‹ La Lhandu [microforme]Chapitre 2 sur 18 · TT · texte numérisé non relu

TT

Clément; nous ne pouvions faire une plus mauva rencontre. Ils sont perchés comme des corbeaux, . s'ils ne nous ont pas vus encore, ils ne peuvent manqu de nous voir tout à l'heure, et ils le diront à tout monde.

—Ah! ils se séparent; Janin continue et Cléme revient sur ses pas.

—Je ne vois plus Janin; il descend vers Montigr les Pierres: Clément s’asseoit; il attend ses homme apparemment; ses yeux vont se porter de ce côté; con ment faire ?

— Retourner est impossible ; il faut à tout prix arr ver jusqu’à Cecco. Marchons en avant; tâchons de pa ser derrière ] i. S'il nous voit. «+ Eh bien! ton pèr saura que nous sommes venus au val Gibou : c’est là 1 pis qui puisse arriver ; au lieu que si nous manquon Cecco...

—Pour l’amour de Dieu! Clodumir, sois calme sn Vas pas au£menter nos embarras avec une querelle ; çon ge à cet excellent M. de La Marche dont Pargent e: honneur sont engagés pour toi; ce serait une horreur de le compromettre, tu ne le feras pas.

—Si Clément ne me dit rien. je le laisserai tranquille : mais s’il m’attaqne...

—Clodomir!..

Is prirent leur parti et descendirent dans la vallée : mais ils gardaient. le silence, et le rayon d’espoir brillant au coeur de Claudine s’éteignait peu à peu. Elle ne perdait pas de vue Clément Martin assis le dos au soleil, le visage tourné vers eux; évidemment il les regardait venir. :

Ts marchaient alors derrière des sapins. Ils ne voyaient pas et n'étaient pas vus. Claudine en profita Pour faire une nouvelle remontrance à son compagnon dont la voix tremblait de colère, et dont les disposition: semblaient très peu pacifiques en dépit de la nécessité.

mauvaise beaux, et, t manquer à tout le

; Clémeñt

Montigny hommes, Ôté ; com-

prix arri 8 de paston père ’est là le 1anquons

me; ne Île ; sonrgent et

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nquille ;

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dir bril- 1. Elle dos au les re-

Ils ne profita pagnon Jsition:

cessité.

La Lhandu remonta la côte le coeur ému et tout palpitant de crainte. Elle connaissait assez Clément et son rival pour savoir que l’un ne s’abstiendrait pas de moqueries, et que l’autre ne se tairait jamais devant lui.

Elle arriva la première auprès de Clément en pressant le pas, que Clodomir ralentissait, au contraire. Martin l’aperçut et lui dit d’un air narquois:

“Vous voilà bien loin du village, mademoiselle Claudine; et en très bonne compagnie, ce me semble.

— Nous sommes venus jouir du beau temps et cueillir un peu de violettes par ici en visitant notre pré.

—I1 fait un soleil qui nous promet une superbe lune cette suit. Clodomir n’a pas coutume d’aimer beaucoup ces clartés-là pourtant.

—Vous êtes ici-avec M. Janin pour vos recensements, n'est-ce pas, Clément Martin?

—Non; nous n’avons rien à faire de ce côté; nous nous promenons. Nous voulions aller jusqu’à l'endroit où ce pauvre Pepe a été assassiné, mais il es trop tard et M. Janin se nretourne par Montigny; il doit se trouver à Grenoble pour larrivée de ses grands seigneurs.

—Je crois quil prend le plus long.

—Surtout s’il trouve l’écluse lâchée au moulin de Grandchamp, il ne pourra pas traverser la rivière. Clodomir connaît ces environs; je crois qu’il aurait peutctre pu Jui indiquer un chemin plus court.

—Je ne connais pas mieux ces environs qu’u n re, et je n'aurais jamais servi de guide à M. Janin, répliqua vivement Clodomir sans laisser le temps à la Lhandu de répondre.

— Pourquoi ? dit l’autre.

—Adieu, Clément, interrompit Claudine, nous allons rentrer; je suis fatiguée.

—Vous êtes très rouge, mam’zelle Claudine, reprit

Clément en riant de son méchant rire, et si vous ête fatiguée il n’y paraît guére.

—On est souvent rouge sans savoir pourquoi, Clé ment; vous aussi vous êtes rouge, et pourtant vous ête assis là tranquillement tout seul.”

Elle lui fit de la main un geste d’adieu et recommen Ça à marcher. Clodomir passait devant son ennemi lorsque celui-ci poursuivit en le regardant :

“Vous êtes bien rouge aussi, Clodomir ; il paraît que céla se gagne.

—Clément, j’ai de la patience, mais ne la poussez pas à bout; laissez-moi m’en aller sans me retenir; épargnez-moi vos plaisanteries. J'ai promis à Claudine de ne rien dire, pourtant cela me démange d’une drôle de façon.

—Si cela vous démange, j'ai là un certain petit instrument. . .”

Et il montra son bâton.

“éOui-da, le prenez-vous sur ce ton? quand et comme il vous plaira.

—Clodomir! Clodomir ! s’écria la Lhandu, se mettant entre eux : Clodomir! tu te perds, ne oublie pas. La paix, pour l’amour du ciel!

—Qu’importe, je me perdrai mais jei finira du moins avec cet homme qui me gêne et que je hais. Lais-

-moi faire; écarte-toi.

—Oui, ma belle Lhandu, reprit Clément, qui semblait prendre à tâche d’exciter son rival, permets à ton amant de vider sa querelle. S'il te laisse veuve et qu’il y ait un orphelin, le village se cotisera pour te placer aux filles repenties et lui à Phôpital.

—Misérable! s’écria Clodomir, tu me payeras cette injure de tout ton sang !

—Et allons donc! cn a bien de la peine à te décider. Fais ion testament, voici ton dernier jour., et le bourreau sera vol de ton cadavre, as:18sin.”

vous êtes Clément était un grand et vigoureux gaillard accou-

tumé, par sa profession même, à des luttes de toutes

uoï, Clé- sortes. Il détestait Clodomir non seulement à cause de vous êtes la Lhandu, mais encore pour une ancienne offense que celui-ci lui avait faite et qu’il avait bien oubliée. Lorscommen que se forma l’association commerciale entre Clodomir, ennemi, ses affidés du village et les ” trangers qui leur fournissaient les marchandises, Clément voulut en faire partie, raît que Clodomir s’y opposa sous prétexte qu’il était sournois, bavard et hypocrite, et qu’il les yendrait pour quelques - SSez pas ‘entaines de francs. = :

r; épar- A Martin en conserva le souvenir, jura de s’en venger : dine de D: sollicita un emploi dens la gabelle, afin d’en avoir rôle de lus facilement l’occasion. 11 justifia jusqu’à un certain point les craintes de Cloden‘'r, en livrant ce quil tit ins- avait pu découvrir des secrets de ses camarades. Clément était un de ces hommes à qui tous les moyens sont bons pour parvenir à leur but ; aussi, dès comme qu'il aperçut son ennemi s’açançant vers lui dans ce M licu désert, il form ale projet de s’en débarrasser, sûree met- ment afin de ne’n plus entendre parler. Malgré ça lie pas. force, il savait Clodomir plus fort que lui encore; dans une lutte corps à corps, il n’eûñt pas eu l'avantage, mais ira du il avait en poche un moyen de mettre la chance de son . Lais- côté. Ce moyen, qu’il n’eût pas osé employer en présence de témoins, devenait sûr et sans danger alors que i sem- ce duel à mort n’avait d'autre spectateur qu’une pauvre 3 à ton fille, dont la parole et l'accusation n'auraient aucun t qu’il poids en face d’un homme comme lui connu et estimé placer les autorités de la province.

[ calcula tout cela, pendant que les pauvres enfants cette D cravissaient la pente, il tenait tout armé sous son man- :

teau un de ces pistolets que les gabeloux portaient pour = | déci- ‘ur défense personnelle, lorsqu'ils allaient en expédiet le Üon, mais dont ils ne se Chargeaient pas dans leurs

hi

fonctions ordinaires sa ass; rien ne pouvaot faire c: dre à Clodomir une trahison de ea genre.

Ælément attendit son adversaire un de ses poing avant, pendant que son autre main tourmentait arme sous son manteau. Ils étaient à quelques seulement de l’abîme. Claudine essayait en vain « rêter son amant, en se suspendant à sa veste et en L rant en arrière. Elle pleurait à chaudes larmes et Ë pliait Clodomir de la suivre, de ne pas se laisser ent ner par cette colère si dangereuse; il n’en tint compte et la repoussa brusquement.

En ce moment même Martin rejeta son mante Dans le mouvement qu’il fit, un rayon de soleil ton sur le canon du pistolet et Ja Lhandu l’aperçut tou Coup.

“Clodomir, Clodomir ‘prends garde! un pistolet ! va te tuer!”

