‹ La liberté civileChapitre 7 sur 97 · Z>e mariage réglé par l'État · texte numérisé non relu

Z>e mariage réglé par l'État

Nous venons de voir ce que commandent k la fois la nature, la morale, l’intérêt des époux, et surtont l’intérêt des enfants. 11 faut vohr aussi quel est l’intérêt, qnel est le droit et le devoir de l’État.

D’abord, puisque la morale veut le mariage, l’État doit le vouloir, car il est le représentant de la morale, il en est la personnification ; mais s’il ne doit jamais être en contradiction avec elle, il ne peut gêner la liberté, même au profit d’nn aussi grand intérêt, que quand son intervention est nécessaire pour défendre des droits réels, ou pour défendre sa propre existence et ses moyens d’action légitimes. Ici, l’une et l’autre condition se rencontrent. L’union corqugale, produite trop souvent par l’attrait du plaisir on par-la cupidité, laisserait les faibles à la merci du fort, si l’État ne se tenait prêt i les secourir. L’État est une force collective qui n’est jamais au service que de la justice, et qui, dans une société civilisée, rend au faible par la loi l’égalité qu’il u’aurait pas par la nature. C’est donc un devoir pour l’État, et un droit par consé-

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quent, de protéger an besoin l’enfant contre des parents dénaturés, la femme contre le mari, et même le mari vieux et infirme contre l’égoïsme de la femme et l’ingratitude des enfants. Ajoutons que les époux, en se mariant, ne modifient pas seulement leur propre destinée ; leur union intéresse des tiers : les enfants nés* ou à naître ; les deux familles, qui deviennent alliées*; les ascendants , auxquels le mariage donne de nouveaux droits, et peut à l’occasion imposer de nouveaux devoirs*. C’est précisément quand un citoyen peut, par l’exercice de sa volonté, influer sur la situation et les intérêts d’autrui, que l’État est obligé d’intervenir pour que rien ne soit fait contre la justice. £n même temps, l’intérêt de l'État lui-même est directement engagé. Qu’un pays soit divisé en castes ou que tous les citoyens y naissent égaux, que les. frères aient les mêmes droits ou des droits inégaux dans la maison et sur la succession du père, que le père dispose souverainement de ses biens pendant sa vie et après sa mort, ou qu’une portion de son patrimoine soit immobilisée dans ses mains au profit de ses enfants : ce sont là les premières questions politiques, les plus essentielles, les plus radicales, celle que l’État est obligé de régler avant tout sous peine de déchéance. S’il abandonne les rapports du père avec ses enfants aux caprices de la volonté individuelle, il perd, par ce seul fait, sa puissance législative, car il ne sait plus quelle est la société qu’il gouverne, si elle est une aristocratie ou une démocratie ; il ne peut plus rien apercevoir de général ; c’est dire qu’il n’a plus de raison d’être. Or, comment réglera-t-il les rapports du père et du fils, et la transmission de la propriété? En intervenant dans le mariage. Tout citoyen qui se fait une famille en dehors du mariage est en insurrection contre la société, car il menace

t. Les enfants naturels. Les enfants légitimes en cas de oonrol.

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