnée dans le récit des crises analogues.
Je terminerai ce cliapitre par un extrait de l’ouvrage publié récemment par le célèbre naturaliste Sir Alfred Russel ^YALLACE, sous le titre : les Miracles et le Moderne Spiritiialisnie,
« Lord Orrery et ]M. Valentin Greatrak ont tous deux informé le docteur Henry jMore et •M. Glanvil que chez lord Convay, à Ragley, en Irlande, un sommelier de ce gentleman, en leur présence et en plein jour, s’est élevé dans Pair et a llotté dans l’atmosphère, par toute la chambre au-dessus de leurs tètes. Cela est relaté par Glanvil, dans son Saddiicisniiis l'riwnphatas.. ^ M. Madden, dans sa Biographie de Savonaroley après avoir raconté de ce moine une pareille circonstance, remarque que de tels phénomènes ont été signalés à de nombreuses reprises, et que l’évidence sur laquelle reposent les récits
LA LKVITATION
(ju’oi» en fait est aussi digne de foi que j)eut letreaucun témoignage humain... Enfin, nul de nous n’ignore que l’on peut trouver, à Londres, au moins cinquante personnes d’un haut caractère ([ui certifieront avoir constaté la même chose an sujet de M. Home. » (P. i()-i^.)
CAS EMPRUNTES AUX HAGIOGRAPIIES
Dans le chapitre xxxir du tome II de la Mystique dhnjie, l’abbé Ribet, professeur de théologie morale au grand séminaire d’Orléans, rapporte un grand nombre de cas de lévitation attribués à des saints. Je ])réfèrc le citer textuellement, en me l 3 ornant à supprimer les textes originaux donnés en latin par l’auteur, au bas des pages (i).
Les êtres corporels sont reliés entre eux, comme les anneaux d'une longue chaîne, par des actions et des réactions qui se prolongent et se répercutent jusqu’aux derniers confins du monde physique. A chaque point de l’espace matériel, s’inscrit la résultante des actions réciproques qu’exercent les unes sur les autres les parties qui le composent.
Considérée en général, cette loi primordiale de la matière, qui met scs éléments constitutifs en relation de dépendance, de liaison ou, comme s’ex-
(1) Dans TAncien Testament (Daniel, xiv, 35), on trouve riiistoire d’Habaciic qui fut transporté à travers les airs, du pays de Judée aux terres do la Ghaldée.
Elisée s’enleva aussi dans les airs.
priment les philosophes scholastiques, de continuité, porte le nom d’attraction ; et, appliquée au rapport avec la niasse terrestre des objets qui l'environnent, c'est ce que nous appelons la pesanteur. Tous les corps sont soumis à l’attraction impérieuse qui les pousse vers le centre de la terre, jusqu’à ce que l’équilibre soit établi entre Faction et la résistance ; les corps vivants eux-niémes la subissent. Cependant la vie organique est une sorte de lutte et de réaction contre cet asservissement de la matière par la matière, et, plus le principe de la vie est puissant et dégagé, plus le corps qu’il anime et qu’il coniqiande semble soustrait aux servitudes extérieures. Une âme vaillante communique aux membres et aux organes quelque chose de la prestesse et de l’agilité de l'esprit.
Dans la vie mystique, cette spiritualisation est souvent portée jusqu’au miracle. Laissant de côté les phénomènes ordinaires, qui résultent delà simple influence de l’âme sur le corps, comme une marche facile, légère, précipitée, des mouvements vifs et rapides, sous Fimpulsion d’un transport intérieur : aits, d’ailleurs, dont nous avons signalé le caractère merveilleux en parlant de l’extase et de la jubilation ; — présentement, nous voulons seulement mentionner ees dérogations à la loi physique de la pesanteur que Faction vitale ne suflit pas à expliquer.
Elles se produisent principalement dans l’extase et à des degrés divers. 11 est peu d’extatiques qui li aient été vus, une fois ou une autre, dans leurs ravissements, élevés au-dessus de terre, supendus en l’air sans appui, flottant parfois et se lialançant au moindre souffle.
CAS EMPRUNTÉS AUX IIAGIOGRAPIIES
(( Dans le ravissement, écrit crelle-niéme sainte Térèse, mon corps devenait si léger qu'il n’avait plus de pesanteur, à ce point, que, quelquelbis, je ne sentais plus mes pieds toucher à terre (i). » Lorsque Marie d’Agréda était saisie par l’exlase, son corps s’élevait également comme s’il n’eût eu aucun poids naturel, et un souille, même lointain, la faisait osciller et mouvoir comme une plume légère. On citerait de ces exemples par centaines. On raconte en particulier de plusieurs saints prêtres, entre autres de saint Pierre d’Alcantara, de saint Philippe de Néri, de saint François-Xavier, de saint Josepli de Gopertino, de saint Paul de la Croix, qu’ils avaient à l’autel de ces extases aériennes.