Clodomir se jeta sur Clément dans une furie qui peut se dépeindre, le saisit à bras le corps et l’empêc de retirer sa main engagée sous le manteau. Cléme eut assez de vigueur et de présence d'esprit pour débarrasser, son adversaire lui prit le bras comme da des tenailles et tenta de lui arracher son arme. Da ce débat le chien s’accrocha dans sa manche, le co partie, Clément fut atteint à la poitrine presque à bo portant, puisque le canon était dirigé sur lui, et tom] par terre sans pousser un gémissement, ù

Clodomir se recula d'un mouvement si brusque qu’ faillit renverser la Lhandu. I] devint pâle comme u mort et la jeune fille resta anéantie devant ce cadavr étendu à ses pieds.

“Mon Dieu! il n’est qu’évanoui, j'espère,” poursu: vit Clodomir, reprenant un peu ses esprits et se pen chant vers Clément. I] ouvrit violemment ses hah:: pour chercher sa blessure. qu’il trouva béante et don le sang s’échappait à flots. Claudine et lui essayèren

faire crain-

8 poings en mentait son

lques pieds À

1 vain d’aret en le times et supsser entraî- A tint pas

1 manteau.

oleil tomba rçut tout à

xistolet! I]

rie qui ne l’empêcha … Clément t pour se mme dans ne. Dans >, le coup ue à bout et tomba sque qu'il omme un e cadavre

poursui- : se peneg habits et dont ssayèrent

de l’étancher, et se flattèrent un instant que la plaie n’était pas mortelle.

“Quel épouvantable malheur, Lhandy ! il s’est frappé lui-même ; deux ? que faire de ce cadavre ? Que dire à ses parents ?”

Claudine pleuriit en silence, agenouillée près de son amant, la tête appuyée sur son ‘paule.

“Personne ne nous a vus, je le sais...

—(Clodomir, nous ne devons pas laisser notre ennemi privé d'une sépulture chrétienne, et, malgré tout ce qui peut en résulter ,il faut tout avouer à mon père.

—On ne nous croira pas, et t * père pas plus que les autres. N’a-t-il pas entendu tes menaces tout à l'heure? Toi-même n’as-tu pas avoué, et devant témoins, que tu le haïssais, que tu te vengerais de lui avec bonheur ?

—Nous dirons la verité, Clodomir, Dieu le sait et Dieu nous soutiendra.

—Mais personne ne nous a vus, encore une fois!

—Je vous demande pardon, quelqu'un vous a vus, nterrompit une voix derrière eux, et votre secret ne vous appartient plus.

Ils se relevèrent en même temps comme poussés par

un ressort, et ils aperçurent Jani, dont leur préoccupar

tion ne leur avait pas permis d'entendre les pas. FE: P P :

avait trouvé l’écluse ouverte, comme le prévoyait Clément, et, ne pouvant passer la rivière, il revenait de ce côté chercher la route qu’il suivait d’abord. Le hasard on la Providence qui avait ses vues l’amenait juste en cet instant, à l’endroit où cette épouvantable catastrophe venait d'avoir lieu.

“Monsieur Janin! s’écria Claudine, se mettant instinctivement devant Clodomir comme pour le défendre. — Ah! mademoiselle Claudine! qu’avez-vous fait là, l'un et l’autre?

— Un malheur, un grand malheur, monsieur Janin,

maintenant, qu'allons-nous devenir tous les .

dont nous sommes bien innocents, Vous n’en do Pas, Vous, monsieur Janin.

—Comment douterais-je, mamzelle, en présence ceci P”?

Il ramassa Je pistolet et lui en montra la marc C'était celle de Clodomir.

“Oui, je l'avais échangé avec Pepe! Sans doute cal ci le lui a dérobé depuis...

—Tant pis encore, je vous le répète, on ne le cro point.”

Du premier coup d’oeil Janin comprit quel parti pouvait tirer de cet événement, Au lieu de répond sur-le-champ, il resta quelques secondes les yeux fix sur le cadavre ; cette attente parut un siècle aux pauvr enfants.

“Je ne vous accuserai PaS... tout d’abord... ma on m'interrogera chacun sait que je suis sorti ave ce malheureux. Le meunier de la chaussée, ont l'heure, m’a vu retourner sur mes pas, je lui ai dit qu Clément m'’attendait ici... Et ce pistolet, miirqué a chiffre de Clodomir..… i] y a bien l’histoire de Pepe ; qui vous l’avez donné, .. mais ce que vous avez dit « matin devant les Vannier... tout cela est fort embar rassant...

—Clodomir n’est coupable que d’un mouvement de colère, monsieur: Je hasard a tout fait, je puis l’attester, quant à moi... =

— Vous êtes aussi compromise que votre ami.

—Mais alors que faire, monsieur Janin ?

— Nous oublions le plus important, les gens de la gabelle, qui vont probablement arriver tout à l’heure, et s’ils nous découvren t, s’ils voient leur chef en cet état, nous n'avons plus besoin de chercher aucuns moyens, l'affaire est décidie. Commençons Par prendre cette arme, par nous en aller d'ici.

—Et que faire de ce Pauvre Martin? demanda la

n’en doutez présence de

la marque,

loute celuie le croira

el parti il répondre Veux fixés X pauvres ... mais sorti avec >, tout à i dit que 1rqué au e Pepe à ez dit ce t embar-

ment de ; l’attes-

s de la Pheure, et état, noyens, e cette

nda la

Lhandu, dont le coeur oubliait toute colère, en face d’un pareil malheur.

— 1] sera relevé avant qu’il soit longtemps, ôtonsnous de là, c’est l'essentiel.”

Clodomir suivit machinalement Claudine et Janin, tous les trois montèrent jusqu’à une sorte d’ermitage abandonné, sur une cime élevée; de là on découvrait tout le pays et ils étaient certains qu’on ne les surprendrait pas.

“Plus j'y pense, plus je suis convaincu qu'un seul parti nous reste: il faut que Clodomir passe la frontière sur-le-champ.

—Clodomir ne peut s’absenter, M. de La Marche a donné pour lui une caution, et il ne doit pas lui manquer de parole.

—Résignez-vous done à le voir monter sur l’échalaut, Lhandu: il est déjà très véhémentement soupçon: né du meurtre de Pepe; pour celui-ci, il n’y aura pas moven de vous en tirer,

—Et M. le vicomte? M. le vicomte! quel procédé pour reconnaître les siens !

— 1 y a force majeure, vous dis-je.

— Pourtant, monsieur Janin, on ne nous a pas vus, “on ne nous accusera pas.

—Ma chère enfant, on ne vous a Pas vus encore, peutêtre, mais on voas verra revenir, nous aurons bien de la peine à l’éviter,

—{'lodomir, entends-tu ? reprit Lhandu, il faut par- Ur ou tu es perdu...

—Je ne puis pas m’en aller, répliqua le malheureux icune homme, je ne me’n ifai pas; ils feront de moi ce quils voudront, mais Dieu sait que je suis innocent.

—Cledomir, prenez-y garde! il ne s’agit pas seîffementf de vous, il s’agit de Claudine. Elle sera accusée comme vous. Si vous partez, je la sauve, si vous

vous obstinez à attendre les événements, ils vous

traîneront tous les deux.

—Maïs vous savez bien qu’elle n’a pas même app ché cet homme, vous le direz, vous le direz n'est-ce p: Accusez-moi, si vous voulez, cela m'est bien égal; il s’agit que de Claudine, sauvez Claudine.” .

La Lhandu se jeta dans les bras de Clodomir, en f4 dant en larmes, ils se tinrent embrassés quelques i tants, confondant leurs sanglots. Janin essaya de p fiter de cet attendrissement et de porter le dernier co

“Quelques semaines d'absence ne sont pas une gran chose, ines pauvres en fants, et moyennant ce léger & crifice, je réponds de tout arranger, Du courage! No obtiendrons la grâce de Clodomir, la Lhandu ne se pas même inquiétée,

—Clodomir, je t'en conjure, écoute les paroles « M. Janin, c’est un bon ami, il ne parle que par int rêt pour nous.

—Claudine, M. Janin t'aime, il est protégé sir to père, et si je ne suis plus là, il viendra peutêtre à bot de te convaincre.

—Clodomir, je te lai dit souvent et je te le dis en core devant M. Janin lui-même, je ne me marierai ja mais contre la volont éde mon père, mais la volonté à mon père lui-même ne me fera pas donner ma maï sans mon coeur.

—Si je consens à partir, tu jures de me rester fidèle tu jures que ni prières, ni menaces ne te sépareront de moi,

—Je le jure.

—Je te crois et je partirai. Je partirai tranquille, avant demain matin j'aurai passé la frontière, Monsidffr Janin, je vous la confie; n’abusez pas de ce dé pôt, car je vous en demanderai un compte sévère, ne l'oubliez pas

—Svyez tranquille.

—Comment réglons-nous notre marche, que dironsnous ?

S vous en-

ime = : —— R PP --Que Clodomir vous a quittée pendant qne vous est-ce pas ?

