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Préface à Tédilion des Œuvres complètes de Thomas Reid

2. Voir aussi les Mélanges philos. (i834). Tout se ramène à la véracité de l'intelligence, et cette véracité ne se démontre pas. « Un acte de foi aveugle, mais irrésistible, tel est donc le fondement de loule croyance».

a fait le centre de son activité et sans lesquelles la vie n'a plus ni sens ni orientation. Jouffroy meurt, Ja conscience dévastée par la scepticisme, en jetant un regard de regret sur ce Catéchisme où s'est bercée son enfance, et qu'il retrouve entre les mains 'de sa fille.

GHAPIÏHE II

MÉTHODE IklÉTAFHYSIQL'E.

Fichle ; — Scholling ; — Hcgol.

Tandis que l'école éclectique dépassait péniblement la frontière du phénoménisme, on faisait en Allemagne une sorte de débauche métaphysique. Ce qu'il y a de singulier, c*est que l'auteur de ce mouvement nouveau, qui devait tenir une si grande place dans la philosophie contemporaine, ce fut Kant, le destructeur de la métaphysique traditionnelle.

Il y avait, en effet, une lacune profonde dans la solution du philosophe de Koenigsberg. Cette unité du savoir, qu'il avait poursuivie avec tant de persévérance pendant sa vie tout entière, il ne l'avait point réalisée. Il était facile de remarquer dans sa philosophie un dualisme persistant, d'où devait résulter un nouvel effort vers la complète identification de toutes choses. Kant avait placé la forme dans la pensée, tout en laissant la matière au dehors. De plus, la forme, d'après son système, restait divisée en deux éléments d'origine diverse, dont fun se rattachait à la sensibilité, l'autre à l'entendement. II y avait dans une telle conception quel-

que chose d'artiliciel, qu'on allait bientôt reconnaitre. La matière et la forme sont essentiellement inséparables. Par là même, si la forme revient à l'esprit, il faut que la matière en relève aussi, et voilà le monde extérieur absorbé dans le moi. De plus, l'élément intelligible de la forme ne peut être que le fond de l'expérience : de telle sorte que le monde logique et le monde réel se trouvent aussi ramenés à l'unité. Cette identification de la pensée avec les choses et des éléments des choses entre eux frappa les esprits. Après Kanf, Fichte, Schelling, Hegel en firent tour à tour le fondement de leurs vastes- et puissantes théories,

Fichte suppose un moi absolu, qui, par la conscience qu'il prend spontanément de lui-même, pose le non-moi, et dans le non-moi, bien qu'à l'état confus, tout ce qui se développera jamais plus tard ^ Cette idée, Schelling l'admet à son tour, mais en la poussant plus loin et dans le sens de l'identification. Le moi et le non-moi, le

l.entnircfaitprirnUif ilcFichlceliM'tiiidu Maine de Biran il y a une ana1<^ie profonde, comme l'a fail observer H. C. Sccrélan <1ans la Phitofophie de V. Cousin. * Le {loiat de départ de Maine de Biran, dit-it, est précisément celui de Fichle: le mot et le nonmoi surgissent inséparables dans te premier fait de ci Seiettce et Psychologie, p. t6S.

niST. DU PROBLÈME DU XIX« SIÈCLE 75

sujet et l'objet sont deux termes opposés l'un à l'autre, directement irréductibles. Il faut un troisième terme, un fond commun où ils trouvent leur lien substantiel. Et l'on passe ainsi de la dualité du moi et du non-moi à l'identité absolue. Tou-

tefois, daiïs cette identité elle-même se trouvent encore deux principes distincts : d'une part, l'activité libre ou volonté ; d'autre part, la raison. Il reste encore un pas à faire pour aboutir à l'unité complète. Ce pas, c'est Hegel qui le vient faire. Hegel vient dire que la raison se développe elle-mêjme en vertu d'un principe immanent; qu'ainsi tout se ramène à l'intelligible, dont le reste n'est qu'une manifestation passagère : et par là s'évanouissent du même coup toute volonté, toute liberté, toute contingence ; avec Hegel, on entre dans le monde de l'absolue nécessité. L'univers qu'il nous décrit, est comme un immense théorème en mouvement.

Ainsi évolua la philosophie allemande après Kantet sous l'influence provocatrice de ses écrits. Parmi les nombreuses vues dont cette évolution a doté la métaphysique, l'esthétique et la moratev i! en est une qui nous semble tout particulièment digne d'attention rc'est la manière dont Schelling essaye de concilier ces deux mots, considérés jusqu'à

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lui comme radicalement contradictoires : monisme et liberlë. Nous voudrions esquisser ici celle idée profonde d'un génie trop peu connu, persuade qu'apprendre à mieux poser on problème, c est faire avancer l'œuvre du savoir.

Partons de l'idée fondamentale, dont tout le reste n'est qu'un rayonnement.

On peut croire que la raison a des bornes, loi'squ'on la considère dans les êtres qui la possèdeni : car alors elle nous apparaît comme entravée par les limites de l'individualité dans son élan vei's l'idéal. Mais c'est là une illusion qui s'évanouit, dès qu'on sépare la raison de tout sujet pour ne plus l'envisager qu'en etle-mèiue, dès qu'on se place au point de vue objectif. Les pensées ne naissent pas solitairt^s dans l'esprit, il en est comme desbaccliantes qui se tenaient par la main. Une idée appelle une autre idée, qui en appelle une autre; et ce cortège de la logique n'a pas et ne peut avoir de point d'arrêt *. Qu'on essaye de concevoir un raisonnement qui n'amène pas un autre raisonnement, une idée qui n'évoque pas une autre idée, et

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