Parfois, ce n’est pas une simple élévation audessus du sol, mais une véritable ascension dans les airs. Dominique de Jésus-Marie, religieux carme, si célèbre par ses extases, s’élevait au point que ses frères pouvaient à peine, en étendant leurs bras.
{\) Voici la suite de ce passage intéressant de la vie de sainte Térèse, écrite par elle-même.(cliap. xx).
« Tant que le corps est dans le ravissement, il reste comme mort et souvent dans une impuissance absolue d’agir. Il conserve l’attitude où il a été surpris ; aussi il reste sur pied ou assis, les mains ouvertes ou fermées, en un mot dans l’état où le ravissement l’a trouvé...
« On ne peut presque jamais résister au ravissement. Parfois je pouvais opposer quelque résistance ; mais, comme c’était en quelque sorte lutter contre un fort géant, je demeurais brisée et accablée de lassitude. D'autres fois, tous mes etlbrts étaient vains ; mon àme était enlevée, ma tète suivant presque toujours le mouvement sans que je pusse la retenir; et quelquefois même mon corps était enlevé de telle sorte qu'il ne touchait plus à terre... Lorsque je voulais résister, je sentais sous mes pieds une pression étonnante qui m’enlevait. » A. li.
toucher la plante de ses pieds. Saint Pierre d’Alcantara atteignait cpielquefois, dans ses transports, jusqu’aux lambris du chœur. Unjourde l’Ascension, tandis qu’elle psalmodiait au jardin entre deux de ses compagnes, la bienheureuse Agnès de Bohêmej soudainement ravie, s’éleva à leurs yeux dans les airs, où elles la perdirent bientôt de vue ; et ce ne fut qu’après une heure qu’elle reparut, le visage rayonnant de grâce et de joie. Plusieurs fois, pendant ses oraisons contemplatives, sainte Colette disparaissait entièrement dans l’espace, aux regards de ses sœurs.
Certaines extases impriment au corps un mouvement prompt et impétueux que l’on a justement qualifié de vol. Saint Pierre d’Alcantara, entendant chanter dans te jardin du couvent, par un frère qui s’exerçait à Pollice, les premières paroles de PÉvangiie selon saint Jean : In principio erat Verbiini^ est soudain ravi hors de lui-même ; et, se ramassant en boule par une sorte d’instinct irrésistible, ne touchant plus à terre, il s’élance, traverse avec une incroyable célérité, sans blessure ni accident, trois portes fort basses qui conduisaient à l’église, et vient se reposer devant le grand autel, où ses frères qui couraient après lui le retrouvèrent abîmé dans l’extase. Il lui arrivait souvent de s’agenouiller au pied des arbres, et là, saisi par l’extase, il s’élevait, avec la légèreté de l’oiseau, jusqu’aux plus hautes branches. Le bienheureux Philippin, lui aussi de l’Ordre de Saint-François, demeurait suspendu dans les airs, par-dessus les grands chênes, comme un aigle qui plane librement.
CAS EMPRUNTES AUX IIAGIOGRAPHES 3
Ces prodiges surabondent dans la vie du bienheureux Joseph de Goperlino. ( 3 n le voyait s’envoler aux voûtes de l’Kglise, sur les bords delà chaire, le long des murailles où pendaient le crucifix ou quelque image pieuse, vers la statue de la sainte Vierge et des Saints, planer sur l’autel et au-dessus du tabernacle, s'élancer dans les airs et aux cimes des arbres, se tenir et se balancer sur les plus petites branches avec la légèreté d'un oiseau, franchir d’un bond de grandes distances. Une parole, un regard, le moindre incident ayant trait a la piété le jetaient dans ces transports. Nous voudrions pouvoir décrire quelques-unes de ces scènes que le monde taxerait d’étranges et de ridicules, et que nous trouvons admirables parce qu’elles attestent la merveilleuse puissance des aines saintes sur le corps et sur la nature, et mieux encore sur le cœur de Dieu, qui les afiranchit à son gré des servitudes vulgaires ; mais ces descriptions prolongées n’entrent point dans notre dessein.