étiez à votre pré, en vous priant de ne pas l’attendre et que je vous ai rencontrée en route. = Adieu done, mon pauvre Clodomir, adieu, compte

égal ; il ne

rs 4 sur moi, ne t'inquiète pas, conserve l'espérance, et bien- =

d tot nous serons réunis, pour ne plus nous séparer. 7 & S Ss Adieu, Claudine, tu me réponds de toi... et de : __— lui! songes-y! J’aimerais mieux mourir que de te per- = ne grande : -

dre, et°ne va pas blesser mon amour pour sauver ma vie... Oh! mon Dieu! s’écria-t-il en se frappant le ‘ront, et M. de La Marche! = M. de La Marche je lui dirai tout, je m’en charge, = == 2 pose-toi sur moi. — 2 Ils s'embrassèrent en pleurant, puis, sur une nouvelle = Par Hs nstance de Janin, ils se séparèrent, et chacun tira de

» son côté,

léger sage! Nous a ne sera

‘ sxir ton = re à bout L:

e dis en- < rierai ja- >lonté de na main

r fidèle,

eront de a

inmquilie.

Monce dé- "ère, ne

Angoisse

La Lhandu s'e allait pleurant,

À assuver ses lavmes. sans écout,

la consoler de hollas om chaque pas pour regardes possible de l’aperceyoir. POUSSA Un soupir si déchiran:

pitié.

Elle le suivai ce quelle lui ent lait dire, I] pant au plus court

na ses,

que Janin

“Ans 807

“er méme à Jui, ni arrivèrent. en par Ges sentiers difi eik sur

ans songer m Janin qui tâchai Elle s’arrêt lod Witir, tant q Vi lui Lorsqu'il ent dispazu,

na eut pres

rien

chemin du pré de Mignot, et là. ils rencontré nt » sieurs personne: en approchant du rouges et l'air cons de Claudine

La Lhandu ne’n Pieura que de plus chant de la maison, elle se pendit au lui dit:

“Je vous en supplie, nonsieur Jan: ssez mier, dites tout ce que vous idrez. (ant à no n'ose point, et jo ne Sais si j'aurais la force de me m trer.

—Du courage, du e Age. :9n enfa Votre à est bon: il vous écout s croir lt, quoi VOUS avez fait, il vous lonnera,”

Le père Mignot éta | p com

et Pinquiétude commençait à poir re au logis.

D {laudine avait vewmis de rentrer de bonne heure, et elle n is at. Mille idées se crcsaient dans la tête bot. orme

[ls apsrochaiert, Mignot alla au-devant d'eux.

É Qu'avez-ve ait de Clodomir? deman tatil, et

3 roi trez- t:

octe a indu toute seule au pré, Be petite b uié ,répliqua Janir Je par & n a tournée, et je : uis ] pour :2 ! ous rovions le tr.:ver

ci: p pas nger même

i tâchait de u it pas fait qu ique coup de sa

* s'arrêta À il Jui fut Sparu, el!

eut pPresq

sœ, pas retourné à la contr: ande! eu est au ciel, Clément Martin + pin- M remets votre fille, je ne puis ’ar- ; iéjà en retard. Adieu, ma selle vous fourmentez pas, tout cel ra l rien - il « a te, sans même rentrer dans on, € 6 ait à la porte, devant son pà Ù le et la prit par le bras: il faisait somerçut qu'elle avait pleuré qu’en s’approà lumière, ma fille! qu’as-tu donc? Ton visage est bou- Fstce qu'il t'est arrivé quelqu echose? Dis-le en conjure !” ez ! & a se jeta sur le sein de sa mère en pleurani à mor : elle ne:pouvait parler, elle suffoquait. me mon- l'raoise, avec son instinct, devina promptement ane douleur plus vive qu’une sifiple bouderie d’amou- ‘x sous ces pleurs et ce désespoir. Elle emmena sa € fille dans sa chambre, où Rosette les accompagna. La

vonne enfant passait quelquefois chez son amie plusieurs semaines de suite.

les, sur :»

otre pére

Gui a

tOM-

Là, Claudine fut embrassée, consolée, interrogé elle fut suppliée même de ne ren cacher à ces det êtres qui l’aimaient tant. Malgré leurs instances, el résista.

“Ilest vrai, ma mère, qu’il y a de triste choses, CI domir en à sa part aussi bien que moi. Ne m’en d mandez pas davantage, ce serait en vain. Gardez-vor même de laisser voir que je vous ai instruites autar que vous êtes. J'ai besoin de me recueillir et de prer dre des forces. Demain j'irai an pricuré, afin d’y ren contrer M. de La Marche à l'heure de la messe; plai ænez-moi toutes deux, j'ai de terribles chagrins; plu tard vous les connaîtrez, et vou: jugerez de ce que j souffre. Ma bonne nère, ma chère Rosctte, ne vou étonnez de rien, permettez-moi d'agir suivant ma fan taisie, suivant le besoin que j'en sentirai. Je sais «

‘que je fais, et M. Janin Je sait aussi. Surtout n’accu: sez pas-le pauvre Clodomir; il est aussi innocent que l'enfant dans le sein de sa mère.”

Françoise et Rosette la quittèrent, après s'être fait beaucoup prier. La Lhandu passa la nuit presque en prières. Quand je jour fut venu, elle fit une toilette, sinon élégante, du moins propre et convenable; elle s’enveloppa de sa mante, jeta le capuchon sur sa tête, et se mit en route pour le prieuré, D’après l’ordre de sa mère, Rosette la suivit de loin en s’efforçant de ne pas se laisser voir.

La Lhandu n'avait garde d’y songer; elle était trop préoccupée de ce qu’elle allait faire et de ce qui pouvait en résulter.

Elle entendit dévotement la messe sans découvrir son visage. M. de La Märche ne la Scupçonnait pas si près de lui. Elle le suivit en tremblant, et se trouva avant lui au bénitier. En lui offrant l’eau sainte, elle repoussa son capuchon, il la reconnut et rougit.

iterrogée ;

ces deux nces, elle

oses, Clom'en derdez-vous es autant de pren- d’y rense; plains; plus e que je ne vous ma fan-

> sais ce | t n’accucent que

être fait »sque en toilette, le; elle | tête, et re de sa > ne pas

ait trop pouvait

vrir son si près a avant

elle re-

“Jai besoin de vous parler, monsieur, dit-elle à voix basse.

—A moi, Claudine? C’est un bonheur auquel vous ne m'avez point acecutumé.

—C'ela est bien grave et bien pressé, monsieur; ne plaisantez pas; où vous trouverai-je ?

Venez dans le bois de sapins, au sremier carrefour, je vous y attends.

Elle s'achemina vers le lieu du rendez-vous, où elle we tarda pas d'arriver. Le vicom’. y était déjà. Dès

(il l'aperçut, il courut à elle presque les bras ouverts.

“Claudine! enfin je vous revois! Serais-je assez heuroux pour que vous eussiez besoin de moi.

Oui, monsieur, j'ai besoin de vous. Il m'est arrivé in vrand jalheur, et j'ai de grandes excuses à vous 1 =

Quoi que vous ayez fait, Claudine, je vous par-

‘tonne, C'e n’est pas moi, monsieur le vicomte, c’est Clodo-

Ah! Clodomir... répéta le vicomte du ton d’un me qui reçoit un seau de glece sur la tête.

Oui, Clodomir, dont vous avez répondu sur votre

ueur, et qui vient de passer ‘- frontière.

Pour Pamour de Dieu, Claudine, dites que cela est pas vrai, répliqua-t-il en pâlissant.

Les deu xmille livres vous seront rendues, mon:

le vicomte: soyez tranquille, vous ne perdrez rien « Tous,

I! ne s’agit pas d:s deux mille livres; il s’agit de

parole engagée solennellement. Je donnerais bien i1t mille livres encore pour la reprendre.

Vous le pouvez, monsieur, et c’est ce que je viens us dire, Personne ne sait encore cette funeste noule: il n’est pas trop tard pour aller à Grenoble reti- : l'appui bienveillant et honorable que vous avez prêté

dia Mb Le PE

au pauvre garçon; de cette manière vous ne serez pl responsable de rien.

—Et vous m’en voudrez, Claudine ?

— Au contraire, je vous le demande.

—&J mets cependant une condition.

—Et moi une.

— Voyons la vôtre, d’abord.

—Monsieur le vicomte je vous supplie, je vous co jure de ne pas accuser Clodomir. Ce qu’il a fait, c’e moi qui lai exigé de lui. Il voulait se livrer plut que de manquer à votre caution. Je suis bien malhe reuse; je n’ai plus d'espoir en ce monde que dans | bonté des honnêtes zens, dans la vôtre surtout. Clod: mir, mon frère d'adoption, est Poursuivi par un 80 funeste ; chacun va le condamner, et il ne le mérite pa Soyez indulgent pour Ini:; aidez-moi à le soutenir, à | défendre, et toute ma reconnaissance vous est acquis N'est-ce pas, que vous me le promettez ?

— De quoi le soupçonne-t-on, Claudine ?

—Monsieur, Clodomir est violent, il est brusque, : es tpassionné, et souvent il n’est pas maître de lui-mé me; pourtant il ne commettra jamais une mauvaise ac tion; son coeur est grand, généreux et noble ; il est re

connaissant aussi, il est dévoué...

