Ornisin funèbre de Le Tellier
5. « Vous aurez vu sans doute l'édit par lequel le roi révoque celui de Nantes. Rien n'est si beau que tout ce qu’il contient, et jumais aucon
Lk LIBERTE CIVILE.
Il fttt évident, au bout de quelques années, que la grande émigration des protestants n’avait pas détruit le protestantisme. Alors on porta contre les obstinés et les relaps des lois atroces. Les galères et, dans certains cas, la mort, purent être prononcées sans formalités Judiciaires, par des intendants, des commissaires, des capitaines. Cette persécution dura longtemps. Quand elle eut lassé les juges et les bourreaux, il fut enûn permis aux protestants de respirer; mais la loi, jusqu'à la Révolution de 1789, les frappa de mort civile. Us ne purent ni se marier, ni posséder légalement, ni remplir un emploi. Us ne furent pas seulement des étrangers dans leur propre pays, mais ' des parias.
Outre ces mesures répressives, l’intolérance arma le bras séculier d’un certain nombre de lois préventives, dont la plus considérable, parce qu’elle arrêtait à sa naissance l’essor de la pensée humaine, fut la censure des livres.
On sait que les libraires et les imprimeurs étaient organisés en corporation ; c’était un premier degré de censure, car la corporation des imprimeurs était à la fois très-surveillée, ce qui la rendait craintive devant le pouvoir, e't très-privilégiée, ce qui la rendait difficile et exigeante pour les auteurs. U n’y avait en France, en 1686, que trente-six imprimeurs, et, en 1778, il n’y en avait
roi n’a lait cl ne fera rien de si mémorable. » (Lettre de Mme de Sévigné au comte de Bussy, du 28 octobre i685.) Bussy répond : » J'admire la conduite du roi pour ruiner les liiiguenots : les guerres qu’on leur a faites autrefois et les S:tiiU-Buriliéleray ont donné vigueur à celle secte. Sa Majesté t’a Biipée petit i pftii, et l’édit qu'elle vient de donner, soutenu des dragons et des Bourdaluue, a été le coup de grftce. » La Fontaine, dans son Remei cimeat à iAcndcnue française (2 mai iOSi), après avoir loué RicUelieu d'avoir doublciDi ni liiuinplié de l’bérésie, et par la persuasion et par la force, dit en parlant du roi : « Quand Louis le Grand serait né dans un siècle rude et grossier, U ne laisserait pas d’êlre vrai qu’il aurait réduit l’hérésie aux derniers abois, accru l’herilage de ses pères, etc. B On pourrai! aisément multiplier les ciiaiionsj mais ce spectacle est trop triste. Cf. la -Liberté Je conscience.
que soixante-quatre*, malgré l’énorme quantité âe gazet- , . tes, de mémoires, de pamphlets, de romans que le dix- ■ huitième siècle ne cessait de produire. La censure avait été créée et mise au monde, au mois de mars 1515, parle pape Léon X, « le Père des lettres, * qui décida qu’aucun livre ne serait mis sous la presse sans l’approbation des supérieurs. Ce règlement fut renouvelé en 1546 par le (^n elle de Trente. On trouve une décision analogue dans la dixième session du concile de Latran. Les évêques exercèrent eux-mêmes la censure au commencement, puis, le nombre des livres croissant, ils s’en reposèrent sur les théologiens ; et c’est ainsi qu’en France la Sorbonne devmt très-promptement une grande commission de oensore exerçant an nom de l’épiscopat, et à laquelle pourtant les évêques se soumirent*. En 1542, un arrêt du parlement autorisant la Sorbonne à examiner les livres venus du dehors* donna un caractère civil à l’institution de la censure, qui devint définitive par une ordonnance de Henri II, rendue le 11 novembre 1547 et confirmée le 10 septembre 1572 par Charles IX*. Ce privilège accordé parles rois ne tarda pas à gêner l’autorité royale, qui s’efforça de le retirer ou de le restreindre. En 1623, la Sorbonne se partagea sur la question de l’infaillibilité du pape : aussitôt intervinrent des lettres patentes du roi, qui désignèrent quatre docteurs de la maison de Sorbonne pour exercer les fonctions de censeurs, à l’exclusion des autres membres de la Faculté. Les. docteurs réclamèrent; et ils
4 . En 4 704 , on comptait trente-sii iniprimetira et dii-ncoT veuves d'imprimeurs exerçant (les veuves d'imprimeur avaient privilège de niailrise; lenis nis aînés n’étaient qu'exemptés du chef-d'œuvre). 11 y avait, é la mémeépoi|ue, cent soixanle-dlx-liuit maîtres libraires en exercice, trentecinq non établis et vingt-sept veuves tenant boutiques.
2. En 4. ''34, le cardinal Sadulet, évéque de Carpentras; en it>42, le cardin.vl S.inguin, évéque d’Orléans.