L’agilité surnaturelle se manifeste encore hors de l’extase, et sous les formes multiples que nous venons de décrire. Marguerite du Saint-Sacrement passait presque instantanément d’un point aun autre. On la trouvait au chœur, à l’infirmerie, ù la salle des exercices, sans meme que les portes fussent ouvertes, et, plusieurs fois, ses sœurs la virent soulevée au-dessus du sol, comme si son corps n’avait plus de pesanteur. Un jour qu’elle allait cueillir un raisin pour une malade, elles l’aperçurent s’élevant comme sans efibrt jusqu'à la hauteur du fruit, le détacher et revenir à terre. Anne-Catherine Emmerich
raconte d’ellc-môme que, remplissant les fonctions de sacristine, elle grimpait et se tenait debout sur les lenêtres, sur les corniches, sur des ornements en relief ; qu'elle nettoyait tout en des endroits humainement inaccessibles, sans éprouver de frayeur ni d’inquiétude, accoutumée qu’elle était, dès l’enfance, a être assistée par son bon ange, et se sentant d’ailleurs portée et soutenue en l’air par une invisible vertu.
Non seulement l’agilité et la simple ascension se rencontrent hors de l’extase, mais encore le vol dans ce qu’il a de plus merveilleux. Sainte Christine, surnommée FAdmirable, nous en offre un incomparable exemple. Nous n’avons pas à discuter ici le caractère historique des étonnantes excentricités attribuées a cette sainte, que les Bollandistes euxmêmes qualifient de paradoxale ; il nous sulïit que ces savants auteurs aient accepté les récits qui la concernent et les aient déclarés, dans la partie du moins que nous alléguons, dignes de respect et de créance. Omettre de tels récits par crainte du scandale que l'incrédulité peut s'en faire, serait céder à un respect humain qui aurait dfi nous arrêter depuis longtemps et qui nous paraît aussi contraire k la piété qu’a la science. Voici, en quelques mots, le précis de cette singulière existence.
Christine naquit a Saint-drond, dans la province de Liège, vers le milieu du xii® siècle. Orpheline de bonne heure, elle demeura avec deux sœurs, ses aînées, et fut occupée k garder les troupeaux dans les champs. Mais, activées par la contemplation, les ardeurs de son aine dévinrent si intenses, que sou
CAS EMPRUNTES AUX IIAGIOGRAPIIES
corps ne put y résister. Elle tomba malade et mourut. Le lendemain, on porta sa dépouille à l’église pour la eérémonie des funérailles. WAffiiiis Dei de la messe qu’on célébrait pour elle, on la vit tout à coup se remuer, se lever dans son cercueil et s’envoler, comme un oiseau, jusqu’à la voûte du temple. Tout le monde s’enfuit épouvanté, à l’exception de la soiur aînée, qui demeura là immobile, mais non sans frayeur, jusqu’à la lin de la messe. Sur le coininandement du prêtre, Christine descendit sans se faire aucun mal et s’en revint à la maison, oii elle prit son repas avec scs sœurs. Elle raconta ensuite aux amis venus pour la questionner, qu’aussitôt après sa mort, les anges l’avaient successivement transportée au purgatoire, dans l’enter, au paradis Là, le choix lui avait été donné de demeurer à jamais dans ce lieu onde retourner sur la terre pour y travailler, par ses soullrances, au rachat des aines du purgatoire, ce qu’elle avait accepté sans hésitation.
Le purgatoire ne devait point lui manquer, car dès lors coininence pour cette admirable vierge la vie la plus étrange. La présence et Todeur des hommes lui est insupportable ; pour l'éviter elle s’eidûit dans les déserts, s’envole sur les arbres, au sommet des tours, aux pignons des églises, sur tous les points élevés. On la croit possédée, on la poursuit, on l'atteint à grand'peinc et on la lie avec des chaînes de fer. Mais elle se dégage et reprend ses courses aériennes, allant d'un arbre à l'autre comme l’eût fait un oiseau. La faim cependant la presse, elle invoque alors le Seigneur, et, contre toutes les lois de la natuce, ses seins distillent un lait abondant
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dont elle se nourrit pendant neuf semaines. Une seconde fois, elle tombe entre les mains de ceux qui la poursuivaient, mais elle leur échappe encore et s'en vient à Liège demander à un prêtre la divine Eucharistie. Munie de cet aliment céleste, elle sort de la ville, emportée par l esprit avec la rapidité d’un tourbillon, traverse la Meuse, légère comme un fantôme, et recommence sa vie errante, loin des demeures humaines, aux cimes des arbres et des tours, souvent sur les pieux qui bordaient les haies, sur les branches les plus minces, où elle se reposait et se balançait comme un passereau.