—Vous l’aimez bien, Claudine ?

—Oui, je l’aime, et je ne vous lai jamais caché monsieur le vicomte.

—Vous ne l’aimiez pas d'amour, Claudine, vous m Pavez dit dans la grange de Vannier. Je ne Pai pa: oublié, car je n'oublie aucune de vos paroles; je vou les rapporterai toutes; je sais même l’endroit où vous l:8 avez prononcées.

— Peut-être, en ce temps-là, je ne croyais pas avoir d'amour pour lui; maintenant je n’en ai que trop, et j'en suis sûre. Qu’importe, après tout, monsieur, je ne puis pas vous épouser !

vous Confait, c’est rer ‘plutôt : malheu- > dans la t. Clodo- * un sort érite jpas.

enir, à le

L acquise.

usque, il e lui-mê- Lvaise acil est re-

is caché,

vous me Pai pas je vous où vous

A3 avoir trop, et ir, je ne

Jamais, jamais, Claudine ?

—Jamais, monsieur le vicomte; n’y comptez point. Pour un royaume, je ne vous donnerais pas une espérance que je ne compte pas réaliser ; si j'ai été coquette, je ne le suis plus; la douleur n'a guérie, et je ne condamnerai personne au supplice que j’éprouve.”

Elle s'enveloppa de nouveau dans sa mante et s'échappa en courant. Lorsqu'elle revint à la maison, elle avait vaincu son émotion et son inquiétude; elle rentra dans la salle commune d’un air calme; Janin ly attendait déjà.

“Mademoiselle Claudine, ditil, vous voilà sortie bien matin. apporte une triste et atfreuse nouvelle: on a trouvé dans la montagne le corps de Clément Martin, assassiné traitreusement, ainsi que lavait 6té Pepe lItalien.”

(laudine était loin de s'attendre à une découverte aussi prompte; elle se jeta sur une chaise en murmul'ant:

“Déjà!.

Sais-tu qui on accuse de ce meurtre, comme on l'avait accusé de l'autre? s’écria Mignot en colère: cet nfant maudit recueilli par moi, qui a pris la cruauté, 4 bassesse du coeur de son père, et qui nous apporte la mort, le déshonneur en récompense de nos soins, de no-

tendresse, Eh! peut-être le savais-tu avant nous, tialheureuse enfant ?”

Françoise s’approcha les veux baignés de larmes; et, tout en embrassant sa fille, elle lui dit tout bas:

“Est-ce vrai ?”

l: Lhandu croyait avoir deux ou trois jours devant

t ce cou plabattit complètement. Clodomir n’apas eu le temps pent-être de passer la frontière, et

: l'arréterait le soir avec Cecco. Son seul appui était “unin. Elle n’avait pas un instant à perdre; il fallait

= agir. Les témoins de cette scène étaient Mignot, Fr: çoise et Rosette:; C1 udine comptait sur eux ; il lui] raissait impossible de leur rien cacher; elle préfé tout avouer instantanément pour s’aider de leurs « seils et pour trouver chez eux des consolations.

“Monsieur Janin, dit-elle en se levant et en essuye ses larmes, vous êtes un honnôte homme, je snppo j'ai votre parole et je la réclame. 11 faut d’abord : conter la vérité à mes parents, pour lesquels je nai p de secrets, et puis nous agirons de concert. Etes-vo toujours disposé à m’accorder votre protection ?

—Oui, mademoiselle Claudine, vous pouvez compt sur moi.

— Mon père, reprit la jeune fille, ge jetant à genor devant Mignot, pardonnez-moi et secourez-moi: jain Clodomir, je l’aime assez pour ne me marier jamais n'est pas mon mari, mais jamais non plus je ne dés béirai à vos ordres, et je ne l’épouserai qu'avec vot consentement.

—Tu le vois, Françoise, voilà le fruit de tes compla sances, poursuivit Claude sans regarder sa fille; tu n répétais sans cesse qu'il n’y avait pas de danger, qi tu répondais d'elle, ei: maintenant voilà cette misér ble enfant liée à un assassin.

—À un assassin! Non, mon père, non, interromp énergiquement Claudine, Clodomir n’est pas un assas sin; c’est un malheureux. (Clodomir est la cause inn cente de la mort de Clément; le hasard a tout fait; } était.

—Mon Dieu ! s’écria Françoise, on va t’accuser aussi

—Ma mère, un seul témoin pourrait mêler mon nor à tout ceci: c’est M. Janin, et M. Janin ne le fera pas

— Nous devons tout savoir, reprit Françoise; ap prends-nous ce qui s’est passé; ton père est le seul jug de tes démarches, et, pour juger, il faut connaître.”

le préféra leurs con-

h essuyant > suppose, ‘abord raje n’ai pas Etes-vous 1 ?

z Compter

à genoux oi: j'aime jamais &’il > ne désovec votre

complaile; tu me nger, que e miséra

terrompit un assasuse inno- | fait; jy

er aussi!

non nom fera pas.

vise ; apseul juge ître.”

Claudine, une fois entrée dans la voie des aveux, ne

Apouvait hésiter.

Elle continua son récit, non sans être interompue par les exclamations de Mignot, dont la bonne et tranquille nature ne comprenait plus les passions de la jeunesse.

Claudine, Françoïse et Rosette se jetèrent aux genoux dun vieillard éclatant en sanglots. Quant à lui, les veux et les bras au ciel, faisant une prière muette, il semblait l’image de la douleur résignée. Janin même se sentit ému.

“Tout n’est pas fini, munsieur Mignot; nous -pouvons réparer le mal, si Mile Claudine y consent. Elle tient en sa main l’honneur de sa famille et l’avenir de

lui qu’elle aime.

Que faut-il faire? je suis prête, je vous l'ai dit. - Môme à un sacrifice immense, au plus grand de Rien ne me coûtera pour Clodomir.”

Mignot poussa un gémissement et croisa ses bras sur sa poitrine.

“Mademoiselle Claudine, excusez-moi si je vous prie de rntrer un instant chez vous avec Mile Rosette; je dois m'expliquer d’abord avec vos parents, avec vous ensuite devant eux. Ce qui va se passer est solennel.

—Va, ma fille, et compte sur moi,” interrompit Francoise, qui lisait l'inquiétude dans les yeux de son nfant.

(‘laudine s’en alla sans mot dire, appuyée sur Rosetio: lorsqu'elles furent entrées dans cette chambre,

‘lur amitié leur rendait commune, Rosette embras- “:t Claudine, elle lui prodiguait les noms les plus tenes sans en obtenir la moindre marque d’attention.

“Rosette dit-elle enfin, cet homme me fait peur. ‘ue va-t-il me demander ? pourquoi n’a-t-il pas osé par- ‘er devant moi?

- Ta mère est là! Claudine.

—Ah! oui, ma mère! mais mon père! mais Clos mir”

Elles restèrent plus d’une heure seules, entenda quelquefois des éclats de voix réprimés aussitôt. Enf Françoise parut. Ses Yeux gonflés, sa contenance e barrassée et triste, ne leur annonca: nt que de nouvea Chagrins.

“Mon enfant. il te faudra bien di aimes, tu aimes (lodomir : po reculeras devant rien.

courage ; tu no lui et pour nous, tu :

M. Janin nous a montré la P sition telle qu’elle est: si Clodomir est poursuivi, tu seras également.

—Je me défendrai; il n’est pas question de moi, est question de lui; après ?

—Mon enfant, la voix publique lui est contrair Cest une clameur de haro dans le village, dans le pa tout entier. Æujourd'hui la police instrumente, no allons la voir arriver ici pour t’arrêter et te conduire e prison. Ton père en mourra de honte et moi de dot leur.

—Ah! ma mère! ma mère!

— Oui, mon enfant, nos cheveux blanes seront cou verts d’opprobre et chacun se retirera de nous. Nous t perdrons .mais nous perdrons d’abord l'antique hon neur de nos pères, auquel Claude Migmot tient plus qu’ sa vie. (Clodomir condamné par contumace, exilé pon toujours, (lodomir accusé injustement, avee sa naturc tournera sûrement au mal, et Dieu sait jusqu'où sol découragement et son désespoir pourront le conduire Tu le connais mieu xque moi et.

—Hflas! hélas

— Voilà les maux certains et voici le remède, certair comme eux, Aujourd’hui M. Janin te conduira che son patron, il {e présentera à Mgr le maréchal de PH. pital et à Mme la maréchale. M. le gouverneur est à Grenoble, on obtiendra facilement l’anéantissemert de

ais Clodo-

entendant it. Enfin nance em-

nouveaux

; tu nous pus, {u ne tré la po- 1ivi, tu le

le moi, il

contraire, 18 le pays nte, nous nduire en i de dou-

ront cou-

Nous te que honplus qu'à xilé pour à nature,

w’où son !

conduire.

, certain ira chez de l’Hôur est à mert de

la procédure, et Clodomir après six mois ou un an de séjour à l'étranger, pourra reparaître, revenir ici.

