‹ La liberté civileChapitre 81 sur 97 · I. Lucrèce, I. IV, v. I · texte numérisé non relu

I. Lucrèce, I. IV, v. I

pour voir quelque chose. Il est bien dur de mourir sitôt, quand on commence à trouver sa voie, à disposer de son instrument, si la mort ne nous met pas, comme l’espèrent les catholiques, et comme je l’espère, à même de la vérité. Si les hommes comprenaient la grandeur, et la nécessité, et les ravissements de la science, au lieu de se détourner à des niaiseries, au lieu de courir après un titre ou un portefeuille, au lieu de se livrer des batailles acharnées pour des intérêts d’un jour, ils conspireraient ensemble, de toutes leurs forces, et de tous leurs esprits, pour dissiper les erreurs, pour conquérir un nouveau secret, pour entrer plus profondément dans les causes et dans les essences. Voilà ce qui est solide et vivifiant! ce qui est humain! ce qui nous rend dignes d’être les spectateurs et les coopérateurs de Dieu I Faites des lois pour aider, pour vivifier, pour récompenser l’intelligence! N’en faites pas pour l’enchaîner! N’usez pas la force de la loi à diminuer la force humaine ! La première de toutes les libertés^ la plus simple, la source des autres, la source du droit, c’est la liberté de penser. Faut-il que, pour avoir dévoilé aux hommes les secrets du ciel^ les hommes aient fait mettre G-alilée à genoux !

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