Honteux de ces apparentes extravagances, que le public attribuait à une légion de démons, ses sœurs et ses amis payèrent pour la ressaisir un méchant homme, très fort, qui se mit a sa poursuite. Ne parvenant pas a l’atteindre de scs mains, il la joignit néanmoins d’assez près pour lui briser l’os delà jambe d’un coup de massue, et ce fut en cet état qu’il la ramena à ses sœurs. Par compassion, elles la firent conduire sur une charrette à un médecin de Liège, en lui recommandant à la fois et de la guérir et de la retenir captive. Celui-ci l’enferma dans une cave qui n’avait d’autre ouverture que l’entrée, l'attacha fortement à une colonne et referma la porte, après avoir appliqué au membre fracturé les bandages convenables. Dès qu’il fut retiré, Christine rejeta cet appareil, estimant indigne de recourir à un autre médecin que le Seigneur Jésus. Son espoir ne fut pas trompé. Une nuit, l’esprit de Dieu vint fondre sur elle, brisa ses chaînes, la guérit de sa blessure, et elle, libre, de courir et de trépigner de joie dans ce cachot, louant et bénissant
CAS EMPRUNTÉS AUX IIAGIOGRAPIIES
Celui pour qui seul elle avait résolu de vivre et de mourir. Bientôt, son esprit se sentant à Tétroit entre ces murs, elle parvint, à l’aide d’une grosse pierre, à s’ouvrir une issue, et, prompte comme le trait qui s'échappe de l’arc puissamment tendu, elle s’élança au deliors et reconquit sa liberté.
Reprise une troisième fois, elle fut liée avec des chaînes à un banc de bois, si étroitement que ses chairs furent bientôt entamées. Accablée de souffrances auxquelles vint s’ajouter le tourment de la faim, elle recourut de nouveau au Seigneur, et l’on vit alors couler de ses mamelles, ainsi que nous l’avons déjà raconté, une huile limpide dont elle arrosa son pain et oignit ses plaies. Attendries à ce spectacle, ses sœurs, jusque-là inhumaines par incrédulité, lui ôtèrent ses chaînes et lui permirent de suivre en toute lil)erté l’esprit qui l’animait. Elle continua, en effet, ses saintes folies pendant de longues années, car il s’écoula quarante-deux ans entre sa première résurrection et sa mort, qui arriva vers l’an 1^2^,
Cette puissance ascensionnelle se produit quelquefois avec une telle énergie, qu’aucun obstacle n’est capable de la contenir. Ce que nous venons de raconter de Christine l'Admirable suffirait à le prouver ; mais ce n’est pas le seul exemple. Signalons encore Saint Joseph de Gopertino, en qui semblent se réunir toutes les merveilles de la vie extatique. Un jour de riinmaculée-Conception, il invite le Père gardien à redire avec lui : Piilchra Maria! (( ^larie est belle ! » Et, dès qu’il a répété ces paroles, le saint, entrant en extase e-
LA Llh'ITAÏION
corps son supérieur et Femportô avec lui dans les airs, Tuu et l’autre redisant de concert : Piilchra Maria! Pulchra Maria! Une autre fois, on lui amène un gentilliomine atteint de démence, pour qu’il obtienne de Dieu sa guérison. Le saint le fait mettre à genoux, et lui posant la main sur la tête : « Seigneur Baltazar, lui dit-il, soyez sans crainte, je vous recommande à Dieu et à sa très sainte Mère... » Au meme instant il pousse le cri accoutumé qui annonce l’extase : « Ah ! », saisit cet homme par les cheveux, s’élève avec lui dans l’espace, où il le tient suspendu pendant quelque temps, et, quand ses pieds retrouvent terre, le malade était guéri.
L’ascension aérienne n’est pas la seule forme de l'agilité surnaturelle; elle se produit aussi par la marche sur les eaux. L’Evangile nous en olfre les premiers exemples. On sait que le Sauveur marchait sur les flots comme sur la terre ferme, et qu’il accorda au prince des apôtres de s’avancer vers lui sur les vagues agitées. Le prodige s’est reproduit plus de mille fois sur la mer, sur les lacs, les fleuves et les rivières, pour attester que Dieu se plaît ù alïranchir ses saints des servitudes naturelles.