—Ma mère, je pars à l’instant pour Grenoble, hâtons-nous.

—Oui, mais il y a une condition indispensable, 1 condition sans laquelle rien ne pourra se faire. Je n’ te l’apprendre, ma Lhandu, je crains de te voir refuser, et cependant c’est la vie de ton père, la mienne, celle de (C‘lodomir que tu tiens entre tes mains.

—J'attends, ma mère.

—M. Janin ne peut rien demander, rien obtenir surtout, dans une chose aussi grave, qu'avec un prétexte, une raison décisive à présenter. Il ne peut conduire à son maître, à ses illustres amis que sa fiancée.

-Mon Dieu !

—Claudine Mignot n’a droit à rien par elle«même, Claudine Janin, protégée par M. le trésorier des états, par M. le maréchal, par M. le gouverneur, ne peut être itteinte..

—Ah! ma mère! jamais! jamais!

—Mon enfant bien-aimée, réfléchis, réfléchis bien, je ‘en conjure. Tu n’as pas longtemps pour cela. C’est

“ut à Fheure qu’il faut partir, car c’est tout à l’heure

ussi qu'on viendra te prendre. [La justice est prévenue: si nous ne sommes pas soutenus par une main

“uissante, c’en est fait de ta vie et de notre honneur.”

(Jaudine sanglotait en répétant:

“Ma mère... et ce Janin ne peut-il nous secourir “ans cette condition barbare ?

-Non, ma fille, il ne le peut pas... il ne le veut

LE

la pauvre Françoise pleurait autant que Lhandu. ‘sut à coup la jeune fille se leva, elle rejeta ses che-

ux en arrière, par un mouvement plein de grâce, et, sans songer à prendre aucun autre soin elle se retourna vers sa mère et lui tendit la main.

“Venez ma mère, conduisez-moi, dit-elle, je me jet terai à leurs genoux, peut-être auront:ils pitié de mor désespoir; s’ils me refusent eh bien! il arrivera « qu’il pourra.”

Françoise ouvrit la porte et fit passer Claudine celle-ci descendit comme une victime qu’on mène à ls mort et marcha d’un pas lent jusqu’à son père et à Ja: nin qui lattendaient debout. Elle tomba aux pieds di Mignot, les mains jointes et levées vers lui, en murmurant:

“Ah! mon père! mon père!

—Que voulez-vous, misérable créature, qui jetez sur notre nom sans tâche de la boue et du sang? est-ce votre repentir qui vous amène? Venez-vous remercier homme généreux qui vous tend la main, dans l’abîme où vous êtes tombée? qui veut bien couvrir de son nom les fautes... les crimes peut-être, de votre passé ?

—Le remercier, mon père, inter“ompit-elle indignée, en se relevant, remercier l’homme qui me propose de me rendre la vie en me prenant mon bonheur! Y pensez-vous ? est-ce bien vous, la justice même, qui parlez ainsi !

—Je parle comme un homme persuadé de ce qu'il doit à un ami, et vous, comme une fille coupable et perpertie, indigne de ce que l’on fait pour elle et méconnaissant la bonté d’un pareil coeur. Remerciez-le, vons dis-je, humiliez-vous, rrosternez-vous devant lui, et dis posez-vous à partir; le temps presse, nous n’en avons .déjà que trop perdu.

Je vous demande pardon, mon père, ie ne partira! pas, ou du moins je ne partirai pas aux coüditions que monsieur m’impose,” reprit résolument Clandine.

Le malheureux laissa tomber ses bras à son côté, sa tête se baissa sur sa poitrine, il resta comme anéanti.

“Mademoiselle Claudine, hasarda Janin, pensez aux suites, pensez-y bien!

me jetde mon vera ce

laudine ; ène à Ja et à Japieds de murnmu-

etez sur st-ce voemereier J’abîme On non s86 ?

ndignée, pose de Y peni parlez

ce qu’il et petméconle, vous , et dis

1 avons

partirai ons que 1e...

côté, sä inéanti.

eZ aux

—J'y pense, monsieur, je les connais et je les accepte, je me soumettrai à la mort, à la honte, plutôt que de devenir votre femme, à vous, sans pitié, sans entrailles, à vous oui nous laisserez tous périr lorsque vous pouvez È nous sauver, si je ne satisfais point vos désirs; vous ne n'aimez pas comme on aime celle qu’on veut rendre “#4 heureuse, Je ne suis pas assez expérimentée pour lire dans votre âme, je ne la compren<s pas, mais elle me

repousse. :

\Miwnot fit un geste de menace et de colère que Janin prima, =, “le Ja tucrais!. ..sécria-t-il. Otez-la de devant es “eux, où je ne répondrais plus de moi. = Claude! Claude! c’est ta fille, ton enfant unique, : Lhandu adorée, dit Françoise se jetant au-devant de lui: aie compassion d’elle et de nous, ce n’est pas ainsi, nest pas par la violence que tu la décideras.” le père hésita néanmoins, il répugnait à sa dignité, “à suprématie de supplier sa fille. Claudine ellene sentit un frémissement parcourir tous ses memrs aux paroles de sa mère. Si Mignot employait les reres, elle serait moins forte que contre les menaces. l'incertitude ne fut pas longue, elle vit son père s’aprocher delle, et faisant le geste de s’agenouiller, il lui =:

“\Ma fille, sauve-nous, je t’en conjure.” Son visage vénérable était sillonné de larmes et prétit la vivante image du désespoir. (Claudine le re- : précipitamment, et se jeta dans ses bras mais elle ‘ répondit pas.

"Ma fille, répéta-t-il, ne m'’as-tu pas entendu ? Mon père, si M. Janin le veut, il peut nous sauver : conditions. Et comment te présentera-t-on à ®s personnages dépend notre sort? comme la maîtresse, la fian-

cée d’un bandit, d’un assassin, et j’au aurai consen! moi, Mignot, moi ton père!

—Mon père, j'ai promis à Clodomir dé n'épouser qu lui. Puis-je manquer à mon serment? qui m'en d liera ?

—Moi, ton père, au nom de Dieu, dont je suis por toi le représentant sur la terre.

— Mon père, ma mère pent demander la vie de so fils adoptif; si M. Janin le veut, il la conduira à m place,

—Ta mère te rendra-t-cile ton honneur perdu?

mère réhabilitera-t-elle notre nom ?”

Françoise crut pouvoir intervenir doucement san blesser Claudine; elle l’attira vers elle et l’embrass avec une sorte de passion désespérée.

“Ma fille, reprit Mignot, je te supplie, je ne te com mande pas, je te demande à genoux de te soumettre Ah! je le jure sur les os de mon père, si un homme d justice entre dans cette maison, si tu restes sourde : mes voeux, le soleil de demain ne m’éclairera plus.”

La Lhandu et Francoise poussèrenht un cri perçant ef celle<i tomba inanimée sur le carreau. sa frêle na. ‘ne ne pouvait résister à ces émotions réitérées. Claudiue la releva et la prit dans ses bras, pendant que son père lui disait, d’un ton profondément désespéré :

“Lhandu, tu le vois, tu as déjà tué ta mère. J’atterds mon tour.

— Non, mon père, non: c’est moi qui dois mourir !”

consenti,

ouser que m'en dé-

suis pour

le de son ira à ma

du? ‘Ta

ent sans embrassa

te comumettre, mme de sourde à plus.” perçant, frêle na- 3. Clauque son ré :

>, J’at-

iourir !”

Visites

Deux heures après cette scène, Françoise était dans on lit, son mari et Rosette à côté d'elle. Son état inspirait plus d’inquiétudes, et Claudine venait de rtir pour Grenoble avee Janin, dans la carriole de \isnot. Is cheminaient en silence: la Lhandu, vêtue le ses plus beaux habits, n’en était que plus désolée.

Janin n'essayait aucune consolation, il était trop adroït

our cela; qu'aurait-il pu dire ?

Cependant, lorsqu'ils approchèrent de la ville, le fin -nard risqua quelques mots. Il ne se souciait point !: présenter une fille transformée en fontaine.

“Monsieur Janin, quand je serai votre femme, si je ‘= jusque-là, je tâcherai de ne plus pleurer, pour vous wir; mais, en attendant ,laissez-moi faire à ma guise, jvous prie.”

I descendirent à la petite porte de l’hôtel, et traversèrent la cour des écuries ,où s’agitaient un monde de palefreniers et de postillons. T/Scuyer de la maréchale de L'Hôpital venait apporter un ordre de sa maftresse: en apercevant Janin et Claudine, il s’arrêta tout court et s’écria :

—Tudieu! Ja belle fille! T1 faut que ce gratte-pa pier soit bien rustre, pour la faire pleurer ainsi.

—Ce n’est pas moi qui la fais pleurer, monsieur;

au contraire, je viens ici pour la consoler, et je ve dans cette intention, Ja présenter à votre maîtres Croyez-vous qu'elle daignera nous faire l'honneur nous recevoir, moi et ma fiancée ?

