Vie humaine, p
HIST. DU PROBLÈME AU Xixe SIÈCLE 29
tion. Le choix est déterminé par les motifs. Partant, la liberté ne peut être que l'acte par lequel le moi oppose aux désirs sensibles le contrepoids de Tintelligible. Nous avons, d'après Maine de Biran, le pouvoir d'évoquer les motifs et de les faire disparaîtra, de les agrandir et de les rapetisser ; nous avons le pouvoir de les faire nôtres, et c'est tout. Les motifs parvenus à leur dernière étape, l'action est fatale ; et en cela Maine de Biran se rapproche du déterminisme de Leibnitz, après avoir posé les' fondements d'une théorie de la liberté qui lui donnait pour domaine la personne humaine tout entière.
Sur les rapports de la liberté et de la morale, Maine de Biran n'a que quelques considérations éparses. Sa pensée, c'est que l'exercice répété de la réflexion, qui, à son sens, constitue la liberté elle-même, transforme la loi du devoir en une heureuse contrainte. Au bout d'un certain temps de lutte, l'effort disparaît ; nous parvenons à faire l'œuvre de la vertu comme l'abeille son alvéole d'or, et là se trouve la principale sanction du bien i.
1. On lira avec intérêt, sur IVflfort libre, dans Maine de Biran: l^le savant et spirituel ouvrage de M. Alexis Bertrand, intitulé la P&ycholoffie de l'effort (1889) ; 2» la seconde partie de la thèse de M. Gérard sur la philosophie de Maine de Biran ; 3o Maine de Bi-
LA I-IBERTK
at, croyons-nous, les grandes lignes de le Maine deBiran sur la liberté : on l'a îuand on a saisi la nature de l'effort :
on pour laquelle j'ai longuement insisté m qu'il s'en est faite. L'effort, voilà le •al de son système, voilà surtout ce qui ef de sa philosophie de la volonté, orie constitue un progrès considérable )gie. Maine de Biran avu très nettement it pas partir du possihle pour aboutir au i seule méthode scientifique estdecons- ■d. De plus, il a remarqué avec justesse ;té fait le fond de notre être ; que cette 'ient liberté dès qu'elle s'élève à la réa conscience d'elle-même. Enfin, il n'a comme Descartes, à loger l'âme dans la iale. Personne, après Aristote, n'a senti ent que lui l'intime rapport du physique
i, nous les jecommandons à la bienveil- Jon des physiologistes: ils risquent d'y heureux correctif à leurs étroites hy-
d'une psychologie itligieiise et morale, par E. Murir el nouvel ouvrage fail parlic de ia réaclion morale le plus CD plus.
C'est de sa pensée que Maine de Biran tira peu à peu tout son systènie. V. Cousin excella surtout à dire la pensée d'autrui. Ce fut un puissant vulgarisateur. Jeune encore, il entreprit la publication d'ouvrages inédits de Proclus. Plus tard, il donna aussi quelques analyses des commentaires, également inédits, d'Olympiodore sur divers dialogues de Platon, une traduction complète de Platon lui-même ; des éditions de Descartes, d'Abélard, de Maine de Biran, etc. . . De plus, c'est à ses encouragements que Ton doit toute une longue série de publications destinées à jeter la lumière sur les différentes périodes de rhistoîre de la philosophie. On en peut voir rénumération dans le rapport sur la philosophie en France au XIX*^ siècle ^ .
Ainsi, V. Cousin détermina un vaste mouvement intellectuel, dont la direction fut principalement historique; et c'esj là son plus beau titre de gloire. Toutefois, ce serait commettre une erreur de ne voir en V. Cousin qu'un érudit. Il eut aussi son idée personnelle, et c'est pour la faire valoir qu'il entre-