Le Bréviaire romain signale, parmi les plus éclatants miracles attribués à saint Raymond dePégnafort, sa traversée de File Majorque à Barcelone, c’est-à-dire une étendue de mer de cent soixante milles, que lui et son compagnon franchirent en six heures, sans autre nacelle que son manteau.
Saint Hyacinthe, ne trouvant pas de batelier pour traverser la Vistule, se munit du signe de la croix et entra résolument dans le fleuve, dont les eaux de-
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vinrent fermes sous ses pieds. Mais ses compagnons, moins confiants, n’osaient le suivre. Il revient donc à eux, et, étendant son manteau sur les ondes, il les fait monter dessus et les conduit ainsi à l’autre rive sous les yeux d’une foule nombreuse. L’Eglise a immortalisé ce miracle en le consignant dans la bulle de canonisation et dans la légende duBréviaire.
Dans une autre rencontre, le meme saint renouvelle ce prodige d’une manière encore plus éclatante. Les Tartares venaient d’escalader d’assaut la ville de Kiev et livraient déjà tout au pillage, lorsqu’on avertit le saint, qui était à l’autel, qu’il n’y avait pas un instant à perdre, s’il voulait se sauver avec toute sa communauté. 11 se rend à cet avis, et, sans quitter les vêtements sacrés, il prend dans ses mains le saint ciboire et se met en devoir de sortir. Vers le milieu de l’église, il entend une voix forte et plaintive qui part d’une statue de la Vierge, en albâtre, du poids de huit à neuf cents livres : « Mon fils Hyacinthe, lui crie-t-elle, tu m’abandonnerais aux profanations des Tartares ! Emporte-moi avec toi. — Glorieuse Vierge, répond le dévot serviteur, cette image est si pesante ; comment pourrais-je la porter? — Prends, mon fils en allégera le poids. » Le saint, tenant d’une main la Sainte-Eucharistie, saisit de l’autre la statue devenue aussi légère qu’un roseau, et, chargé de ce double trésor, il passe sain et sauf avec les siens à travers les barbares qui, déjà, envahissent le monastère, et arrive sur les bords du Dnieper. Là, de sa chape il fait une barque à ses frères, et lui, traverse à pied sec le fleuve dans toute sa largeur, en imprimant sur les eaux la trace de ses pas. Nous aurions bien d’autres faits sem-
blables à raconter, car ils abondent dans les vies des saints ; mais nous devons clore ces récits pour en rechercher rinterprétation...(Tome II pp. 588 - 6 oo.)
L indépendance vis-à-vis des éléments extérieurs se manileste encore par la résistance aux actions qu’ils exercent.
lantôt, c’est une immobilité qui rend vains toutes les impulsions et tous les eilorts. Un jour que le bienheureux Gilles des Frères prêcheurs demeurait suspendu en l’air par l’extase, son compagnon et les gens de la maison où ils étaient, tentèrent de ramener son corps à terre ; ils ne parvinrent même pas a le faire changer de position. Sainte Lucie, la martyre de Syracuse, menacée des lieux infâmes, devint si immobile que ni les bourreaux qui avaient 1 ordre de l’enlever, ni plusieurs paires de bœufs auxquels on 1 attacha avec des cordes, ne purent la faire remuer. (Tome II, pp. 6oi, 602.)
Saint Pascal Baylon a quelquefois manifesté sa présence ou plutôt sa vertu par des coups frappés iperciissiones) sur les images qui le représentent. Mais c est principalement dans les châsses qui renferment ses reliques que ces bruits extraordinaires se font entendre, tantôt doux et harmonieux, tantôt plus accentués, tantôt retentissants comme un éclat de bombe. (Tome II, p. 229.)
L’abbé Ribet cite ailleurs (II, 047) sainte Otte qui, deux fois par jour, était élevée et soutenue en 1 air par des anges, pendant qu’elle priait.