Ah! cette admirable créature est ta fiancée! t: Mieux hour tes amis. Si elle réussit à t'aimer, c* qu'elle en aimera bien d'autres après,

Monsieur, interrompit la Lhandu avec une dign imposante, parce que je suis une paysanne, ce n’est } une raison pour me manquer de respect.

Quelque svalets se mirent à rire: lécuyer leur ir posa silence, et, tant son fentre, il fit une profon révérence à Claudine.

“Ne riez pas, vous autres: cette jeune fille a raiso elle vient de me donner une lecon dont je profitera on doit toujours le respect à une femme, quelle qu’el soit. Pour réparer ma faute, si c'est possible, je va conduire mademoiselle chez ma maîtresse. Elle est ju tement seule, et elle s'ennuie, Le moment est bic choisi, si on à quelque chose à Ini demander. Suive: moi, continua l'écuver, qui s'appelait M. de Luzy. qui était bon gentilhomme, et n'ayez pas peur.”

L'écuyer ne se doutait guère à qui il parlait, ni que ces paroles et cet intérêt ni vaudraient dans l’a: nir.

I les fit passer par un petit degré, derrière les cui sines, et les conduisit droit + l'antichtiubre du cabine de toilette de la maréchale.

Il entras en soulevant une portière. Après nn co loque: de quelques se-ondes, la portière se soi leva 4 Nouveau, et une voix Ge femme lenr srdonna d’entrer

Claudine était si émne, qu'elle n’y voyait plus et qu’elle

ne pouvait se soutenir

La pièce dans laquelle elie pénétra était assez petite. fort ornée, et l’on y respirait des parfums de toutes sortes. Une femm ede cinquante-sept ans à peu près,

avant encore les restes d'une grande beauté, était :8ao eur des coussins, auprès de ja cheminée, et jouait avee un petit chien, pendant que plusieurs suivantes 8e tenaient prêtes à satisfaire ses caprices.

Cette femme était Charlotte des Essarts, comtesse de Romorantin, fille du baron des Essarts de Santeurs, ut de sa seconde femme, Charlotte de Harlay Chauval- 5 soin de nous apprendre de ses anté-

dents ce que nous avons besoin d'en savoir, le reste viendra dans le cours du récit. La maréchale était vê-

« d'une longne robe floitante, en brocart fleuronné ;

taille n'était marquée que par une écharpe, s3n COr-

ajusté d uhaut, montait jusqu'à son cou, où il se minait par une large fraise, suivant la mode de la ne Marie de Médicis, qu’elle conservait dans son inrieur, afin, prétendait-elle, de se rappeler sa jeu

t je veux, maîtresse, onneur de

ncée! tant mer, c’est

ne dignité 4; Janin a pr

: n’est pas

"leur improfon: le

a raison, rofiterai :

lle qu’elle e, je vais e est jus-

est bien

Nuivez- Luzy. et

se,

En apercevani Claudie, beauté.

“Par ma foi! cette 1:

vante favorite, et e!

ile fut presque saisie de

+ bien belle! dit-elle à sa ‘aussi bonne grâce qne

RL = SEE , . ‘elle avait été levée à ‘1 “17. Approchez, m2 ennf, ni cs int, n'ayez aucune craie, NOUS avons un grand +<i ? , x x x : .

ins l’av.- :tre agréable à notre hôte et à ceux qui sont 2 Fa, :

urticulièrement au sieur Janin, qui nous a reçue très cracieusement de sa part. Il s’agit d’une affaire très rave, assuret-on, expliquez-: 13.” Claudine, qui retenait à g::nd’peine ses larmes, les — «à couler sans s’en apercevoir, elle n’y songeait plus. ss “aclinant profondément devant l: maréchale, elle — rmura quelques mots, que son trouble rendait innpréhensibles, et fit signe à Janis @e dire le reste. Janin mit au jour toute sa rhétori,uc ci commençs récit à demi vrai de la catastrophe. Il n’en supptià qu'une chose: amour de Clodomir pour la Lhandu et les promesses qui les unissaient.

» les cui- 1 cabinet

nn coileva da d'entrer.

14 qu’elle

z petite, e toutes eu près,

Mme de L’Hôpital avait été Charlotte des Essarts elle avait été comtesse de Romorantin, elle avait mêm été bien autre chose, disait la chronique, elle devina « qu’on ne Jui disait point, et il lui suffit d’un regarc jeté sur les fiancés, pour être au fait du mystère,

“Ah! fit-elle, je comprends. Et maintenant que voulez-vous ?

— Qu'un ordre de M, Je gouverneur arrête Jes poursuites contre Claudine et contre son ami d’enfance, en déclarant qu’il n’y a lieu.

— Alors, Clodomir reviendra. n'est-ce pas ?

—Oh non, madame, répliqua vivement Janin, pas avant un an d’ici.

— Très bien, on doit s'occuper de cela tout de suite, je suppose ? |

—Madame, le temps presse, et demain ;il serait trop tard, on pourrait emprisonner (Claudine.

—Quant à cela, je vous garantis que non; je la garderai près de moi jusqu’à ce que le danger soit passé, et bien hardi serait celui qui viendrait l’y prendre. Attendez un instant, M. le maréchal et M. de Porte-d’Amblérieux vont venir ici, nous leur exposerons affaire et nous les prierons de s’en aller sur Pheure auprès du gouverneur, arranger ce que nous désirons.”

Claudine fit quelques Pas poar se retirer; mais Ja maréchale lui commanda de s'approcher, au contraire, en même temps qu’elle renvoyait Janin dans la petite antichambre. Elle voulut que Lhandu s’assît par terre, à ses pieds, et éloigna ses femmes, accoutumées à ses fantaisies. Elle se mit à l’interroger.

“Vous n'aimez pas Janin, ma belle petite ?

—Madame...

— Vous ne l’aimez pas, et vous l’épousez malgré vous, j'en suis sûre? Et ce n’est pas tout. Vous aimez ce beau Clodomir.

—Oh! madame, madame!

Scre P EE re

Essarts = : —— = ; it ee S —[] n'y a pas besoin d'être sorcière pour s'en aperlevina ce cevoir, Vous l’aimez, avouez-le, et nous saurons nous e— débarrasser du Janin qui n’est qu’un vilain plumitif. re 8 --Madame, M. Janin est choisi par mon père. que = --Peste quelle obéissance! on devrait bien envoyer | “< filies de Ja cour à votre école. Elles ne s’y prennent : «le cette façon.

es pour- : = =

Madame, je vous en conjure, ne faites pas cela, ance, en :

ria Claudine, éclatant en sanglots qu’elle ne put re-

Je suis une misérable, j'ai déjà trahi le serment

à mon amant, je tiendrai au moins celui que j'ai à non père.

Ma chère petite, les rois et les amoureux sont faits

in, pas

e suite, | : :

étre trahis, ne n'oubliez pas.

.—— * grande dame, dont on lui avait fait si grand’- I lui promettait plus qu'elle n'osait demander, elle la gar promettait de Jui ramener Clodomir, de les unir à -emble, et cela au moment même où elle avait juré, = a croix sur l'Evangile, sur son salut éternel, de += noncer à Jui pour jamais.

-d’Am- = — k ; ; souvenir de sa mère mourante, de son père au affaire je vint flétri rs Æ- -2spolr, VIN etrir ce pouton « csperance à peine ourès du : ——

ee

bien! ma petite, vous ne dites rier, reprit la hale. Parlerons-nous pour lexilé? Voulez-vous ‘te fouine de Janin rentrer dans son terrier ? Non, madame, vous êtes mille fois bonne et je ne < assez vous remercier, mais ce sont des rêves im’ les, mes parents, comptent sur moi, je suis inca-

le les tromper.

Euh! euh il me semble Clodomir y comptait bien ‘1 aussi, sur vous, çt que pourtant... enfin, ce vos affaires.” : bruit de valets et de mousquets se faisait entenu côté de la grande entrée. Le gouverneur avait ie quelques-uns de ses gardes et la ville ses hoque-

ais Ja traire, petite

tons au maréchal, pour lui faire honneur. Ils lace pagnaient partout, jusqu’à la porte de son appartem et menaient le tapage auquel sont sujets les sol bourgeois de tous les temps.

Le rharéchal entra le premier, lorsqu'on eut ouv les battants de la porte. C'était alors un homme de « quante-quatre ans, parfaitement conservé, très x sous le harnais de guerre. 11 avait servi le roi et France depuis bien des années, et venait d'obtenir bâton de maréchal, non pas encore le brevet, qui ne fut donné qu’en 1642, mais une promesse écrite « n’était par le fait qu’un brevet in pelto. Il prenait titre de maréchal dans sa vie privée et loin de la co ct cela pour complaire au roi et au cardinal, qui le | avait demandé par une raison de préséance et dé quette.

