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Art, < 4 de la Déclaration des droits

gné par une communication ultérieure, et ils s’empareront de toutes les marchandises qu’ils y trouveront. » Quel quo soit le papier qui porte ces lignes, voilà un complot formé pour le vol et le pillage. Siles chefs du complot, au lieu d’imprimer leurs ordres, les avaient écrits dans une lettre, le seul fait d’avoir écrit celte lettre constituerait un crime. Il n’est nullement nécessaire que le complot ait été poussé plus loin ; cet ordre précis et formel est à lui seul un com- . mencement d’exécution. 11 n’y a donc pas ici de délit de presse proprement dit, il n’y a qu’un crime ordinaire.

Voici maintenant un second exemple. On lit dans un journal les lignes suivantes ■ t Quand les lâches mandataires du peuple encouragent au crime par l’impunité, on ne doit pas trouver mauvais que le peuple, poussé au désespoir, se fasse lui- même justice. Laissons là les mesures répressives des lois ; il n’est que trop évident qu’elles ont toujours été et seront toujours sans effet. Dans tout pays où les droits du peuple ne sont pas de vains titres consignés fastueusement dans une simple Déclaration, le pillage de quelques magasins à la porte desquels on pendrait les accapareurs mettrait fin aux malversations. >• Je n’examine pas si ces lignes sont plus ou moins coupables que celles que je citais tout à l’heure. Il est clair pour tout le monde qu’elles sont une provocation directe à l’assassinat. S’il y a des magasins pillés à la suite de cette provocation, des marchands pendus à leur porte , le tribunal qui instruira de l’émeute devra comprendre l’écrivain dans ses poursuites, non à titre d’écrivain, mais à titre de complice ou de chef de cette agression sauvage contre la propriété et la vie des citoyens. Dans ces cas -là encore, il y aura un délit, ou plutôt un crime abominable commis par la voie de la presse, mais il n’y aura pas, à proprement parler, un délit de presse. Si, au contraire, les féroces exhortations de l’écrivain n’ont été suivies d’aucune tentative d’émeute, et que pourtant on le poursuive pour cette provocation non suivie d’effet, alors c’est

comme écrivain qu’il est mis en cause. Voilà le plus légitime procès de presse que puissent poursuivre la vengeance des lois et l’indignation publique.

J’ai choisi tout exprès un exemple célèbre pour qu’on ne m’accuse pas d’inventer à plaisir des cas impossibles. Non-seulement, le crime est affreux, si affreux qu’il n’y * a eu qu’un jour où un pareil crime fût possible, et qu’un homme qui pût le commettre* ; mais il est bien rare que les crimes commis par la voie de la presse prennent cette forme précise, explicite, et fournissent à l’accusation un texte portant l’évidence en lui-même et ne souffrant pas de commentaire. Dans la presque totalité des cas, la criminalité résulte ou d’expressions à dessein équivoques, ou d’allusions à demi voilées et qui offrent à la défense une échappatoire, ou de l’impression générale que laisse un écrit, dont aucune phrase en particulier ne peut être regardée comme coupable, ou enfin du rapprochement de plusieurs passages, innocents en eux-mêmes, mais qui s’expliquent et s’éclairent mutuellement. Souvent l’auteur a eu la résolution d’observer la loi, mais il ne l’a pas connue ; ou l’ayant connue, il a cru de bonne foi que sa discussion ne dépassait pas les limites permises, et qu’en montrant aux législateurs le vice de la loi, ce qui est le droit et même le devoir de tout homme éclairé, il n’avait, par aucune de ses paroles, provoqué les citoyens à violer cette même loi, tant qu’elle existe. Tous ceux qui tiennent une plume savent combien les esprits les plus lucides ont de peine à rendre complètement et clairement leur pensée. Il arrive que l’auteur, placé dans un certain courant d’idées, écrit une phrase très-simple et très-nette pour Ini, très-obscure ou très-équivoque pour le lecteur qui n’est pas placé au même point de vue, où qui le lit avec un parti pris d’opposition. Nous voyons ce phénomène se produire tous les jours dans la critique. L’auteur s’écrie : « On ne

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