Outre les saints mentionnés par cet écrivain, comme ayant eu des lévitations, les Bollan-
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distes attribuent le même miracle aux personnages suivants, classés par ordre de date, depuis le ix^’ siècle jus([u’au commencement du XVI11^^ : André Sains, esclave scythe (tome YIII, page i 6 ) Imke de Sotlierium, moine grec (II, 85 ); Étienne I", roi de Hongrie (I, 54 i); Ladislas PS roi de Hongrie (Y, 3 i 8 ); saint Dominique (I, 4 ^ 5 > *37^)’ Dudgard, nonne belge ( 111 , 238 ); llumiliana, deFlorenee(iy, 3 () 6 ); Jiitta, de Prusse, ermite (\ H, 6 o(J); saint Bonaventure (HI, 827); saint Thomas d’Aquin (I, 670); Am- Ijroise Santédonius, prêtre italien (HI, 192,681); Pierre Armengal, prêtre espagnol (I, 334 ); saint Albert, prêtre sieilien (H, 326); Marguerite, prineesse de Hongrie (H, 904) ; Robert deSolenthum, prêtre italien (HI, 5 o 3 ); Agnès de Montepolitiano, abbesse italienne (H, 794); Bartholus de Vado, ermite italien (H, 1007); Elizabeth, prineesse de Hongrie (H, 126); Catherine Columbina, abbesse espagnole (VH, 352 ); saint Vineent-Ferrier (I, 497 ) > Collette de Ghent, abbesse llammande (I, 559, 576); Jérémie de Panormo, moine sieilien (I, 297); saint Antoine, archevêque de Florence (I, 335) ; saint b rançois de Paulc (I, 117); Osanna de ^lantoue, nonne italienne (HI, 703, yoo); Bartholomé d’Anghiera, moine italien (II, 665 ); Colomba de Riéti, nonne italienne (V, 33 ;?, 334 , 36 o); saint Ignace de
Loyola (VII, 432 ); Salvator de Ilorla, moine espagnol (II, 679, 680) ; saint Luis Bertrand, missionnaire espagnol (V, 407, 488); Jean de la Croix, prêtre espagnol (VU, 289); J.-B. Piscator, professeur romain (IV, 976); Bonavenlure de Potenza, moine italien (XII, i 54 , 157-9).
On peut ajouter à ces noms, ceux de quelques autres saints ou bienheureux tires de biographies particulières.
André-Hubert Fournet, prêtre français, fondateur de 1 ordre des Filles-de-la-Croix, i 752 -i 884 - (Le R. P. Rio AUD, Vie du bon Père André-llii- ' bert Fournet, page 49 ^.)
Claude Dhière, directeur du grand séminaire de Grenoble, 1707-1820. (A.-M. de Fraxclieu, \ie de M. Claude Dhière, page 288-4.)
Le bieniieureux curé d’Ars, 1786-1809.
(L’abbé Alfred Moxnin, Vie de M. Jean-Baptiste-Marie Vianney, page 109.)
On trouvera encore la mention de lévitations accomplies par des religieux ou religieuses d'une moindre notoriété dans les ouvrages de dom (ialmetet les lettres de Xicole*
\oici encore quelques autres cas :
Dans la deuxième partie du premier siècle de notre erc, le diacre Philippe était enlevé par un
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esprit eu revenant de Gaza oîi il était allé conférer le baptême à Candoce, reine d’Ethiopie.
Amélineau {Les Moines Egyptiens — Pu])l.
du musée Guimet) raconte que les païens d’Anlinoë ayant accusé Schnoudi d’avoir brisé les idoles, celui-ci fut soulevé en l’air par les anges du Seigneur jusqu’à une hauteur d’oii il pouvait encore se faire entendre. Il resta ainsi suspendu au-dessus du tribunal du gouverneur pendant assez longtemps, puis redescendit peu à peu. La foule le porta en triomphe.
En i 555 , c’est-à-dire sous le régne de Gharles- Quint, Thomas, arclievéque de Valence, fut suspendu dans les airs pendant une extase qui dura douze heures; et ce phénomène fut constaté non seulement par les habitants de son palais et de son clergé, mais aussi parmi grand nombre de citoyens de la ville. En revenant à lui, il tenait encore dans sa main le bréviaire qu’il lisait lorsque l’extase avait commencé, et il se contenta de dire qu’il ne savait plus où il en était resté de sa lecture. {JJollajid. V, 332 , 334 , 36 o.)
Le bienheureux Pierre Clavet, apôtre des nègres, passa une nuit en l’air, les genoux ployés comme s’ils eussent été sur le sol, et un crucilix entre les mains.
Il existe plusieurs tableaux et gravures représentant des cas de lévitation. Le plus connu est
LA lÆVITATIOX
le Miracle de San-Diégo, par INIurillo (catalogué au Musée du Louvre, sous le n® 55 o bis et dont le photogravure qui est en tète de ce volume reproduit une partie). Un autre tableau, qui se trouve dans une église de Yiterbe, montre un prêtre s’élevant dans les airs au moment où il consacre l’hostie.