Le due de Saxe-Weimar, prit 2e fort guerrier, s’ét: mis avec son armée au service de la F rance. Il bata lait en Alsace, et on lui avait donné pour second le ca dinal de La Valette, une sorte d'archevèque Turpi: faisant le coup de sabre comme un mousquetaire, ma fort ignorant en tact ique et, de plus, fort gênant pou Son quasi-collègue, dont il exigeait des respects et de déférences en sa qualité de prince de Eglise. Le du se plaignit à Richelieu qu’il passait son temps à dispu ter des révérences et à réparer les bévues du cardinal il menaça de s’en retourner chez lui, si les troupes d roi n'étaient pas mieux commandées et si on ne lu donnait un casque au lien d’une mitre pour vis-à-vis

L'Hôpital portait alors le nom de du Hallier, sou: lequel il était bien connu par une vie accidentée de tou: tes les manières, I] commença par la soutane: sa famille le destinant à la prêtrise, il prit les ordres mineurs de très bonne heure, et fut pourvu d’un excellent bén:fice. Son frère aîné. Vitry, devenu depuis maréchal, était déjà une des âmes damnées de la reine Marie de

[ls l’accom >partement les soldats

eut ouvert ime de cintrès beau e roi et la ’obtenir le qui ne lui écrite qui prenait le le la cour, qui le lui > et d’éti-

er, s'était @ Il batailnd le car- > Turpin, ire, mais ant pour ts et des Le due à dispucardinal] ; oupes «du n ne lui vis-à-vis.

ler, sous > de tou- »: sa. famineurs nt bén:- \arécha!, farie de

Médicis, qui le prônait à son fils enfant, alors qu’elle Bavait du crédit sur cet esprit versatile.

Vitry, adroit et brave, devina d’un coup ce qui adviendrait et s’attacha surtout au jeune prince, sans plus s'inquiéter de l'introductrice. 11 se lia, comme de raison, avec les fa oris, particulièrement avec Albert de Luynes, le plus slide et le plus choyé de tous. Cett eamitié se refléta ur toute sa vie’ et sur celle de son père. M. de Luy- : les adopta et leur prouva son affection par des ef- . Il les trouva parfaitement placés, d’ailleurs, lun ruitaine des gardes, c’était l’aîné; l’autre, abbé de inte-Geneviève de Paris, et, de plus, évêque de Meaux, nomination du roi Henri IX.

\orès l'assassinat de ce prince, ainsi que je lai dit, loux frères ne s’amusèrent pas à le pleurer, et pascent facilement du parti de sa veuve à celui de son Du Hallier n’était point fait pour l’Eglise, il jeta froc aux orties, et, sans en demander la permission à unille, il se fit nommer sous-lieutenant dans les “los, En peu de mois il devint un des plus fiers pluts de l’armée. Louis XIIT aspirait à se débarrasser à tutelle de sa mère, surtout de celle du maréchal ‘Ancre et de Léonora Galigaï, sa femme, dont Marie Médicis était affolée.

Il «eo tint bien des conseils à ce sujet, parmi les amis monarque. Ils connaissaient la hardiesse, je dirai me la témérité de Vitry, et se fièrent à lui pour tPCISION.

“Sire, dit celuïici, je ne vois qu’une facon d’en sor- .. Vous êtes le roi et le maître, après tout, et votre jeux père ny aurait pas regardé à deux fois. Le

ini vous gêne, vous avez droit de vie et de mort sur

que le Coneini disparaisse.”?

roi donna lordre, “itrv l'expédia. Le premier coup fut, dit-on, porté r du Haïlier.

Ala suite de ce meurtre et dès le lendemain, Vitr fut nommé maréchal de France, et reçut les biens ©: sa victime, Du Hallier conserva la lieutenance des gen-W .darmes, obtint la seconde compasnie française des gar-! des du corps et la capitainerie de Fontainebleau, que Vitry lui abandonna ; il était assez gorgé.

Du Hallier, depuis lors, guerroya sans cesse, poussé par le double vent de la faveur et du courage. Il épousa en novembre 1630 Charlotte des Essarts, la regardant, disait-il, comme veuve d’un prince; lequel? Etait-ce Henri IV ou le cardinal de Lorraine ?

Au moment où il entre dans ce récit, il s’en allait en Alsace prendre le commandement de l’armée royale, et rejoindre le due de Saxe-Weimar. Pour ne pas amener de conflit entre eux et pour sauvegarder l’honneur de son grade, il n'était donc maréchal de France que de courtoisie. Pour faire sa cour au premier ministre, il reprenait ceux qui lui donnaient ce titre, ne voulant pas le recevoir, prétendait-il. Sa femme ne se montrait pas si chatouilleuse, et le savourait de son mieux. comme on la vu.

Du Hallisr ne devait rester que deux jours à Grenoble, la maréchale l'y avait conduit pour une intrigue qu'elle ourdissait alors et qui ne lui réussit guère. Elle voulait faire reconnaître son soi-disant mariage avec le cardinal et faire légitimer ses enfants. En conséquence, ele choyait la maison de Lorraine. et, pour détourner les soupçons, elle et son mari avaient pris rendezvous à Grenoble avec un agent secret du due de Guise. Elle fit grand bruit de l'invitation du trésorier général, son ancien ami, et du désir d'acheter une terre et seigneurie dans cette province du Dauphiné, pour le comte de Romorantin son fils.

Bu Hallier entra donc, ainsi que nous l’avons vu, dans le cabinet de sa femme. accompagné de Pierre de Porte-d’Amblérieux, son hôte. Celui-ci, vieux garçon

ue de tre, il it pas ntrait com-

reno0rigue Elle ec le juentouradezuise, rÉNÉre et r le

vu, e de rçon

issamment riche et de bonne maison, avait un de ces eaux visages de vieillards, qui respirent la bonté, l'es Brit, la gaieté, le désir de plaire et de faire oublier leur \ve : il avait encore aux lèvres une plaisanterie, dont le maréchal riait de bon coeur, lorsque son regard tomba sur la Lhandu, qui s’était levée à leur approche, et qui se tenait debout les veux baissés, près de la maréchalé.

“Ah! monsieur, s’écria-t-il, quel est cet ange? regarde zdonce.

Par Dieu! vous avez raison, jamais rien de si parfait ne s'est vu ni à la cour ni à la ville.

— Messieurs, poursuivit la maréchale, je suis enchanchantée qué ma protégée vous plaise, vous aurez moins de peine à faire pour elle une chose fort difficile, monsieur de Porte; c'est d’ailleurs la fiancée de votre féal et soumis Janin, et c’est lui qui me l’a amenée, pour que je vous la présentasse; j'espère que vous l’accueillerez de ma main?

Comment! Janin, c’est là ta fiancée, cette herbasere du Bachet, dont tu m'as parié ?

-Oui, monsieur.

—Elle est trop jolie pour toi, mon garçon, il t’en arrivera malheur, je me crois obligé te t’avertir. Hélas! monsieur, les choses les plns vraisemblables sont toujours celles qui arrivent le moins! Pas si bête, pas si bête! reprit en riant du Halpourtant cette fille est diablement belle. Voyons ue lon peut faire pour la contenter.

Négociations

Mme du Hallier expliqua avec vivacité et bienvei lance la position de la Lhandu, telle que celle-ci désira la faire connaître. Elle peignait en traits vivant pour ainsi dire, cette honnête famille Mignot, son & sespoir et l’intérêt que meritaient de si braves gens.

Le maréchal s’assit à une petite table placee près 4 sa femme, et écrivit au gouverneur, tout en regardan Claudine et en répétant Ge temps en temps:

“C’est Vénus en personne. Que diable une herh: gère peut-elle faire de cette beauté- 1à ?

—Pas grand’chose, mopsieur; mais la-fiancée 4 Janin en fera beaucoup,” riposta la maréchale.

De Porte, lui, ne disait rien; il regardait la Lhard au point de l’embarrasser.

“Ma mignonne, fitil pendant que le maréchal &r vait, vous allez rester céans, m’a-t-on dit, jusqu'à c que vous n'ayez plus rien à craindre ?

—Mme la maréchale est assez bonne pour le vou loir, monsieur.

—Mme la maréchale vient demain à ma maison de champs, à Saint-Meury, près de Meylan, vous l’accom pagnerez, mon enfant; vous ne serez pas loin de votr mère malade et vous aurez, j'en suis sûr, grand plaisi

bicnveili désirait

vivants.

, Son d«és gens.

e près de regardant

ne herha-

ancée de) 8, à Lharndu à

chal écriusqu'à ce

r le vou-

aison iles s l’accomde votre ad plaisir

Bla voir. Je treuverai moyen de vous y faire conduire acilement.

—Oh! monsieur, que vous êtes bon! répliqua la jeune fille dont les yeux se mouillèrent.

De Porte, le premier parmi ses protecteurs, pensa à satisfaire son coeur par une de ces attentions qui ne souvent s'oublier. Dès cet instant, elle se sentit enrainée vers lui et le regarda de préférence à tous les

tres au point que le maréchal en fit la remarque.

Quelle singulière destinée! (Cet deux hommes, en

ne temps, pour la première fuis, en face de cette lle créature dont levenir se trouvait lié si intime-

nt au leur!

