‹ La Lhandu [microforme]Chapitre 5 sur 18 · MF · texte numérisé non relu

MF

Seigneur m’accorde une belle grâce; il an’appelle à

et me donne une place dans la sainte milice de ses s

aussitôt que j'aurai

me rendtai à Rome Pour en prendre l’habit.” de polémique s’éleva sur la vie religieu:

gère, et, lorsqu'on lui deman, reconnaïissait p

assez ide ]

“Si vous étiez à ma place, madame, vous penser. Comme Moi, j'en suis sûr. Si vous aviez vu c‘°que j’ Vu, senti ce que j'ai &nti, vous n’hésiteriez pas li que moi.

—Serait-ce une indiscrétion de vous en demander ! motif, monsieur le comte. =

—Nullement, madame, je m’empresse de le publie tout haut., J'arrive de mOn pays lointain, en passan Par Vienne, et je me suis rendu ensuite en Italie. Un affaire grave my appelait, la même que je viens traite ici, qui devait me conduire à Paris, si elle ne se termi Je n’ai jamais été impie, ma mère m’a élevée pieuse. ment, pourtant j'avais Pour notre sainte foi cette :-dif. dans la jeunesse. Je

T remercier la Vierge, dune grâce accordée à un frère que j'aime beaucoup. Je fis ce pèlerinage dans les dispositions les plus mondaïnes : javais avec moi Cinq ou six compagnons de débauches ; nous nous arrêtämes en route plusieurs jours Pour nous livrer à des amusement profanes, et lon ne peut être être eñ dispositions moins propres à la

pelle à lui de ses ser.

monsieur;

occupe, je

religieuse,

demanda À

issait pas

penseriez € que j'ai pas plus

nanider le

& publier | passant lie, Une 1 traiter se termi- , famille.

rs jours et lon es à la

grâce de Dieu que À n'étais en ce moment. J’entrai

‘ans la sainte chapelle plus curieux que touché, je fis

une prière du bout des lèvres, regardant les dons précieux de tous les rois de l’Europe ct des souverains

Boontifes. J’écoutai la musique d’un salut chanté par

quelques voix harmonieuses; en rentrim à mon auberge jy trouvai un bon repes, aver mes compagnons de voyage qui m’attendaient. Nous restâmes à rire ct à boire jusqu’au matin. et nos vegagnäme: nos lits, la tête très-échauffée de nos dlibations. Je m’endormis quelques instants après, je fis un rêve, que certainement nes dispositions précédentes ne pouvaient avoir pré paré. Je vis la sainte Mère de Dieu, dans toute sa beauté et dans toute sa gloire, elle daigna me sourire, 1 main toucha mon épartle et elle m’ordonna d’aller l lendemain à la chapelie m'raculeuse lorsqu: le jour commencerait à tomber, dy rester soul en oraison pen- ‘ant quelques instants, ot que là je saurais la volonté de Dieu à mon égard.

—C’est ume vision, monsieur, c’est un miracle.

—Je n’en doute pas, monsieur Pabbé, et j'en doutai encore moins le lendemain, lorsque je me rendis à lézlise, selon ce qui m’avait été commandé. Je la trouvai Kserte et sombre. Une lampe d’or brûlait seule près du saint escalier, devant le sanctuaire. Je m’agenouillai le coeur assez tremblant, j'étais cependant plus inirigué, plus désireux de savoir et d'apprendre que je n'étais ému, ül me sembla entendre une voix qui parlait dans mon coeur. Je revis la divine mère du Christ telle qu'elle m'était apparue dans mon rêve, et je distinguai très intelligiblement les paroles qu’elle prononça.

Mon enfant, la volonté de mon fils et la mienne. est que tu quittes le monde et que tu te ranges parmi nos serviteurs de la compagnie de Jésus. Si tu ne le fais pas, ©. srands malheurs t’attendent dans le siècle, et si tu le fais, tu arriveras à la paix et au bonheur.”

“Je me sentis pénétré comme d’une rosée r'ivine, De sOngeai pas à faire résistance et je promis eurchamp d’obéir, aussitôt que j'aurais réglé les graves ; térêts de famille dont j'étais chargé. Mon âme se re! plit d’une quiétude, d’une joie inconnue. Tout ét: changé en moi et mes sentiments plus que tout le rest Je déclarai à mes COMpPa£nons que je n'étais plus d leurs, qu'ils n’eussent plus à compter sur moi, et d le même soir, je les quittai. Depuis lors, ma résolutic n’a fait que s’affermir. je suis irrévocablement décidé.

Zabbé, le gentilhomme et Claudine, voire même trésorier approuvèrent complètement, et quand on : sépara, il n’était personne «ans ce petit cercle qui n considérât l'étranger comme un élu et qui n’enviât 0 bonheur.

Après avoir conduit son hôte à son appartement, M de Porte descendit chez sa femme et frappa discrète ment à la porte de son cabinet de toilotte. Rosette ]u ouvrit avec son plus charmant Soürire et Sa pius bell révérence, ce qui n’empêcha pas M. de Porte de 1: Prier gracieusement de Je hisser seul un instant avec sa femme. La gentille camériste, avant d’obéir, consul. ta de lœeil la volonté de Claudine et, sur un signe de celle-ci, elle sortit aussitôt.

