‹ La liberté civileChapitre 47 sur 97 · I. Édit de mars · texte numérisé non relu

I. Édit de mars

la guerre, on créa des charges d’inspecteurs, et contrôleurs sur tous les corps de métiers

Les statuts des corporations réglaient le nombre des apprentis, leur âge, les conditions et la durée de l’apprentissage, les sommes à payer, les examens à subir, ou les chefsd’œuvre à exécuter pour devenir ouvrier et maître ; le prix de la journée, le prix des achats et de la revente; le nombre et l’emploi des matières premières, le lieu de la vente et celui de la fabrication ; la manière de travailler, la juridiction spéciale pour chaque corps d’état. Ces statuts différaient profondément entre eux, et quelquefois d’une ville à l’autre pour le même métier. En voici quelques exemples : les çavetiers de Paris dépendaient des écuyers du roi, les çavetonniers du chambellan, les boulangers du grand panetier; les charpentiers, jusqu’en 1313, eurent pour chef le maître charpentier du roi; les parcheminiers, le recteur de l’Université. Les prud’hommes des fourbisseurs étaient nommés par le prévôt des marchands ; ceux des peigniers, par le prévôt de Paris ; ceux des poissonniers, par le maître-queux ou cuisinier du roi. Plusieurs confréries, telles que les drapiers, les merciers, les peintres-selliers, nommaient elles-mêmes leurs dignitaires, prud’hommes, syndics, ou gardes-jurés (d’où vient aux corporations le nom de jurandes). Les ménétriers, organisés en corps d’état par saint Louis, avaient un roi *. Le roi des merciers, dont l’autorité était fort étendue et fort oppressive, fut supprimé par François I", rétabli sous Henri III, et supprimé définitivement par Henri IV en 1597. Outre la redevance ordinaire, il y avait des charges spéciales à telle ou telle compagnie : chaque maître cordonnier payait dix sous au grand cham-

Page 1