\ine du Hallier n’était pas fen.me à s'occuper longcrips de suite de la même chose sans distraction. Aussitôt que la lettre de son mari fut partie, en attendant \ réponse, elle voulut se promener en carrosse par la

l», et emmener avec elle sa protégée.

[a Lhandu, ou Claudine, comme il vous plaira, je

us prédis que vous irez loin. Dieu ne vous a pas

iné pour rien une pareille beauté, dit le maréchal.

\onseigneur, on lui a déja annoncé qu’elle serait

. hasarda Janin avec son sourire obséquieux.

Elle ne t’épousera donc pas, alors? Et qui lui a

cette prophétie ?

Une femme bien savante, à ce quÿl paraît, qui a sé par ici il y a quelques mois. Une nommée Riikla Ruggieri.

Rinalda Ruggieri, reprit vivement k maréchale,

tite fille de Côme Ruggieri, la maîtresse de Léo-

| Galigaï. Oh! si elle l’a prédit, on peut la croire. la connais ; elle a une grande et te;rible science, en

La maréchale s’occupa de sa toilette, se fit recoiffer,

va les hommes de son cabinet, s’habilla magnifi-

rent suivant la dernière mod: de la cour, qui n'était

plus celle de Marie de Médicis, et, une demi-heu après, toute cette belle compagnie montait en carross Claudine était assise à une des portières entre Mme ] maréchale et une autre grande dame envoyée par | gouverneur pour l’accompagner.

Les bourgeois de Grenoble ouvraient des yeux déme surés en Voyant passer ce cortège, dont la Lhandu n’étai pas la pièce la moins curieuse,

En rentrant à l'hôtel, l'envoyé d umaréchal lui remi la lettre du gouverneur; elle faillit s’évanouir pendan que du Hallier Jisait.

“Mademoiselle Lhandu, puisque tel est votre nom restez tranquille et ne vous tourmentez de rien. M. | gouverneur me promet, qu'en considération de Mme di Hallier, l'affaire qui vous concerne ne sera point ins truite, et que le parlement n’en sera pas saisi avant plu. sieurs mois. (Cependant, pour plus de sûreté, faites qu l'accusé ne se montre pas, qu’il reste où il est. afin Gôter aux juges de mauvaise humeur tout prétexte «le se fächer.”

Claudine fit une belle révérence, se tourna vers là maréchale, en fit une autre, et finit par pleurer aux sanglots.

Janin, qui se tenait à l'écart, s’avança et demanda permission d'emmener sa fiancée, pusqu’elle était libre.

“Je veux la garder, dit Mme de l'Hôpital.

—Madame, ce serait bien de l'honneur; pourtant elle a laissé sa mère malade, son père au désespoir, et elle doit retourner vers eux.

—Adieu, Lhandu; vous reviendrez ?

— Oui, madame, à vos ordres.

— Madame la Lhaidu se trouvera après demain à ma maison de Saint-Meury, pour vous recevoir.”

Janin et Claudine sortirent de l'hôtel dans la carriole de Mignot, Ils reprirent le chemin du Bachet, et ils

ix démelu n’était

lui remit pendant

tre nom, . M. le Mme du oint insant pluaites que est, afin texte cle

vers la 1rer aux

sanda la uit libre,

Jourtant spoir, et

main à =: :

carriole t, et ils

èrent assez tard; la nuit était déjà tombée: ils ne rlèrent guère en route.

#rsque la carriole s'arrêta à la porte, Mignot l'avait Éjà ouverte; il reçut sa fille dans ses bras et l’embrassa ns oser lnterroger.

“Mon père, lui ditelle, rassurez-VOus; nous avons jà obtenu beaucoup, et nous obtiendrons le reste”

Elle lui raconta sa journée, et lorsqu'il entendit par- " de l'invitation reçue pour Saint-Meury, il en eut De Joie véritable.

Janin eut soin de ne rien dire et de laisser parler laudine suivant sa fantaisie. Ensuite il se retira, en bnonçant qu'il tiendrait la famille au courant des nou- Îles: qu'il ne viendrait pas de quelques jours, et que : pére Mignot devait conduire sa fille le surlendemain

Naint-Meury; qu’il verrait Mme de L’Hôpital et M. e Porte, et qu'il saurait par lui-même à quoi s’en teir.

La journée du lendemain se passa paisiblement et ristemient pour tout le monde, Claudine sortit beauoup, afin de connaître, de braver les bruits du village. and on vit sa contenance et celle de sa famille, quand N'apprit la promenade de Claudine, la veille, dans le arrosse de la maréchale, l'opinion tourna tout à fait. In n'eût pu trouver dans le pays une langue assez efrontée pour accuser Claudine, ni même Clodomir; on en vengeait en particulier, il est vrai, c'était beaucoup (jt que d'avoir muselé le public. Vannier, qui raconul partout ce quil avait entendu, commença à crier ins haut, et puis il ne cria plus du tout.

Ce fut bien une antre aventure, quand le jour suiant Mignot et Claudine, endimanchés, se dirigèrent

= Saint-Meury, quand Rosette, malicieuse enfant, ‘pris le soin de :{pandre que son amie allait passer

ques jours chez M. le trésorier, o üMme la maréte de L'Hôpital l’attendait.

” Pendant ce temps, la Lhandu était à Seint-Mour où elle recevait un accueil tout aimable, La maréch: le la fit instaler dans son appartement ; elle lui pren de la conduire dans son appartement; elle lui prom de la conduire à Paris, si elle voulait la suivre, et de | marier richement à quelque jeune muguet qui, pou être bienvenu du maréchal, ne s'informerait point à son origine, dont personne ne se douterait.

“Je vous demande pardon, madame, car je ne cacherais point. Dussé-je épouser le roi que m'a | mis Rinalda, je ne rougirais point de mon père et ina mère.

—Très bien, jeune fille! répondit de Porte tout ém Madame, cette enfant a des sentiments et une beau dignes d'un trône et de toutes les fortunes de luni:

.—Eh bien! offrez-lui la vôtre.

—Plût au ciel !”

La maréchale ne pouvait se passer de Claudine, Sa mari était parti; elle restait à la campagne afin d’avoi la liberté plus grande de recevoir à son aise Penvoyé 4 M. de Guise. Claudine se montra de plus en plus al mable, de plus en plus intéressante; elle prit insen biement, au frottement des gens du haut parage, d manières et une distinction que sa dignité naturelle rendait faciles,

Enfin Mme du Hallier twrmina ses affaires et soit gea à rejoindre la cour. Elle fit de nouveau à la Lhar du des offres séduisanies, elle la tourmenta même po les accepter. Claudine fut inflexible,

Depuis quelques jours, M. de Porte était préowun Il passait son temps à Grenoble et n’en revenait mên

pas tous les soirs; il s'exeusait par des affaires urse tes, dont Mme du Haliisr so moquait. Au moment : elle.montait dans son earrosse et où elle faisait mat ter Lhandu, afin de la reconduire elle-même an Bache M. de Porte tira la jeune fille à part

at-Meur\@ «Mon enfant, lui dit-el, je reste demain à cette maimarécha@,,n, parce que j'ai besoin de vous voir et de vous parler di proniBuns témoins. Demandez à votre père la permission de ai pro," venir retrouver, et qu’il vous accompagne, s’il le , et de lf:,,. nécessaire, à la condition, toutefois, que je cau- Jui, PouÉ rai avec vous une heure seul à seul, Je viendrai, monsieur, votre bonté mérite toute ma confiance, et je m'engage d'avance, au nom de mon “re et au mien: ‘entretien que vous daignez m’accorlp m'honore trop pour que je le refuse.

C'est bien, je vous remercie,” réplique lentement trésorier, out émx Claudine monta en vis-à-vis, à côté de la maréchale; ne beau : feinmes et Luzy se plæcèrent sur le devant et aux PunieS ortières, Ce n'était pas un petit honneur. Le village D du Bachet fut en révolution à l'aspect de ce carrosse doré, traîné par six chevaux, avec des postillons, des ine. Sa juges, des laquais galonnés sur toutes les coutures, nm d'avo La maréchale laissa de fort beaux cadeaux à sa proenvoyé dÉ sie et à sa famille: un, entre autres, que les événeplus 2% ments rendirent significatifs.

t insens “Ma chère Lhandu, Ini dit-elle, vous m'avez gagné rage, dé le coeur. Je connais Rinalda, et je sais qu'elle ne se urelle ff trompe jamais, Puisqu'elle vous a prédit votre mariase avec un roi, c'est que vous deviendrez reine, et je 8 et so jeux vous donner votre anneau de mariage, En voie la Lha in, qui me vient du feu roi: Henri IV. Promettez-moi ème pot l: le conserver jusqu’au jour où vous le ferez passer à votre doigt par lheureux prince qui aura su vous Ap- Téouu récier et vous choisir.

ait mên Madame, si je n’épouse pas un roi, que feraïje es ursv! le la bague? Mon mari aura-t-il le droit de me Poffrir oment 2 ke votre part?

Non, s'il n'es tau moins maréchal de France.” Dans la matinée du lendemain, Lhandu se hâta de

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