‹ La libertéChapitre 11 sur 106 · Lettre ù Ampère, citée plus haut · texte numérisé non relu

Lettre ù Ampère, citée plus haut

Le désir s'étend à la fois au possible et à l'impossible : le vouloir s'arrête à ce qui semble réalisable. Le désir est un mode essentiellement mixte : il se compose d'action et de passion ; même quand il est le plus pur, il a des affinités profondes avec les organes les moins nobles. Qu'on se souvienne, par exemple, des effets ordinaires du niysticisme que ne modère plus une ferme raison. Le vouloir est un acte simple et pur de tout commerce fatal avec l'organisme, qui ne dépend que de la raison où il prend sa loi. Dans le désir, ce sont les organes qui s'approprient l'âme ; dans le vouloir, c'est l'âme au contraire qui s'approprie les organes. Enfin, le désir, alimenté par la passion, tend à obscurcir l'intelligence ; le vouloir liii fournit comme une source inépuisable de lumière.

La liberté, par conséquent, n'apparaît qu'avec la vie de l'entendement : alors seulement nous pouvons enrayer le cours des désirs, peser les motifs, donner notre préférence * .

La liberté apparaît avec la raison. Mais au fond qu'est-elle? Sur ce point, Maine de Biran a une théorie que rien ne fait attendre. La liberté, pour Maine de Biran, ne consiste pas dans le choix de telle ac-

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