Fragni, du premier et du dernier fait de conscience
le produire ». Que renferme un tel acte? Tout d'abord, c'est un acte qu'on pouvait ne pas faire ; par^ tant, c'est un acte qu'on a préféré. Mais, pour préférer, il faut avoir un but connu et des raisons qui nous poussent à sa recherche. De plus, les raisons elles-mêmes, il faut les apprécier ; après les avoir appréciées, conclure quel est le parti le plus sage ; enfin, prendre une résolution et agir. En d'autres termes, tout acte libre qui s'achève dans le mouvement, suppose six éléments : 1» la connaissance d'un but ; 2*» la perception des motifs; 3» la délibération ; 4*^ la conclusion par laquelle on se dit à soi-même : Il est raisonnable de prendre tel parti ; S*» la résolution de passer à l'action extérieure ^ 6^ l'action extérieure
elle-même. Mais c'est Tintelligence qui perçoit le
but; c'est l'intelligence qui découvre les motifs, les pèse et en déduit la conclusion la plus sage. Les quatre premiers éléments relèvent de l'intelligence. Quant à l'action extérieure, elle ne dépend pas de nous, comme la maladie se charge de nous le démontrer. Nos. muscles ne nous obéissent qu'à l'état normal. Partant l'action extérieure n'est pas un élément de l'acte libre, comme l'ont affirmé Hobbes, Locke, et après eux Maine de Biran. L'acte libre se réduit à la résolution *.