“Madame, dit le brave mari, je ne veux ni ne puis avoir un secret pour vous, et je vais vous confier ce qui se passe dans votre maison et la qualité de l'hôte que Vous avez reçu.

—Est-ce bien nécessaire, monsieur ?

— Indispensable, madame: si vous lionoriez veus seriez exposée à ne point Je traiter ainsi qu’il doit l'être. d'ailleurs ce serajt manquer à ce que je vous dois. (tt étranger est le prince Jean Casimir, fils du roi de Pologne Sigismond III et de la princesse Constance d’Autriche, Son frère aîné. Ladislas VIT, règne em ce moment, et c’est à Tean Casimir qu’il doit sa couronne.

1e se remiout était t le reste.

plus des oi, et dès résolution : décidé.” même le nd on se e qui ne nviât son

ment. M.

discrète.

ette Jui ius belle e ide la ant avec , Consulsigne de

ne puis r ce qui ôte que

e jeune prince a montré un héroïsmt rare dans sa conition. La reine Constance voulait qu’il fût roi et lui avait fait ur parti considérable; connaissant le désir de Sigiemond d'avoir un fils aîné pour successeur, il se mit à da tête de ceux qui combattaient contre lui-même et fit triompher la cause de son rival. Il est content

e cette victoire ; son frère a reçu de sa main le bonheur et la puissance, et lui commence les négociations avec notre cour, afin de lui ménager l’alliance d’un aussi grand roi que le nôtre. T1 était entré au service de l’empereur, notre ennemi, mais tous ses penchants sont pour la France, et il attend ici un envoyé du cardinal ministre, avec lequel il doit s'entendre, pour dernière conclusion. F

—Hne veut pas être connu néanmoins, ce me semble IMONnSIeUr,

—Non, et nous seuls nous sommes dans cette confilence. Cependant, si vous y consentiez, sa présence en cette maison pourrait servir de prétexte à la fête que je désire dorner depuis si longtemps. Ne me refusez pas, mon amie, il est temps de vous fair connaître.

—Que votre désir s’accomplisse, monsieur, vous êtes le maître” répliqua-t-elle en soupirant.

Une invincible tristesse la dominait à l’idée de cette fête. Souvent dans la vie nous pressentons les grands rualheurs, et si nous écoutions ces voix mystérieuses, ils nous seraient épargmnés.

Le bruit se mépandit bientôt que le trésorier avait

polonais et qu’il allait don-

chez lui un grand seigneur ner une fête à sa maison de voya des invitations à toute

renommée par la

Ds ; les préparatifs Cn ne parlait que du souper, de la le qu'on y devait faire:

à personne. Il vivrit retiré, excepté ses hôtes, il ne voyait qui que © rüt ct seniblait se plaire beaucoup avec Mme de Porte; :1 aïlmirait « beauté, sa raison, et disait vingt fois ps: jour à d’A nblérieux :

“ Monsier, vuus àycz trouvé une merveille et vous 1vez agi en sage, en ne la laissant pas échapper.”

La veille de la fête, on prenait du café sous une charmille, le prince était singulièrement en gaieté, il racontait des épisodes ide ses voyages et des guerres auxquelles la succession du trône de Pologne avait donné lieu.

Ce soir-là il fut plus communicatif que de coutume, r avait Br incident en amena un autre, et de Porte lui demanit don. B 1 s’il avait pénétré en France par les défilés des Alrte en- MA 5 où sil était arrivé par le midi et par Ja mer. ‘Je suis venu ici de Turin, par Chambéry, j'ai tra-

ovince. ; —. = "+ à ee les- M 075 le Mont-Cénis et les vallées de la Savoie. j’ai même | faites failli y devenir victime d’un guet-apens et, sans un

à Pa- Brave garçon qui m'a sauvé, je n’aurais jamais eu le et la MR °nheur de vous connaître, madame.

—Vraïiment, monsieur, vous avez encore failli périr

RE: si près de nous ? :

lle, et — Oui, madame, des miséraibles m'attendaient- au

1e. pas de Suze; je n’avais avec moi que deux domestiques = vaient Mt un guide, daccord ave eux probablement. Nous

os et M mes attaqués par douze hommes, il se sauva aussitôt

équi- ct nous laissa aux prises; le résultat ne pouvait être ee douteux ; un de mes gens succomba, l’autre était blessé, ratifs Moi seul j'avais eu le bonheur de men tirer sans en-

de la M ‘ombre, pourtant je ne m’y épargnais pas. Nous vimes tomber du ciel trois vigoureux montagnards, qui se mi-

our-

à d’a- rent ide mon côté et les choses changèrent de face. Les coquins lâchèrent prise, nous demeurâmes les maîtres

= ‘x champ de bataille, mais mon libémieur, celui qui

=: conduisait les autres, reçut un coup de mousquet qui le

lence

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