‹ La liberté civileChapitre 12 sur 97 · I aiur Corinthien!, x · texte numérisé non relu

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çaise voulut arriver au même but par un moyen tout opposé, en admettant le divorce, ce qui revient à peu près à rendre le droit de répudiation réciproque. L’erreur qui consiste à rompre, par amour de la liberté, des liens dont la durée et la solidité importent au contraire à la liberté, est si fréquente et en, même temps si naturelle, qu’il sembla d’abord tout simple de considérer le divorce comme résultant directement de la Déclaration des droits ■de l’homme. Des difficultés s’étant présentées, on sentit le besoin de recourir à une loi spéciale, qui fut votée par l’Assemblée législative le 20 septembre 1792, la veille même de sa dissolution.

Tout le monde était alors convaincu, dans l’Assemblée et au dehors, que le divorce était une conséquence nécessaire de la liberté politique. Lorsque Muraire proposa à l’Assemblée * de déclarer que le mariage était un contrat à vie entre les époux : « Ne dites pas un contrat à vie, lui cria Pastoret, ce serait un préjugé contre le divorce. » Lagrevol répondit très-bien, que, même pour un partisan du divorce, le mariage pouvait être un contrat à vie. En effet, c’est pour la vie qu’on se marie ; c’est un engagement perpétuel que l’État reçoit et garantit. Cette perpétuité est dans l’essence du mariage ; elle est nécessaire à la morale et au bien de l’État. Si elle n’était pas dans l'intention des parties contractantes, par cela seul le mariage serait nul aux yeux de la conscience, il deviendrait immoral ; il ne serait plus, selon l’expression énergique d’un membre du conseil des Cinq-Cents, qu’un concubinage organisé *. Je parle ici dans l’hypothèse même du divorce, et je dis que l’État ne peut associer son autorité à des unions passagères. Lorsque pour des motifs infiniment graves, après de longues épreuves, par la bouche de ses magistrats les plus autorisés, il rompt le lien qu’il a con-

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