I. 1699-1608. — 3. I" juin n04. — 3. En
celles du Levant, du Nord et de la Sénégambie*. A l’intérieur, la plupart des grandes fabrications étaient données en régie. Telles furent les manufactures de cristallerie, de glaces, de bas de soie, la Savonnerie, les Gobelins, etc.
Le privilège était si sûr de lui qu’il comptait le reste pour rien. Il avait ses droits ou, comme il disait, ses libertés qu’il s’agissait avant tout de maintenir. Quand il fut question d’introduire en France l’industrie des, toiles peintes, toutes les manufactures du royaume poussèrent des cris de détresse. La ville d’Amiens se distingua entre toutes les autres par son indignation et son éloquence. Les trois corps réunis adoptèrent une adresse qui se terminait par ces paroles : « Au reste, il suffit pour proscrire à jamais l’usage des toiles peintes, que . tout le monde frémit d’horreur quand il entend annoncer qu’elles vont être permises. Vax popuii, vox Dei*. » Voilà quelle était l’intelligence d’une population abrutie par l’excès de la réglementation. C’est miracle qu’on ait pu faire encore sous un pareil régime quelques améliorations de détail ; et il est à noter qu’elles sont presque toutes venues de l’impulsion d’un ministre, de Sully ou de Colbert. Il fallaitquelehasard portât un homme de génie à ces grandes places pour que la fabrique française, enchaînée dans ses mille liens, sortitun instant de sa torpeur.
Le commerce des blés particulièrement passa par une suite d’alternatives funestes à l’agriculture. Les rois s’attribuaient le droit de permettre ou de défendre la transportation des blés : c’était un privilège de leur couronne. Un édit de Charles IX dit expressément que c cette fa-